Un accord israélo-saoudien « quasi impossible » cette année – source saoudienne au NYT

Seul un 'changement miraculeux' de la part d'Israël envers la création d'un État palestinien permettrait un accord ; MBS chercher à obtenir des F-35 et un soutien pour son programme nucléaire civil

Le président américain Donald Trump serrant la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane après son discours, au Centre international de conférences King Abdulaziz, à Ryad, en Arabie saoudite, le 13 mai 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP Photo)

Malgré l’optimisme affiché par le président américain, Donald Trump, un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite semble « pratiquement impossible » d’ici la fin de l’année, et nécessiterait un « changement miraculeux » à Jérusalem, a déclaré samedi un commentateur saoudien proche des dirigeants du royaume, rapporte le New York Times.

Cette déclaration a été faite avant le prochain voyage du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Washington, prévu pour la mi-novembre, au cours duquel Trump devrait aborder le sujet.

Le président américain a maintes fois exprimé sa conviction que les pays arabes et musulmans seraient en mesure de normaliser leurs relations avec Israël, maintenant qu’un cessez-le-feu qu’il a contribué à négocier a été conclu à Gaza et que la menace nucléaire iranienne a été ostensiblement neutralisée.

Cependant, le commentateur saoudien Ali Shihabi a déclaré qu’un tel accord était « pratiquement impossible » d’ici la fin de l’année, « à moins qu’un changement miraculeux ne se produise en Israël ».

Selon lui, le prince, communément appelé MBS, exige qu’Israël fasse un « pas irrévocable et majeur vers un État palestinien » avant toute normalisation.

Depuis longtemps, Ryad affirme qu’elle ne normalisera ses relations avec Israël que si Jérusalem accepte d’établir une feuille de route irréversible et assortie d’un calendrier précis vers la création d’un État palestinien, une condition qui semble hautement improbable en raison de l’opposition farouche du gouvernement actuel à une solution à deux États.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’une session plénière spéciale en l’honneur de Trump à la Knesset, le 13 octobre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un accord de normalisation reste le seul levier dont dispose encore Ryad pour agir en faveur des Palestiniens, et « le royaume souhaite utiliser cette carte pour tenter de résoudre le problème une fois pour toutes, dans l’intérêt d’une stabilité régionale qui fait depuis longtemps défaut », a déclaré Shihabi au New York Times.

Au cours de sa visite, MBS tentera d’acquérir des F-35, les avions de combat les plus avancés des États-Unis, tout en faisant avancer un accord qui lui permettrait de mettre en place un programme nucléaire civil, ont déclaré des responsables au journal.

Plus important encore, il se concentrera sur la signature d’un pacte de défense mutuelle, a indiqué un responsable américain au New York Times, ainsi qu’une autre personne proche du dossier.

Selon les responsables, cet accord serait similaire à celui récemment signé avec le Qatar, qui s’est engagé à considérer toute attaque armée contre ce pays comme une menace pour les États-Unis, après la tentative ratée d’Israël en septembre d’éliminer les dirigeants du groupe terroriste palestinien du Hamas par une frappe aérienne sur Doha.

L’Arabie saoudite cherche depuis longtemps à obtenir des garanties similaires à celles prévues dans l’accord avec le Qatar, dans le cadre des efforts déployés par Washington pour normaliser les relations entre Ryad et Israël. Ces efforts ont été interrompus par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.

En mai, Trump avait renoncé à exiger de l’Arabie saoudite qu’elle normalise ses relations avec Israël dans le cadre des négociations sur la coopération nucléaire. Cette condition constituait un point de discorde majeur pour l’ancien président américain, Joe Biden, pendant son mandat.

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