Un agent du Hamas à l’origine d’un attentat de 1995, ciblé lors d’une frappe à Gaza – armée
L'armée a revendiqué la mort, lors d'une récente frappe aérienne, de Muhammad Hamed Muhammad al-Hawli, responsable de la mort par balle de l'Israélien Yevgeny Gromov il y a plus de 30 ans
Samedi dernier, l’armée israélienne et le Shin Bet ont révélé l’identité de plusieurs membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien tués lors de frappes dans la bande de Gaza cette dernière semaine, menées selon Israël en représailles à une « infraction flagrante » du cessez-le-feu dans l’ouest de Rafah, lorsque des hommes armés ont ouvert le feu sur des soldats.
Parmi les victimes figurent notamment Muhammad Hamed Muhammad al-Hawli, qualifié par un haut responsable du Hamas, Oussama Hamdan, de commandant local des brigades al-Qassam.
Selon l’armée, al-Hawli a été une figure clé de l’organisation pendant des dizaines d’années et a joué un rôle important dans la préparation de l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023 ; avant cela, il avait été à l’origine de l’attentat au check point de Nahal Oz, en février 1995, qui avait coûté la vie à Yevgeny Gromov. Ce jour-là, des hommes armés palestiniens avaient ouvert le feu sur un véhicule de sécurité israélien à bord duquel se trouvait Gromov, chargé d’escorter deux camions-citernes de carburant entre Nahal Oz et la bande de Gaza. Avant de mourir, Gromov avait riposté et tiré sur les terroristes.
Il a été l’unique victime de cet attentat que le Hamas n’a jamais revendiqué mais dont Tsahal a attribué la paternité à al-Hawli, qui aurait donc été tué jeudi dernier, 30 ans après les faits.
Selon les informations disponibles sur cette frappe, cinq autres personnes au moins, dont la femme et la fille d’al-Hawli, auraient été tuées lors de la frappe à Deir al-Balah.
L’armée israélienne a également confirmé la mort d’Ashraf Adnan Muhammad al-Khatib, selon elle le commandant de l’usine de roquettes et missiles du Jihad islamique palestinien dans le centre de Gaza.
Les médias arabes ont titré sur une frappe aérienne qui, jeudi soir, a visé une maison du camp de réfugiés de Nuseirat et tué al-Khatib et son épouse, tout en faisant plusieurs blessés.
Israël a également confirmé la mort de Saeed Khaled Ali Abd al-Rahman, considéré comme le commandant des tireurs d’élite du bataillon Deir al-Balah du Hamas et un « grand spécialiste de terrain ». On ignore à quel endroit et à quelle date de dernier a été tué.
Lors d’une autre frappe, l’armée israélienne a dit avoir tué deux autres agents du Hamas impliqués dans la remise en état des infrastructures du groupe, sans plus de précisions sur leur identité ou le lieu de la frappe.
L’armée a indiqué que ces frappes avaient infligé un « gros coup » aux capacités des organisations terroristes à planifier et mener des attaques contre les soldats de Tsahal déployés à Gaza dans le cadre du cessez-le-feu, et qu’elle continuerait à mener des opérations pour déjouer les tentatives d’attaques sur les soldats et civils israéliens.
Par ailleurs, le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a indiqué que, ces 24 dernières heures, les hôpitaux de Gaza avaient pris en charge plusieurs personnes blessées par des tirs de Tsahal ainsi que le corps d’une de ses victimes, sans plus de précisions sur l’identité de cette dernière ou le lieu de sa mort.
Vendredi soir, les médias palestiniens avaient fait savoir qu’un adolescent avait été tué par des tirs de Tsahal du côté de la ligne de cessez-le-feu contrôlé par le Hamas, dans le quartier de Beit Lahiya, dans le nord de Gaza. L’armée israélienne n’a pas fait de commentaire. Selon ces mêmes médias, il s’agirait de Muhammad al-Brawi, un jeune de 16 ans dont le corps aurait été transporté à l’hôpital Shifa de Gaza-City avant d’être récupéré par ses proches pour être inhumé samedi.
Les hôpitaux de Gaza ont par ailleurs pris en charge six personnes blessées par des tirs de Tsahal ces dernières 24 heures, a indiqué le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, sans préciser les circonstances ou la gravité des blessures.
Samedi, le ministère de la Santé a rapporté qu’une fillette de 27 jours était morte de froid. Selon les médias palestiniens, il s’agirait d’Aisha al-Agha, retrouvée morte samedi matin à Khan Younès, dans le sud de Gaza. Selon le ministère, il s’agit du huitième cas d’enfant mort de froid à Gaza cet hiver, depuis décembre.
La population qui se trouve en territoire palestinien, qui se chiffre à plus de 2 millions d’habitants, a d’autant plus de mal à se protéger du froid, de la pluie ou des violents orages qu’elle se heurte à une pénurie d’aide humanitaire aggravée par l’interdiction de la livraison de caravanes par les autorités israéliennes. C’est le troisième hiver depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le 7 octobre 2023, jour où le groupe terroriste palestinien, fort de milliers d’hommes armés, s’est introduit dans le sud d’Israël pour y tuer plus de 1 200 personnes et faire 251 otages par la suite séquestrés à Gaza.
Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, Israël aurait tué plus de 400 personnes dans la bande de Gaza depuis l’entrée en vigueur de l’accord cessez-le-feu/otages d’octobre dernier, auxquelles s’ajouteraient plus de 70 000 victimes lors de la guerre, étant entendu que ce bilan est invérifiable et ne fait pas le distinguo entre civils et hommes armés.