Un allié de Trump au ToI : Laisser l’ayatollah au pouvoir serait une « victoire stratégique pour l’Iran »

En visite en Israël la veille des nouvelles négociations sur le nucléaire, Lindsey Graham a déclaré que la décision américaine de frapper l'Iran était imminente, 'quelques semaines, pas dans quelques mois'

Le sénateur américain Lindsey Graham s'exprimant lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 16 février 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Un sénateur républicain considéré comme proche du président américain Donald Trump a laissé entendre lundi que la décision américaine concernant une éventuelle action militaire contre l’Iran serait prise dans « quelques semaines, et non dans quelques mois », et il a estimé que ce serait une « victoire stratégique » pour la république islamique si son guide suprême n’était pas renversé dans le cadre de l’impasse actuelle.

Il s’est exprimé ainsi lors de sa dernière visite en Israël, à la veille du deuxième cycle de négociations sur le nucléaire entre les États-Unis et l’Iran, prévu mardi à Genève.

Lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, il a déclaré être venu dans le pays « pour rassurer le peuple israélien sur le fait qu’il n’y a pas de divergence entre Washington et Jérusalem sur la question iranienne ».

« Deux options sont actuellement sur la table », a déclaré Graham.

« L’une est diplomatique et consiste à trouver un moyen de mettre fin à ce régime par la voie diplomatique, ce qui servirait nos intérêts en matière de sécurité nationale. L’autre voie est l’option militaire. »

Graham, qui a rencontré lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables, a déclaré qu’il pensait que Trump « cherchait à déterminer quelle voie permettrait d’attraper le plus gros poisson ».

« En fin de compte, nous sommes à quelques semaines, et non à quelques mois, d’une prise de décision. »

« L’ayatollah iranien et son régime meurtrier sont à leur niveau le plus faible depuis 1979. Leur économie est en ruine. Leur armée a été affaiblie. Les gens descendent dans la rue », a déclaré le sénateur américain.

« Le risque d’un changement de régime est réel. Il y a des inconnues. Mais laissez-moi vous dire ceci : je suis prêt à prendre ce risque. Je pense que le peuple iranien a le potentiel de devenir un grand allié des États-Unis, d’Israël et de la région. »

Bien que Graham soit souvent vu en compagnie de Trump, on ignore dans quelle mesure il influence les décisions du président américain.

Il fait également partie de l’aile belliciste du parti républicain, qui est en concurrence avec les membres plus isolationnistes de l’entourage proche de Trump, qui se méfient d’une action militaire contre l’Iran.

« Victoire stratégique pour l’Iran » si l’ayatollah n’est pas renversé

Lundi soir, Graham a accordé une interview téléphonique au Times of Israel, dans laquelle il a déclaré que les États-Unis devaient tenir leur promesse d’aider les manifestants iraniens opposés au régime.

« Nous avons promis que l’aide serait envoyée aux manifestants », a-t-il rappelé.

« Nous devons tenir cette promesse. »

« Si, après avoir dit tout ce que nous avons dit et fait tout ce que nous avons fait, l’ayatollah est toujours en place après toutes ces fanfaronnades, alors ce serait une victoire stratégique pour l’Iran et pour la force de l’islam radical », a-t-il poursuivi.

Il n’y a « aucune divergence » entre Trump et Netanyahu sur l’Iran, a-t-il souligné.

Cependant, les déclarations de Trump après sa rencontre avec Netanyahu à Washington, la semaine dernière, semblaient suggérer le contraire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu saluant le sénateur américain Lindsey Graham, en visite à Jérusalem, le 16 février 2026. (Crédit : Maayan Toaf/Bureau de la presse gouvernementale)

Il a écrit sur Truth Social qu’il avait « insisté » auprès du Premier ministre israélien pour donner une chance aux négociations nucléaires en cours de réussir avant d’envisager des options militaires. Netanyahu s’est montré plus sceptique à l’égard de ces négociations.

La semaine dernière, Trump a ensuite déclaré qu’un changement de régime en Iran « serait la meilleure chose qui puisse arriver », semblant ainsi contredire son vice-président, JD Vance, qui avait expliqué quelques heures plus tôt que Washington ne cherchait pas à renverser la république islamique, mais plutôt à conclure un accord qui empêcherait Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

Trump s’est adressé aux journalistes lundi soir alors que ses principaux conseillers, Steve Witkoff et Jared Kushner, partaient pour Genève.

« Je participerai indirectement à ces pourparlers, qui seront très importants », a déclaré Trump à bord de l’Air Force One.

Qualifiant les Iraniens de « négociateurs coriaces », Trump a déclaré espérer qu’ils se montreraient « plus raisonnables » que lors des pourparlers de l’an dernier, qui n’avaient pas abouti à un accord et avaient conduit les États-Unis à frapper les installations nucléaires iraniennes.

« Je pense qu’ils veulent conclure un accord. Je ne pense pas qu’ils souhaitent subir les conséquences d’un échec », a déclaré Trump.

Huckabee : « À un moment donné, les États-Unis devront dire : Ça suffit ! »

Sur le même ton que Graham, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré lundi qu’il espérait qu’un accord diplomatique avec l’Iran puisse être conclu, mais qu’il doutait qu’une action militaire puisse être évitée.

« Cela permettra-t-il d’instaurer la paix ? » a-t-il demandé lors d’un discours prononcé devant des dirigeants juifs, à l’occasion d’une réunion de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à Jérusalem.

« Honnêtement, je ne sais pas. Je sais qu’il existe de nombreux doutes légitimes quant à la possibilité que les Iraniens acceptent un jour de renoncer à leurs ambitions nucléaires. »

« À un moment donné, les États-Unis devront dire : ça suffit ! Nous ne pouvons pas continuer à croire qu’ils changeront un jour. Il est temps pour eux de changer radicalement leur point de vue et leur orientation, ou de subir ce que nous appelons dans le sud le ‘deuxième coup de sabot de la mule’ », a déclaré l’ambassadeur.

Huckabee a réaffirmé qu’Israël et les États-Unis étaient « tout à fait d’accord pour s’occuper de l’Iran et que la situation ne pouvait pas continuer ainsi ».

L’ambassadeur américain Mike Huckabee s’adressant à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à Jérusalem, le 16 février 2026. (Crédit : Autorisation)

« Ils ne peuvent pas rester une menace nucléaire. Ils ne peuvent pas continuer à accumuler des stocks extraordinaires de missiles balistiques et les pointer non seulement vers Israël, mais aussi vers le reste du monde », a-t-il poursuivi.

Si Huckabee s’est dit « ravi » à l’idée qu’un accord puisse être conclu, ajoutant que les conséquences d’un échec pour l’Iran seraient « sévères et bien pires » que celles de la guerre de douze jours qui a opposé Israël à l’Iran l’an dernier, il s’est toutefois montré sceptique quant à la « sincérité » de l’Iran à prendre ou à respecter un tel engagement.

Huckabee a déclaré avoir dit à Trump la semaine dernière à la Maison Blanche qu’il serait « miraculeux de parvenir à un accord qui éviterait la nécessité, l’inévitabilité et la certitude absolue d’une action militaire », mais aussi qu’il était « prêt à faire tout ce qui doit être fait pour mettre fin à cette menace dont j’entends parler depuis 47 ans, depuis 1979 ».

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