Un an après le cessez-le-feu, des Gazaouis disent vivre comme si la guerre n’avait jamais pris fin
La bande de Gaza n’a connu que peu de reconstruction ni de retour à la normale depuis le mois d'octobre 2025 ; selon les habitants, ce n'est pas seulement la faute du Hamas ou d'Israël
C’est dimanche. Nael, un habitant de Gaza-City, se prépare à réintégrer son domicile qui a subi d’importants dégâts lors d’une frappe aérienne de Tsahal, pendant la guerre.
Cherchant à rendre son logement un tant soit peu habitable, Nael – il demande à ce que son vrai nom ne soit pas révélé – a installé des bâches à la place des murs qui, autrefois, le protégeaient des intempéries. Un escalier métallique est en cours de construction, venant remplacer celui qui a été complètement détruit. Nael explique par téléphone au Times of Israel que ces nouvelles marches lui ont coûté 5 000 shekels – une somme qu’il a été contraint d’emprunter à une connaissance.
« Je retourne dans une maison à moitié détruite avec un toit qui fuit, mais c’est mieux que de vivre dans une tente ou de louer un appartement qu’il est d’ailleurs impossible de trouver » sur le marché, confie ce Gazaoui qui vivait dans une location avant que son propriétaire ne lui demande de partir.
Un an après le cessez-le-feu qui a mis un terme à deux années de combats qui ont laissé l’enclave en ruines, les conditions de vie sur le territoire restent aussi rudimentaires que la maison à moitié détruite de Nael. Des centaines de milliers de personnes sont, encore aujourd’hui, toujours coincées dans des habitats délabrés et ils vivent dans la précarité la plus extrême.
Les résidents de Gaza et les organisations humanitaires déplorent une pauvreté et un chômage endémiques, la majorité des habitants dépendent toujours de l’aide internationale ; les infrastructures sont en très mauvais état ; l’anarchie semble régner en maître ; les frappes aériennes de l’armée israélienne sont une menace quasi quotidienne et les espoirs d’un avenir meilleur sont plus sombres que jamais.
L’absence de tout progrès ou d’amélioration de la situation depuis la fin présumée du conflit, le 10 octobre 2025, a alimenté la déception et la colère, selon des Gazaouis qui ont été interrogés par le Times of Israel.
Selon eux, toutes les parties qui ont été impliquées d’une manière ou d’une autre ont une responsabilité dans ce qu’ils vivent aujourd’hui, y compris Israël et le Hamas – Hamas qui continue d’exercer un pouvoir considérable sur les secteurs de la bande où vit désormais la quasi-totalité des deux millions de Gazaouis.
« Notre colère n’épargne personne », s’exclame Ahmed, un Gazaoui qui, comme Nael, demande à témoigner sous un faux nom. « A Gaza, tout le monde dit la même chose : personne n’a été honnête avec nous. Tout le monde — le Hamas, le Fatah, la communauté internationale, les pays arabes — avait dit qu’il nous viendrait en aide. »
Lorsque le cessez-le-feu était entré en vigueur, au mois d’octobre 2025, l’ONU avait estimé qu’environ 1,5 million de personnes, dans la bande, avaient besoin d’une aide d’urgence en matière de logement.
Un rapport très complet publié en mai dernier par la Banque mondiale et par les Nations unies a conclu que la guerre avait entraîné « des destructions catastrophiques dans le parc immobilier ». L’étude a aussi révélé que plus de 1,2 million de Palestiniens de Gaza — soit environ 60 % de la population — avaient perdu leur logement dans le sillage des bombardements israéliens.
D’autres se sont retrouvés sans-abri, dans l’incapacité de retourner dans leurs habitations situées dans la partie de l’enclave restée sous le contrôle de l’armée israélienne dans le cadre du cessez-le-feu.
Un an plus tard, la crise du logement reste grave : selon le « Shelter Cluster » des Nations unies qui suit les besoins en matière de logement dans la bande de Gaza, 65 % de la population de l’enclave, ce qui représente environ 1,37 million de personnes, vit toujours dans des tentes et dans des abris de fortune qui n’offrent pratiquement aucune protection contre les intempéries.
Parmi eux figure Ahmed, qui vit sous une tente depuis plusieurs années.
L’hiver dernier, sa tente s’est effondrée sous l’effet de pluies particulièrement fortes. Aujourd’hui, alors que la mauvaise saison n’a même pas encore commencé, il explique que sa principale crainte est l’invasion des rats. Il dit avoir peur qu’ils ne fassent du mal à sa fille qui est née il y a seulement deux mois.
Selon une analyse qui a été publiée au mois d’août dernier, 94 % de la population a des besoins en matière de logement – qu’il s’agisse de conditions de vie inadéquates ou de carences particulièrement préoccupantes dans l’habitat.
« La crise du logement à Gaza reste d’une gravité extrême et elle reste généralisée », explique l’étude du Shelter Cluster. « Les ménages ont besoin d’aide non seulement pour réparer ou pour remplacer leurs abris temporaires, mais aussi pour retrouver les conditions de vie essentielles qui seront susceptibles de leur permettre de cuisiner, de dormir, de conserver une bonne hygiène, de stocker de la nourriture et de l’eau, et de vivre en sécurité et dans la dignité ».
Au-delà du logement, les infrastructures n’ont pas été reconstruites dans leur grande majorité. Immédiatement après le cessez-le-feu, certaines organisations humanitaires avaient lancé des travaux qui visaient à déblayer les décombres et à rouvrir les routes principales à travers toute l’enclave, dans le but de permettre aux habitants de se déplacer. Toutefois, au-delà de cela, aucun déblaiement de grande envergure n’a été effectué.
Selon un rapport de l’OCHA, seul 1 % des décombres avait été déblayé des routes et des infrastructures les plus nécessaires au mois de juillet 2026, date de la parution de l’étude.
Les infrastructures électriques n’ont pas, elles non plus, été remises en état après avoir été détruites à 90 % au cours des combats, a fait savoir l’ONU. La population dépend de groupes électrogènes et de panneaux solaires. Certains payent à l’heure pour les utiliser – pour recharger leurs téléphones, par exemple.
Quant à l’eau, au mois d’août 2026, 71 % des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement avaient été endommagées, ont expliqué les Nations unies. Exception faite de certains secteurs du centre de Gaza où les infrastructures sont restées plus ou moins intactes pour les Palestiniens qui vivent dans des maisons, et non dans des tentes, les résidents achètent de l’eau qui leur est livrée par des camions-citernes ou dépendent encore des organisations humanitaires, comme c’était déjà le cas pendant la guerre.
« Un cessez-le-feu qui ne s’applique qu’à une seule partie »
Pendant ce temps, les frappes aériennes persistantes de Tsahal donnent aux Gazaouis l’impression que le cessez-le-feu n’est guère appliqué sur le terrain.
« Ils bombardent tous les jours », déclare Nael. « Il y a des bombardements à tout moment, sans avertissement préalable. Je marche dans la rue et j’ai peur. Mes enfants marchent dans la rue et j’ai peur pour eux », ajoute-t-il.
L’armée israélienne affirme effectuer ses frappes au sein de l’enclave côtière pour contrer les menaces qui pèsent sur les soldats et pour empêcher le Hamas de reconstruire son aile militaire. Elle a aussi attaqué des individus qui, selon Tsahal, avaient activement pris part au pogrom qui avait été perpétré par le groupe terroriste dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
5 000 Gazaouis placés sous la direction du Hamas étaient entrés sur le territoire israélien pendant cette attaque sanglante, faisant un carnage dans des villes ou dans des festivals de musique. Les hommes armés avaient aussi pris d’assaut des postes militaires. Plus de 1 200 personnes avaient été massacrées, ce jour-là, et 251 personnes avaient été kidnappées et prises en otage. Ces atrocités avaient déclenché la guerre contre les groupes terroristes palestiniens de l’enclave.
L’armée israélienne n’a pas précisé le nombre de frappes qui ont été menées à Gaza ni le nombre de terroristes qui ont été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, au mois d’octobre 2025.
Selon le ministère de la Santé de Gaza qui est placé sous la direction du Hamas, au 11 octobre 2026, 1 488 personnes avaient été tuées et 5 281 personnes avaient été blessées par des frappes et par des tirs israéliens depuis le début du cessez-le-feu. Les chiffres du ministère, qui avaient auparavant fait état de plus de 70 000 morts pendant la phase active de la guerre, ne font pas la distinction entre civils et terroristes.
De son côté, Israël a élargi son autorité sur la bande pendant le cessez-le-feu – s’il contrôlait initialement 53 % du territoire, il contrôle dorénavant 63 % de la bande. Tsahal a également mis en place une quarantaine de postes militaires dans ces secteurs.
Les Gazaouis ne sont pas autorisés à franchir la frontière connue sous le nom de « Ligne jaune » pour entrer sur le territoire contrôlé par Israël, et les militaires ont fait savoir qu’ils ouvriraient le feu en direction des Palestiniens qui tenteraient de la franchir.
La zone qui est désormais placée sous le contrôle des Israéliens comprend toute la partie Est de la bande de Gaza et la ville de Rafah. Les deux millions d’habitants de Gaza environ vivent dorénavant à l’Ouest de Gaza-City, à Khan Younès, dans le centre de la bande et à al-Mawasi, un secteur situé au Sud-Ouest de Khan Younès où de grands campements de tentes avaient été installés au début de la guerre. Ils sont toujours en place aujourd’hui.
Nael note que malgré le danger, les Gazaouis quittent leurs logements et ils vaquent à leurs occupations quotidiennes. « Ils se sont habitués à la mort. Ils se sont habitués aux bombardements », affirme-t-il.
Anas Arafat, un habitant de Gaza-City, vit dans une tente avec sa famille et il cherche actuellement un appartement à louer.
« Dans les faits, il n’y a pas de cessez-le-feu », indique-t-il au Times of Israel. « Seule la partie palestinienne respecte le cessez-le-feu, pas la partie israélienne ».
Un sentiment qui se reflète également dans un récent sondage qui a été mené auprès des habitants de Gaza.
Ainsi, une enquête d’opinion qui a été réalisée par le Centre des médias et de la communication de Jérusalem, dont le siège se trouve à Jérusalem-Est, a révélé, au mois de septembre 2026, que 66 % des personnes interrogées au sein de l’enclave côtière estimaient que la priorité absolue des dirigeants palestiniens devait être de mettre un terme définitif à la guerre.
Si le Hamas n’a pas procédé à des tirs de roquettes en direction d’Israël depuis plus d’un an, les responsables israéliens de la sécurité ont récemment averti que le groupe terroriste était en train de reconstituer ses capacités militaires, recrutant de nouveaux membres, organisant des entraînements et remettant en état ses infrastructures militaires.
Israël insiste sur le fait que ses soldats ne se retireront pas tant que le Hamas n’aura pas déposé toutes ses armes. Le pays refuse aussi d’autoriser la reconstruction de la bande tant que le groupe terroriste, enfin entièrement désarmé, n’aura pas cédé le pouvoir – un principe qui se trouve au cœur de la deuxième phase du plan de cessez-le-feu à Gaza censé être géré par le Conseil de paix qui a été mis en place par le président américain Donald Trump.
Le Hamas est parti, mais les technocrates ne sont pas encore arrivés
Dans leurs échanges avec le Times of Israel, les habitants de Gaza ne semblent pas considérer le Hamas comme le principal et seul responsable de la situation.
Nael affirme être « en colère contre le monde entier ».
« Cela fait déjà trois ans et personne n’a tenu ses promesses. On a mis en place un Conseil de paix, avec [le haut-représentant du Conseil pour Gaza, Nickolay] Mladenov et Trump — ça n’a abouti à rien. Que des déclarations et que des mensonges », estime-t-il.
Si la majorité des Gazaouis considèrent qu’Israël est le principal responsable de leurs malheurs, des enquêtes d’opinion qui ont été récemment menées auprès des résidents de l’enclave ont également montré un recul progressif – quoique lent – du soutien apporté au Hamas.
Dans le sondage mené par le PCPSR au mois d’août 2026, 38 % des personnes interrogées à Gaza ont confié être satisfaites des actions qui ont été celles du Hamas pendant la guerre contre Israël, contre 51 % au mois d’octobre 2025.
Dans l’enquête d’opinion qui a été réalisée par le Centre des médias et de la communication de Jérusalem, 9,9 % seulement des sondés originaires de la bande ont déclaré adhérer au Hamas lorsqu’une question ouverte leur a été posée sur leur proximité avec un parti politique. Une enquête qui a été la première à inclure des Gazaouis, rendant impossible toute comparaison directe d’une année sur l’autre.
Dans le sondage mené par le PCPSR au mois d’août 2026, 38 % des personnes interrogées à Gaza ont confié être satisfaites des actions qui ont été celles du Hamas pendant la guerre contre Israël, contre 51 % au mois d’octobre 2025
Près de la moitié des personnes interrogées à Gaza — 49,3 % — ont prédit, par ailleurs, que l’enclave passerait sous le contrôle de la communauté internationale « après la guerre ».
Le sondage ayant été réalisé au mois d’août 2026, il est difficile de savoir ce que les sondés ont voulu dire lorsqu’ils ont parlé de « l’après-guerre » – même s’il ont pu faire référence à un avenir proche dans le cadre du cessez-le-feu en vigueur.
En vertu de l’accord de cessez-le-feu, la responsabilité administrative de l’enclave doit être transférée au Comité national pour l’administration de Gaza. Cette instance composée de technocrates palestiniens non-partisans, qui est connue sous le nom de NCAG, a été créée au mois de janvier 2026 dans le cadre du plan de paix de Trump.
Mais dix mois après sa création, les membres du comité n’ont toujours pas fait leur entrée dans la bande de Gaza et ils n’ont pas pris le contrôle effectif de la gouvernance, même si le Hamas a annoncé, au mois de juillet, la dissolution de la commission gouvernementale d’urgence qui avait administré le territoire en son nom pendant la guerre, ajoutant qu’il était disposé à transférer ses pouvoirs à la nouvelle instance.
Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, quant à lui, a rejeté un plan de désarmement qui avait été proposé par le Conseil de paix et qui avait été accepté à titre provisoire par le Hamas, soulignant qu’il n’allait pas assez loin dans le désarmement du groupe terroriste.
En conséquence, la bande de Gaza reste dans l’incertitude, sans instance gouvernementale en capacité de fournir aux civils les services essentiels, ce qui la maintient dans une situation qui ne diffère guère de celle des années de guerre.
« Le Hamas a expliqué qu’il était prêt à céder le pouvoir mais personne ne le prend, et il y a un vide. Qu’est-ce qui pourrait changer la situation ?… Ce qui pourrait changer la situation, c’est de remplacer le gouvernement, c’est de faire venir des personnes [issues du Comité] qui mettront fin à cette guerre », dit Nael.
Les habitants qui ont été interrogés par le Times of Israel font valoir que la présence du Hamas sur le terrain est relativement limitée par rapport à la période d’avant-guerre.
« On aperçoit des policiers quand y a un différend entre des familles », déclare Arafat qui affirme qu’au-delà de ces apparitions occasionnelles, les forces de l’ordre n’exercent aucun contrôle sur le terrain.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les policiers du Hamas n’ont été que rarement visibles dans les rues de Gaza, et ceux qui se sont montrés étaient souvent habillés en civil.
Au cours des douze derniers mois, Tsahal a bombardé des commissariats et des agents de police du Hamas à plusieurs reprises.
Dans le sillage d’une frappe qui avait ainsi pris pour cible un commissariat de Gaza-City, au mois d’août dernier, les militaires israéliens avaient affirmé que « des terroristes menaient des opérations depuis ce commissariat de police civil, cherchant à lancer des attaques terroristes à l’encontre des soldats de Tsahal dans la bande de Gaza, exploitant le lieu à des fins militaires en violation du droit international ».
Dépendance vis-à-vis de l’aide
Arafat exprime l’espoir que l’arrivée de la NCAG puisse permettre aux ministères de reprendre leurs activités, avec des salaires qui seront enfin versés aux dizaines de milliers d’employés qui travaillent au sein des institutions gouvernementales qui sont gérées par le Hamas – médecins, enseignants et autres.
Selon Arafat, ces employés n’ont perçu leur salaire de la part du Hamas qu’une fois tous les deux ou trois mois, ces dernières années, à hauteur d’environ 1 000 shekels par versement. Au cours des quatre derniers mois, aucune rémunération ne leur a été remise, fait-il remarquer.
« Si les salaires sont versés, alors la situation de la majorité de ces familles va s’améliorer. Elles pourront au moins acheter des produits de première nécessité. L’arrivée de la commission apportera une aide et permettra de résoudre des problèmes majeurs dans la mesure où elle bénéficie du soutien [financier] du Conseil de paix, du soutien de Trump et des États-Unis — le pays le plus puissant du monde », dit-il.
Le chômage, déjà élevé depuis des années au sein de l’enclave, a grimpé à près de 80 % pendant la guerre, selon les chiffres officiels palestiniens. Un rapport qui a été rendu public au mois de juillet dernier a toutefois prévu qu’il pourrait retomber à 73 % en 2026 si les conditions du cessez-le-feu devaient ouvrir la porte à un meilleur acheminement des aides humanitaires et autres fournitures vers la bande de Gaza et favoriser les activités de reconstruction.
Interrogés sur les conditions de vie dans la bande de Gaza, les habitants évoquent une lutte quotidienne pour survivre — et surtout, pour trouver suffisamment d’argent afin de nourrir leur famille.
Arafat lui-même travaille pour une organisation humanitaire. Selon lui, c’est 90 % de la population qui dépend de l’aide pour se procurer des denrées alimentaires, que ce soit par le biais de groupes humanitaires présents au sein de l’enclave, d’argent envoyé par des proches à l’étranger ou du soutien apporté par des membres de la famille et par des connaissances à l’intérieur du territoire. D’autres vendent tout ce qu’ils peuvent de leurs biens.
« Les gens vendent les bâches de leurs tentes pour acheter de la nourriture ou du lait pour leurs enfants. Certaines familles vendent leurs ustensiles de cuisine », raconte-t-il.
Dans le passé, Nael était journaliste, mais il ne donne aucun détail sur ses sources de revenus actuelles, se contentant de préciser qu’il a épuisé les économies qu’il avait pu faire avant le conflit.
Ahmed travaillait pour une autre organisation humanitaire jusqu’à il y a une dizaine de jours – date à laquelle il a démissionné après, dit-il, un « incident » dont il s’est senti responsable.
Il cherche désormais du travail auprès d’une autre organisation humanitaire.
Lorsqu’il travaillait pour son dernier employeur, Ahmed gagnait 2 000 dollars par mois — un salaire relativement élevé à Gaza.
« J’espère pouvoir trouver quelque chose. Ma fille est née il y a deux mois, et elle a besoin de nourriture », confie-t-il.
Il laisse entendre que si la situation sur le terrain ne change pas, il faudra alors ouvrir les frontières de la bande pour permettre aux habitants de se mettre en quête d’une vie meilleure, ailleurs.
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Aujourd’hui, les modalités de départ de Gaza n’ont pratiquement pas changé par rapport à celles qui étaient en vigueur pendant la guerre. Seul un petit nombre de résidents ont pu partir au cours des douze derniers mois à l’issue de longues démarches administratives, que ce soit pour des raisons médicales ou en raison de liens avec un pays tiers.
« En Ukraine, les gens ont été évacués des zones de guerre. Je le dis simplement : ouvrez les frontières pour que nous puissions partir », indique-t-il. « Tous ces gens qui ont un fils en Europe, un fils en Égypte ou un fils aux États-Unis — laissez-les les rejoindre ».