Un célèbre photojournaliste palestinien admet ne pas avoir publié des images montrant des otages israéliens frappés à Gaza
Motaz Azaiza, qui faisait partie des 100 personnalités les plus influentes du Time en 2024, craignait qu’elles permettent à Israël d’identifier les agresseurs
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Le photojournaliste palestinien Motaz Azaiza a affirmé, ce mois-ci, avoir filmé, le 7 octobre 2023, des otages israéliens amenés dans la bande de Gaza, alors que certains étaient frappés par des personnes présentes autour d’eux. Il explique avoir volontairement choisi de ne pas diffuser ces images, de peur qu’elles permettent à Israël d’identifier leurs agresseurs.
Motaz Azaiza est devenu l’un des photographes palestiniens les plus connus de la guerre à Gaza, réunissant des millions d’abonnés en documentant les destructions et les conséquences humanitaires du conflit. En 2024, le magazine Time l’avait inclus dans sa liste des 100 personnalités les plus influentes.
L’homme a livré ce témoignage choquant lors d’un long entretien en arabe accordé au podcast « Taqarrab » et publié le 3 septembre dernier sur YouTube. Selon son récit, il a aperçu un véhicule des brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, transportant des captifs israéliens. Il affirme avoir suivi le véhicule et filmé la scène tandis que des personnes s’approchaient des otages et les frappaient.
« J’ai suivi et j’ai filmé », raconte-t-il, expliquant ensuite avoir décidé de conserver les images, sans rien en faire. Il dit avoir estimé que leur publication aurait pu permettre à Israël d’identifier les Palestiniens apparaissant sur les vidéos et de les prendre pour cibles. Ce témoignage permet ainsi de questionner le professionnalisme de l’homme, qui a choisi de cacher délibérément des faits et des informations pour protéger une foule d’agresseurs.
Cette révélation survient près de trois ans après l’attaque du 7-Octobre, au cours de laquelle près de 1 200 personnes ont été tuées en Israël et plus de 250 autres enlevées par le Hamas et d’autres groupes terroristes palestiniens et la plupart du temps avec l’aide complice de civils palestiniens.
Dans le même entretien, le photographe s’est livré à une critique du Hamas. Il reproche notamment au mouvement d’avoir prolongé la guerre au détriment de la population civile et affirme que ses armes n’ont, selon lui, protégé aucun habitant de Gaza depuis le 7 octobre 2023. Il accuse également le Hamas d’avoir exercé des pressions sur les journalistes locaux.
Il évoque notamment un groupe WhatsApp qui aurait réuni des journalistes gazaouis et des responsables médiatiques liés au Hamas. Selon lui, des journalistes auraient été harcelés lorsqu’ils diffusaient des témoignages critiques du mouvement. Il affirme que certains reporters avaient pris l’habitude de « baisser leurs caméras » lorsqu’un habitant commençait à critiquer le Hamas. Plusieurs vidéos en provenance du média qatari pro-Hamas Al-Jazeera montraient des Gazaouis critiquer le Hamas avant que la vidéo ne soit volontairement coupée.
Le photographe, qui a quitté Gaza en janvier 2024 et qui vit désormais au Qatar, affirme avoir lui-même été la cible de campagnes hostiles après avoir diffusé des images de civils exprimant leur colère contre le groupe terroriste.
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