Un comité de l’université Columbia rejette les demandes de désinvestissement en Israël

Le comité consultatif rejette les appels au désinvestissement qui sont au cœur du mouvement anti-Israël, invoquant l'opposition sur le campus et l'impossibilité d'une telle mesure

Des militants anti-israéliens manifestent devant l'université Columbia, le 21 janvier 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

NEW YORK — Vendredi, un comité d’investissement de l’université Columbia a rejeté les demandes de désinvestissement d’Israël, des revendications au cœur des manifestations anti-Israël qui ont secoué le campus après le pogrom commis par le Hamas en octobre 2023.

La coalition des groupes militants anti-Israël du campus, Columbia University Apartheid Divest, avait à plusieurs reprises exhorté l’université à désinvestir son immense dotation d’Israël – à l’instar des réclamations formulées par les manifestants d’autres universités américaines.

« Désinvestissement financier total de l’occupation sioniste, de l’apartheid et du génocide », a énoncé le groupe comme première revendication dans une lettre ouverte publiée au début de l’année. Lors de rassemblements sur le campus de Manhattan et aux alentours, les manifestants scandaient régulièrement « Révélez, désinvestissez, nous n’arrêterons pas, nous ne nous reposerons pas ».

L’an dernier, à la suite de ces demandes, des militants ont déposé trois propositions appelant Columbia à désinvestir.

Selon ces propositions, l’université doit se désengager des entités qui violent les droits humains, exiger des entreprises dans lesquelles elle détient des participations qu’elles « cessent toute activité complice de violations des droits humains à l’encontre des Palestiniens », et se défaire de tout engagement envers Israël et toutes les entités liées à « des violations des droits humains et du droit international en Palestine ».

D’après des documents publiés vendredi sur le site Internet de Columbia, le Comité consultatif sur l’investissement socialement responsable (ACSRI) de l’université, un groupe qui conseille l’établissement sur les questions éthiques et sociales liées aux investissements de la dotation, a rejeté ces propositions.

Pour évaluer ces propositions, le comité a indiqué avoir utilisé trois critères – l’existence d’un large consensus au sein de la communauté universitaire, le fait que « le fond du différend doit clairement pencher d’un côté », et le fait que le désinvestissement doit être plus viable que la collaboration avec la direction des entreprises visées.

Un groupe de manifestants pro-palestiniens défilent devant l’université Columbia le 21 mai 2025, à New York. (Crédit : AP Photo/Heather Khalifa)

Concernant la première revendication — désinvestir des entreprises qui violent les droits humains —, l’ACSRI a déclaré que, si les deux premiers critères étaient remplis, la revendication restait toutefois trop vague.

« La proposition impliquerait une liste sans fin d’entreprises pouvant être classées comme violant les droits humains », a expliqué le comité. « La proposition pourrait ainsi, potentiellement, englober une importante partie du marché boursier, rendant toute activité d’investissement difficile. »

Quant aux deuxième et troisième propositions axées sur le désinvestissement d’Israël, le comité a rapporté l’absence d’un consensus suffisant.

Le consensus est un « obstacle difficile à franchir ». Il nécessite un large accord, de la part des centaines de milliers d’étudiants, enseignants et anciens élèves de l’université. Pour évaluer le consensus, le test consiste à déterminer s’il existe une « forte opposition » à la mesure, a ajouté le comité.

Or, a constaté le comité, une opposition au désinvestissement existe de la part des étudiants, des professeurs et des anciens élèves juifs et pro-israéliens, citant notamment les manifestations pro-Israël et les lettres adressées à la communauté de Columbia.

Les revendications n’étaient pas non plus viables sur le plan financier, a poursuivi le comité.

Les propositions exigeaient que l’université se désengage de grandes entreprises comme Boeing, Lockheed Martin, Caterpillar, General Dynamics, Microsoft, Alphabet et Amazon, en raison de leurs liens avec Israël.

Compliquant encore davantage la question du désinvestissement, les entreprises, qui représentent une part importante du marché boursier américain, sont en outre incluses dans des fonds négociés en bourse et dans d’autres véhicules d’investissement regroupant différentes actions.

Un porte-parole de l’université a refusé de répondre aux demandes de commentaires.

La dotation de Columbia est gérée par la Columbia Investment Management Company. Cette filiale de l’université est elle-même supervisée par un conseil d’administration composé de membres du conseil d’administration de l’université et d’autres responsables universitaires.

Si les décisions de l’ACSRI ne sont pas contraignantes – ce qui signifie que le comité n’a pas le dernier mot en matière d’investissements -, ses conclusions influencent toutefois les décisions liées à l’investissement socialement responsable. Il est par conséquent peu probable que l’université procède à des désinvestissements sur la base de ces propositions.

En juin 2025, la dotation de l’université s’élevait à 15,9 milliards de dollars.

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