Un dirigeant de la CGT interpellé après des propos polémiques sur la Shoah et Zemmour
L'individu a demandé à l’ancien journaliste, juif, qu’il a croisé, s'il prenait 'le train pour Auschwitz'
Éric Zemmour, dirigeant du parti d’extrême droite Reconquête, était présent ce mercredi à Limoges pour la présentation de son dernier livre.
Des militants de la CGT sont venus perturber sa séance de dédicaces. L’un d’eux, Frédéric Tronche, a été interpellé avant l’évènement sur le quai de la gare de Limoges après avoir proféré des insultes antisémites à l’encontre du polémiste dans le train, a rapporté le journal Le Populaire du Centre.
Cheminot et dirigeant de la CGT Cadres Tech, il a demandé à l’ancien journaliste, juif, qu’il a croisé, s’il prenait « le train pour Auschwitz », a expliqué l’eurodéputé Reconquête Nicolas Bay sur Twitter.
Philippe Vardon, conseiller régional, a ajouté que les témoins avaient été « nombreux, dont les policiers ».
Au même moment sur Facebook, le syndicaliste, semble-t-il fier de sa blague antisémite, a écrit : « Zemmour dans mon train. Je vérifie si le train va bien à Limoges… Peur qu’il aille en Pologne. »
Les équipes de Reconquête ont annoncé avoir déposé plainte contre l’individu.
Plusieurs représentants de la communauté juive se sont insurgés de ces propos, ainsi que du soutien apporté par Sophie Binet, dirigeante de la CGT, et par le député LFI Thomas Porte.
« Frédéric Tronche interroge le contrôleur pour savoir si le train ne va pas à Vichy (Smiley MDR). Résultat : il est en GAV depuis 14h30 accusé… d’antisémitisme. Tout va bien ! », a en effet posté Sophie Binet.
« Je ne pense pas qu’il ait pu tenir de tels propos », a lui clamé Arnaud Raffier, secrétaire général de l’union départemental de la CGT Haute-Vienne. « En revanche, il a dû clamer nos revendications. À savoir que nous ne voulons pas de lui à Limoges, terre de gauche. Plutôt que d’extraire Éric Zemmour, le révisionniste, ils ont préféré s’en prendre à un citoyen lambda. L’État a choisi son camp et devra assumer ses responsabilités, car nous ne manquerons pas de le faire. »
« Trop c’est trop ! On ne peut rien dire, on nous traite de radicaux alors que lui a été condamné à plusieurs reprises pour ses propos qui alimentent la haine entre les peuples. On ne peut pas cautionner la venue d’une telle personne et encore moins dans une salle municipale », a ajouté Lionel Guy, secrétaire du syndicat CGT Legrand, devant le commissariat de police où se trouvait Frédéric Tronche. Une trentaine de personnes étaient là pour le soutenir.
Une dizaine de militants de la CGT s’étaient déjà opposés à une séance de dédicaces de l’auteur de Je n’ai pas dit mon dernier mot (Éd. Rubempré), samedi 17 juin, à Brest. De violents affrontements avaient alors éclaté entre les sympathisants du polémiste et les manifestants. Éric Zemmour avait alors annoncé porter plainte contre la CGT.