Un dirigeant de l’extrême-droite allemande semble faire le « salut hitlérien » sur une photo
Un cliché datant de 2020 montre Martin Reichardt, député de l’AfD, levant le bras gauche tandis qu’un autre homme s’agenouille devant lui - apparemment pour demander à adhérer au parti, s’adressant à son chef en l’appelant 'Mein Führer'
JTA — Une photo montrant un dirigeant du parti d’extrême droite allemand semblant effectuer un salut nazi a refait surface, suscitant la controverse alors que la formation politique semble en passe d’accéder à un pouvoir sans précédent lors des prochaines élections.
Sur le cliché qui date de 2020, Martin Reichardt, député fédéral et membre du parti Alternative pour l’Allemagne, lève le bras gauche tandis qu’un autre homme s’agenouille devant lui. C’est le podcast « Inside AfD » de Politico qui a diffusé cette photo dans la journée de mercredi.
Selon Politico, deux personnes présentes lors de ce rassemblement ont indiqué que ce geste avait bien vocation à être un salut nazi. Les participants ont également noté que l’homme à genoux, Markus Motschmann, avait remis à Reichardt un formulaire d’adhésion à l’AfD et qu’il l’avait appelé « Mein Führer ».
Motschmann a nié avoir utilisé ces mots.
Reichardt a dit à Politico que son geste « n’était pas un salut hitlérien » et qu’il s’était prêté, ce jour-là, à une « cérémonie d’investiture humoristique ». Il n’a pas répondu à une demande de commentaire de la Jewish Telegraphic Agency.
En plus de son mandat au Parlement allemand, Reichardt préside la section régionale de l’AfD en Saxe-Anhalt. L’AfD devrait connaître une forte progression dans ce Land de l’Est, proche de Berlin, lors des élections régionales qui auront lieu au mois de septembre. Les sondages indiquent que la formation poitique pourrait remporter la majorité absolue en Saxe-Anhalt, instaurant ainsi le premier gouvernement régional d’extrême droite en Allemagne depuis la Seconde guerre mondiale.
L’AfD de Saxe-Anhalt a présenté un programme qui prévoit l’expulsion des réfugiés ou leur placement dans des « foyers collectifs », la suppression du financement des chaînes publiques jugées antipatriotiques, l’interdiction des drapeaux de la Gay Pride dans les écoles et une réorientation de la société allemande vers les familles nombreuses et vers le conservatisme social.
L’arrivée au pouvoir de ce parti viendrait briser le « pare-feu » que les partis traditionnels allemands ont tenté de maintenir contre l’extrême droite. Elle donnerait également un coup de pouce au président américain Donald Trump, dont l’administration a défendu l’AfD avec fermeté.
Reichardt faisait partie des 20 membres de l’AfD qui se sont rendus à New York au mois de décembre pour assister au gala annuel du Young Republican Club de New York, auquel participaient également des théoriciens du complot antisémites et le rédacteur en chef d’un site web suprémaciste blanc.
Sven Schulze, ministre-président de Saxe-Anhalt et membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), un parti conservateur, a dénoncé cette photo.
« Un salut hitlérien est une déclaration de conviction, pas un simple lapsus », a commenté Schulze dans un communiqué. « Quiconque se prête à un tel geste n’a pas sa place au parlement. Et quiconque minimise les faits, garde le silence ou reste les bras croisés s’en rend clairement complice. »
Schulze a également appelé Ulrich Siegmund, le candidat de l’AfD au poste de prochain ministre-président de Saxe-Anhalt, à exclure Reichardt du parti.
La section de l’AfD de Saxe-Anhalt a pris la défense de Reichardt dans un communiqué qui a été posté sur le réseau social X, qualifiant cette polémique de « tentative mesquine qui cherche à créer un scandale à partir de rien ». La formation politique a repris à son compte l’affirmation qui a été faite par Reichardt, qui a expliqué qu’il avait effectué « un geste humoristique d’investiture chevaleresque » qui était « tout sauf un salut hitlérien ».
Un autre député de l’AfD, Matthias Moosdorf, fait actuellement l’objet de poursuites pénales pour avoir prétendument salué un autre membre du parti par le salut nazi à l’intérieur du Reichstag, ce qu’il nie.
L’affichage public de symboles et de gestes nazis est illégal en vertu de la loi allemande. Dans l’Allemagne nazie, la pratique consistait à saluer avec le bras droit, mais un salut nazi avec le bras gauche est tout aussi punissable, selon un arrêt qui a été rendu par un tribunal régional en 2024.