Un ex-général dirigera l’enquête sur la gestion par Tsahal des infos relatives aux projets d’attaque du Hamas avant le 7-Octobre

'Il est de notre devoir d'affronter directement cet échec et d'en tirer tout ce que nous pourrons afin d'éviter qu'il ne se reproduise', a dit Eyal Zamir

Le général Roni Numa, alors chef du Commandement central de Tsahal, à la cérémonie des Soldats Corner au carrefour de Gush Etzion, en Cisjordanie, le 13 décembre 2017. (Gershon Elinson/Flash90)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a nommé un ancien général à la tête d’un panel d’experts qui sera chargé d’enquêter sur la gestion, par l’armée, des renseignements reçus depuis 2018, qui faisaient état de l’intention du Hamas de lancer une attaque à grande échelle contre Israël — un sujet qui n’avait pas été abordé dans les premières enquêtes de l’armée sur le 7-Octobre.

C’est le général de division (réserve) Roni Numa, qui a pris sa retraite de l’armée en 2018 après avoir occupé le poste de chef du commandement central, qui dirigera cette équipe, qui comprendra également plusieurs autres anciens officiers supérieurs, selon l’armée.

Cette décision intervient à la suite de l’examen, par une autre équipe d’anciens officiers supérieurs dirigée par le général de division (réserve) Sami Turgeman, des enquêtes internes menées par l’armée israélienne sur les défaillances du 7-Octobre. L’équipe a estimé que nombre de ces enquêtes étaient insuffisantes, soulignant en outre que certains sujets n’avaient pas été examinés du tout. Il s’agit notamment des rapports des services de renseignement sur le plan d’attaque du Hamas, dont le nom de code dans l’armée était « Murs de Jéricho ».

Au fil des ans, l’armée avait ignoré les plans du Hamas, qu’elle jugeait irréalistes et irréalisables, tandis que le groupe terroriste poursuivait ses préparatifs en vue du 7-Octobre.

Ce soir, Zamir a présenté aux hauts responsables de Tsahal son résumé du rapport de Turgeman, incluant « ses observations et les enseignements tirés du rapport, ainsi que les points clés pour les intégrer dans le plan de travail de l’armée israélienne pour les années à venir ».

Zamir a indiqué aux officiers que, « afin de synchroniser tous les processus futurs découlant du rapport et de surveiller leur mise en œuvre », une commission de surveillance sera mise en place, sous la direction du chef d’état-major adjoint, le général de division Tamir Yadai.

Le chef de la Défense passive, le général de division Tamir Yadai en 2018. (Capture d’écran/YouTube)

Dans les semaines à venir, une session de formation sera organisée par le Forum de l’état-major général, au cours de laquelle les officiers supérieurs discuteront de la mise en œuvre des enseignements dans leurs unités respectives.

Zamir, dans son résumé, a de plus souligné plusieurs « grandes lignes d’action » concernant « l’évolution » de l’armée au cours des prochaines années. Parmi celles-ci, il a notamment affirmé qu’une guerre surprise devrait servir de « boussole pour la préparation opérationnelle de l’armée israélienne », qu’une offensive terrestre devrait être un « élément central des capacités de l’armée israélienne », et que les « processus professionnels » au sein de la Direction du renseignement devraient être renforcés.

« Nous passons désormais à la phase suivante de l’enquête sur les événements du 7-Octobre, qui consiste à intégrer dans le plan de travail de l’armée israélienne les enseignements tirés, et à les mettre en œuvre », a précisé Zamir, des remarques rapportées par l’armée israélienne. « Il est de notre devoir d’affronter directement cet échec et d’en tirer tout ce que nous pourrons afin d’éviter qu’il ne se reproduise, ainsi que d’en apprendre tout ce qui est possible en vue d’améliorer les capacités de l’armée israélienne. »

« Ce processus, j’en suis convaincu, accompagnera l’armée israélienne pendant de nombreuses années. Nous devons veiller à ce qu’il soit pleinement intégré, dans toutes les composantes du système », a-t-il ajouté.

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