Un expert relève des lacunes majeures dans le bilan des femmes et filles tuées à Gaza de l’ONU
ONU Femmes a affirmé que 38 000 femmes, adolescentes et petites filles avaient été tuées à Gaza à la fin de l'année 2025 et que le nombre total de victimes de la guerre entre Israël et le Hamas était estimé à 120 000
Un analyste américain a repéré des « lacunes majeures », a-t-il dit, dans un rapport qui a été diffusé vendredi par l’agence des Nations Unies pour les femmes – un rapport qui affirmait que 38 000 femmes, adolescentes et petites filles avaient été tuées à Gaza à la fin de l’année 2025 et que le nombre total de victimes était estimé à 120 000.
Ces chiffres prévisionnels sont bien supérieurs au bilan qui a été communiqué par le ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous la direction du Hamas, qui avait avancé le chiffre de 72 345 morts au 16 avril.
Gabriel Epstein, qui est chargé de mission senior au sein de l’Israel Policy Forum, a expliqué samedi au Times of Israel que le chiffre de 38 000 qui a été mis en avant par l’agence des Nations unies a été obtenu en appliquant aveuglément des projections s’agissant à la fois d’une sous-estimation globale présumée, et la répartition par sexe et par âge issues d’études qui avaient été effectuées au début de la guerre – au détriment de l’utilisation des données réelles et actuelles qui ont été rendues publiques par le ministère de la Santé de l’enclave.
La sous-estimation de 41 % qui a été prise comme hypothèse de travail par l’agence ONU Femmes et les proportions qui ont été utilisées dans le rapport pour extraire les filles de la catégorie « enfants « du ministère de la Santé de Gaza, et pour sortir les femmes adultes de la catégorie « personnes âgées » proviennent, de manière inexplicable, d’une étude qui s’était appuyée sur un ensemble de données bien moins complet du mois de juin 2024 – et non sur les chiffres actuels qui ont été diffusés au mois de novembre 2025, a souligné Epstein.
De plus, l’agence des Nations Unies a ensuite repris ces anciens chiffres et elle les a appliqués aux statistiques plus récentes.
La répartition qui a été fournie par le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, au mois de novembre 2025, indiquait que 40,8 % des enfants tués étaient de sexe féminin, alors que le rapport de l’agence des Nations Unies affirme que ce chiffre est de 44,6 %.
Concernant les femmes âgées également, le pourcentage du rapport de l’ONU a été supérieur aux informations plus récentes qui avaient été données par le ministère de la Santé de Gaza — 39,9 % contre 37,2 %.
« Les proportions actuelles étaient facilement accessibles à partir de l’ensemble de données du mois de novembre 2025, il s’agit donc d’une grave erreur », a expliqué Epstein.
Les données du ministère de la Santé de Gaza, au mois de novembre 2025, indiquaient que 8 423 filles âgées de 0 à 17 ans, 10 620 femmes âgées de 18 à 59 ans et 1 820 femmes âgées de plus de 60 ans avaient été tuées pendant la guerre – soit un total de 20 863 décès.
Ce qui représentait 30,32 % des 68 420 décès figurant sur la liste unique des morts établie par le ministère de la Santé.
Les projections avancées par ONU Femmes impliqueraient alors 18 000 décès non-comptabilisés de femmes, d’adolescentes et de fillettes uniquement. Toutefois, les agences locales qui sont gérées par le Hamas à Gaza estiment actuellement à environ 3 500 le nombre de personnes disparues et à environ 8 000 le nombre de corps sans vie qui n’ont pas été retrouvés, soit un total de 11 500, hommes, jeunes hommes et petits garçons compris. Ces estimations sont inconciliables avec les hypothèses d’ONU Femmes concernant le bilan global des morts ou celui des femmes et des filles en particulier, a affirmé Epstein.
« En substance, il s’agit d’une projection basée sur une autre projection qui mélange des données et des hypothèses provenant de différentes périodes, et qui s’appuie sur un certain nombre d’hypothèses non étayées pour aboutir à un résultat qui ne correspond ni aux données de terrain existantes, ni aux estimations plausibles du nombre de morts non comptabilisés à Gaza », a expliqué l’analyste.