Un groupe kurde allemand accuse le président syrien de crimes de guerre et de génocide

« Al-Jolani est responsable du génocide des Yézidis kurdes en 2014 et des actes de violence systématiques et continus perpétrés contre les minorités en Syrie et en Irak », a déclaré Mehmet Tanriverdi

Le chef du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), Abu Mohammed al-Jolani, constatant les dégâts causés par un tremblement de terre dans le village de Besnaya, dans la province syrienne d'Idlib (nord-ouest) tenue par les rebelles, à la frontière avec la Turquie, le 7 février 2023. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

Un groupe kurde d’Allemagne a déposé plainte contre le président syrien Ahmad al-Chareh pour crimes de guerre, génocide et crimes contre l’humanité, ont confirmé lundi les procureurs allemands à l’AFP.

Le groupe Communauté kurde d’Allemagne (KGD) l’accuse de « génocide et des crimes de guerre les plus graves » dans une plainte déposée la semaine dernière auprès du parquet fédéral allemand.

« Al-Jolani est responsable du génocide des Yézidis kurdes en 2014 et des actes de violence systématiques et continus perpétrés contre les minorités en Syrie et en Irak », a déclaré Mehmet Tanriverdi, vice-président de la KGD, dans un communiqué.

Le président syrien – également connu sous son nom de guerre, Abu Mohammed al-Jolani, qui n’était autre que le chef du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l’ex branche d’Al-Qaïda en Syrie, qui a été le fer de lance du renversement du régime du dictateur Bachar al-Assad à la fin de l’année dernière.

Chareh n’a été retiré de la liste américaine des groupes terroristes qu’en juillet dernier.

Il est attendu lundi à la Maison Blanche pour y rencontrer le président américain, Donald Trump.

Le groupe kurde allemand dénonce la reconnaissance dont il bénéficie sur la scène internationale, notamment son invitation par le chancelier allemand, Friedrich Merz, à se rendre en Allemagne pour discuter de l’expulsion des citoyens syriens du pays.

Le KGD a déclaré avoir de « sérieuses inquiétudes » quant au fait que l’Allemagne autorise « un criminel de guerre présumé à rester dans le pays ».

« En vertu du principe de compétence universelle, l’Allemagne a la possibilité – et le devoir – de poursuivre ces auteurs, quel que soit le lieu où les crimes ont été commis », ajoute le communiqué.

Lundi, l’ambassade de Syrie à Berlin n’a pas immédiatement répondu à une demande de l’AFP concernant cette plainte.

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