Un habitant de Beer Sheva accusé d’espionnage pour le compte de l’Iran
Un jeune homme de 22 ans a divulgué des informations sur la base où il servait, mais la plupart de ses déclarations sont fausses, selon les procureurs ; il aurait caché une arme à Rishon Lezion à la demande d'un agent
Les procureurs ont entamé jeudi des poursuites à l’encontre d’un jeune homme de 22 ans originaire de Beer Sheva, soupçonné d’espionnage pour le compte de l’Iran alors qu’il effectuait son service militaire obligatoire.
Le suspect, Rafael Reuveni, aurait été en contact avec un agent des services secrets iraniens depuis le mois de septembre. Selon l’acte d’accusation, son supérieur hiérarchique l’aurait recruté pour filmer un parc situé près de son domicile, ainsi que pour photographier une gare routière et un centre commercial dans le sud du pays.
Reuveni a été arrêté par la police à la fin du mois d’octobre, sur la base de renseignements recueillis par le Shin Bet. Il a été inculpé par le tribunal de Beer Sheva pour avoir entretenu des contacts avec un agent étranger et transmis des renseignements à un ennemi.
Reuveni a également été accusé d’avoir fourni à son contact des informations en grande partie inventées sur la base militaire dans laquelle il servait, après que celui-ci l’a interrogé sur le personnel et les procédures d’urgence de la base.
Si le prévenu a dit la vérité à son contact au sujet du travail spécifique qu’il effectuait à la base, il a toutefois refusé de lui fournir des preuves vidéo pour corroborer ses dires. C’est alors qu’une dispute a éclaté entre les deux hommes au sujet du paiement, ont déclaré les procureurs.
L’agent a ensuite demandé à Reuveni de lui transmettre des informations sur les autres soldats de la base moyennant 50 shekels par personne. L’accusé lui a alors envoyé une fausse liste de 16 contacts, dont aucun ne servait comme soldat à la base.
Outre la transmission de renseignements à son contact, Reuveni a également été enrôlé pour accomplir différentes missions. L’agent l’a notamment envoyé dans un supermarché pour acheter un paquet de cigarettes, qu’il lui a ensuite demandé de vider, puis de cacher dans un parc un billet de 20 shekels et un mot disant : « Va en Jordanie ».
Reuveni aurait aussi été envoyé à Rishon Lezion afin de vérifier si une arme qui avait été cachée à un endroit précis — vraisemblablement par un autre agent israélien recruté par l’Iran — était réelle ou factice. S’il a refusé de remettre l’arme à une autre personne, il a en revanche accepté de la cacher dans un buisson voisin moyennant une rémunération de 2 000 shekels.
Reuveni, au total, a reçu environ 2 700 dollars de l’agent iranien. Une somme qui a été transférée sur son portefeuille numérique, ont indiqué les procureurs. Le bureau de la procureure générale a requis le placement de l’homme en détention jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.
Reuveni fait partie des dizaines de ressortissants israéliens arrêtés et accusés d’espionnage pour le compte de la république islamique ces deux dernières années, alors que les affaires se multiplient dans lesquelles des agents iraniens ont promis de l’argent à des personnes en échange de leurs services en tant qu’espions.
Parmi le nombre croissant d’espions présumés inculpés par les autorités, la plupart sont des civils ordinaires contactés en ligne par des agents des services de renseignement iraniens. La majorité des accusés commencent par accomplir des tâches anodines, qui se transforment progressivement en infractions plus graves, notamment la collecte de renseignements et les complots en vue d’assassinat.
Ces initiatives semblent s’inscrire dans le cadre d’un programme de recrutement massif mené par Téhéran afin de recueillir des renseignements sur les sites nucléaires et militaires présumés d’Israël, ainsi que sur des personnalités israéliennes clés incluant des responsables de la défense et des scientifiques de haut niveau.
La hausse du nombre d’agents iraniens présumés a incité Israël à leur consacrer une nouvelle aile dans la prison Damon de Haïfa, où, selon leurs avocats, ils sont soumis à des conditions particulièrement difficiles. Si des dizaines d’entre eux ont été arrêtés et inculpés, seuls quelques-uns ont en revanche été condamnés, les affaires suivant actuellement leur cours dans le système judiciaire.
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