Un journaliste de l’AFP raconte comment il a photographié l’attaque en Cisjordanie

Journaliste aguerri basé à Hébron, Hazem Bader avait prévu d'aller couvrir vendredi matin une récolte d'olives dans la région

L’un des deux terroristes palestiniens échangeant des tirs avec des soldats israéliens après une attaque à un poste de contrôle près de Hébron, en Cisjordanie, le 23 octobre 2026. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Un photographe de l’AFP s’est retrouvé vendredi témoin d’une attaque terroriste contre des soldats israéliens en Cisjordanie, où il était parti faire un reportage. Il a pu prendre des photos alors que des tirs fusaient autour de lui.

Deux soldats israéliens ont été tués dans cette attaque qui s’est déroulée à Hébron, et trois autres ont été légèrement blessés, selon l’armée israélienne. Les deux terroristes ont été tués.

Journaliste aguerri basé à Hébron, Hazem Bader avait prévu d’aller couvrir vendredi matin une récolte d’olives dans la région, les Palestiniens y étant régulièrement attaqués par des extrémistes juifs depuis le début de la saison.

Parti de chez lui, Bader devait retrouver vers 08H30 (05H30 GMT) des militants pacifistes devant un hôtel de Beit Jala (près de Bethléem). Ces militants avaient prévu d’accompagner les Palestiniens sur leurs terres pour tenter de les protéger d’éventuelles violences de résidents d’implantation.

Le photographe se trouvait à environ 300 mètres du checkpoint où s’est déroulé l’attentat quand il a vu des gens s’éloigner en courant, en évoquant une fusillade.

« J’ai continué à conduire, j’ai trouvé un endroit à l’abri. J’ai mis mon gilet pare-balles et mon casque et me suis caché derrière ma voiture, que j’avais garée derrière deux gros camions pour plus de protection », explique Bader.

AVERTISSEMENT DE LA RÉDACTION : Ces images peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs. Montage de photographies montrant des terroristes palestiniens armés attaquant les troupes israéliennes au poste de contrôle nord de Hébron, en Cisjordanie, le 23 octobre 2026. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Il sort son appareil et commence à photographier la fusillade.

« Au bout de deux ou trois minutes, j’ai vu les tireurs tomber au sol, sans savoir dans l’immédiat s’ils étaient morts ou blessés », dit-il.

Sur ses photos, on voit les terroristes arme au poing pendant la fusillade, puis leurs corps sans vie au sol, devant des soldats israéliens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis une opération d’ampleur en réponse à cette attaque terroriste, qui survient à quelques jours des élections législatives de mardi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une déclaration vidéo depuis Hébron, en Cisjordanie, le 23 octobre 2026 (Crédit : Capture d’écran/Bureau de la presse gouvernementale)

Quand les photos de l’AFP ont commencé à être largement reprises, des médias israéliens, citant des sources anonymes, ont affirmé que Tsahal enquêtait pour savoir si le photographe avait été informé à l’avance de l’attaque.

L’armée a démenti auprès de l’AFP ces allégations, assurant qu’il n’y avait pas d’investigations en cours.

Le Jerusalem Post, citant des sources policières, a également affirmé que le photographe de l’AFP n’était soupçonné de rien. Contactée par l’AFP, la police n’avait pas répondu dans l’immédiat.

L’association de la presse étrangère en Israël et dans les Territoires palestiniens (FPA), s’est dite « profondément alarmée » par les fausses rumeurs ayant circulé au sujet de Bader.

Bader est « un professionnel de longue date qui, alors qu’il était en route pour une autre mission, a documenté courageusement ce qu’il a vu, de façon professionnelle », a-t-elle dit dans un communiqué.

« Suggérer le contraire est infondé, incendiaire et met en danger les journalistes dont le métier consiste à tenir le monde informé. »

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