Un officier à la Knesset : « Beaucoup de gens » sont inscrits en yeshivot, sans étudier
Le général de brigade Shay Tayeb, à la tête de la division de la Planification et de la gestion du personnel, s'est exprimé durant une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense
S’adressant aux membres de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le général de brigade Shay Tayeb, à la tête de la division de la Planification et de la gestion du personnel au sein de l’Administration des ressources humaines de Tsahal, a indiqué qu’il y avait « beaucoup de gens » qui, s’ils sont inscrits dans une yeshiva, « ne font pas d’études, nous le savons ».
Au cours d’une discussion qui était consacrée à une clause du projet de loi, avancé par le gouvernement, qui cherche à réglementer la conscription des étudiants en séminaire religieux, Tayeb a approuvé une proposition soumise en commission qui précise que ceux qui bénéficient d’un report du service militaire pour cause d’études en yeshiva devront fournir un certificat qui attestera de leurs études, un document « qui devra être signé par le directeur de la yeshiva et par un juriste ». Il a expliqué que « le cas échéant, les gens vont continuer à se présenter avec des documents dont l’authenticité est complètement indéterminée ».
« De cette façon, non seulement les gens devront faire face aux conséquences de leurs actes, mais également la personne qui aura apposé sa signature », a-t-il ajouté.
Au moins 22 % des étudiants ultra-orthodoxes en yeshiva, âgés de moins de 26 ans, sont employés au noir, avait révélé une étude réalisée en 2024 par l’Institut israélien pour la démocratie (IDI) – ce qui semble contredire l’argument avancé par les membres de la communauté, qui assurent que les jeunes haredim ne peuvent pas s’engager dans l’armée en raison de leur immersion totale dans l’étude de la Torah.
La conseillère juridique de la commission a écrit, dans la soirée de samedi, aux députés pour s’opposer à une clause de la législation qui stipule que le ministre de la Défense aura le droit de retirer une institution spécifique de la liste des séminaires religieux dont les étudiants auront le droit de bénéficier d’un report de la conscription si 20 % ou plus des inscrits ne se présentent pas à l’enregistrement et à l’examen médical au bureau de recrutement de l’armée israélienne, comme l’exige la loi.
Elle a écrit qu’une telle disposition ne devait pas être inscrite dans la loi « dans la mesure où tous sont tenus de se conformer aux dispositions de la Loi sur les services de sécurité, puisque tous les étudiants doivent se conformer aux dispositions de la loi et que la yeshiva doit s’en assurer ».
Elle a également affirmé, comme Tayeb, que les personnes bénéficiant d’un report devaient être tenues d’apporter la preuve de leur statut – une preuve qui pourrait être délivrée par le doyen de leur yeshiva, qui connaît bien leur niveau d’études.
Toutefois, un représentant du ministère de la Défense a déclaré, au cours de la réunion de dimanche, que le ministère « ne supervise pas les séminaires religieux. Dans ce domaine, nous nous en remettons au ministère de l’Éducation. Le seuil de 20 % a été habituel jusqu’à aujourd’hui, et nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de le rendre plus strict ».