Un porte-parole d’E. Philippe relaxé après avoir qualifié un élu LFI « d’antisémite et factieux »

Maël de Calan a promis de continuer 'ce combat pour dénoncer la dérive de ce parti antisémite et violent' ainsi que 'toutes celles et ceux qui, à l'extrême droite comme à l'extrême gauche, contribuent à brutaliser le débat public'

Maël de Calan, membre du parti Les Républicains (LR), s'exprime devant la presse le 25 janvier 2018 à Paris. Maël de Calan et Florence Portelli, tous deux candidats battus aux élections présidentielles des Républicains (LR), demandent à l'actuel chef de file du parti Laurent Wauquiez de "reconsidérer (sa) position" en leur accordant "une représentation proportionnelle" à l'issue des élections du parti de décembre dernier. (Photo CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Le président du conseil départemental du Finistère et porte-parole d’Edouard Philippe, Maël de Calan, a été relaxé jeudi par le tribunal correctionnel de Brest où il était poursuivi pour avoir qualifié un député LFI « d’antisémite et factieux ».

La phrase incriminée, prononcée en décembre 2024 sur la chaîne locale Tébéo et visant le député LFI de Brest Pierre-Yves Cadalen, « aurait pu être envisagée comme constitutive d’une injure » mais « ne saurait être analysée comme une diffamation », a estimé le président du tribunal, Xavier Jublin.

Considérant que les propos tenus par M. de Calan relevaient du « libre débat d’idées », le tribunal l’a relaxé des faits poursuivis mais l’a débouté de ses demandes de dommages et intérêts pour procédure abusive.

« C’est une victoire pour la liberté d’expression », s’est félicité M. de Calan à l’issue de l’audience.

« Le tribunal m’a relaxé parce que ces propos s’inscrivent dans le libre débat public et (…) sont corroborés par plus d’une centaine de propos, de faits qui démontrent la nature violente et antisémite de ce mouvement », a-t-il estimé.

M. de Calan a promis de continuer « ce combat pour dénoncer la dérive de ce parti antisémite et violent » ainsi que « toutes celles et ceux qui, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche, contribuent à brutaliser le débat public ».

Son avocat Richard Malka a lui estimé dans un communiqué que cette décision consacrait « la légitimité du débat sur l’antisémitisme de chacun des représentants de ce parti, et non plus seulement du parti lui-même ».

L’an dernier, Me Malka avait défendu le philosophe Raphaël Enthoven, qui avait qualifié le mouvement mélenchoniste de « passionnément antisémite », propos pour lesquels il avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris.

M. Cadalen a annoncé qu’il envisageait un appel. « Traiter tout le monde de factieux (…) ce sont des réflexes de régime autoritaire », a réagi le député insoumis, qui a par ailleurs jugé « irresponsable (…) d’instrumentaliser la lutte contre l’antisémitisme » en « traitant tout le monde d’antisémite ».

Son avocat Raphaël Kempf a souligné que cette relaxe était due aux « subtilités procédurales de la loi sur la presse et à la question de la frontière entre l’injure et la diffamation ».

« Ce que nous dit le président du tribunal, c’est que (…) venir dire que Pierre-Yves Cadalen est antisémite (était) injurieux », a-t-il analysé, ajoutant que Maël de Calan avait été incapable « d’apporter le moindre début de preuve » de l’antisémitisme supposé du député.

read more: