Un professeur de Pennsylvanie poursuivi pour publication en ligne de menaces antisémites anonymes

Guangtian Ha, de l'université de Haverford, aurait menacé la victime et sa famille avec un langage d'extrême droite

Des manifestants anti-israéliens à New York, le 5 mai 2026. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Un professeur de religion de l’université de Haverford, en Pennsylvanie, a été inculpé pour harcèlement et intimidation antisémites devant un tribunal fédéral américain, ainsi que rapporté dans l’acte d’accusation qui a été rendu public mardi.

Guangtian Ha devra répondre d’un chef de cyberharcèlement, un délit fédéral passible d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement.

Ha aurait utilisé des comptes anonymes sur le réseau social X pour menacer sa victime entre octobre 2025 et mai 2026, et aurait eu recours à des réseaux privés virtuels (VPN) pour dissimuler son activité en ligne.

Il a ainsi envoyé une cinquantaine de messages à la victime via au moins quatre comptes X, peut-on lire dans l’acte d’accusation.

Les noms d’utilisateur choisis par Ha sur X semblaient indiquer que les comptes ci-orrespondants étaient d’extrême droite. Parmi ces noms figuraient notamment « America1st33509 », « America1stLM » et « Im_GoyimDL ».

Certains des messages qu’il a envoyés à la victime comprenaient des propos tels que « Juif, fous le camp de mon pays » et « Si les Juifs sont si spéciaux, alors ils devraient aussi être placés dans des camps spéciaux ».

« Les Juifs vont en voir de toutes les couleurs, juif. Souviens-toi de ça. Vous, la racaille, vous avez eu la vie trop facile. Les goyim reprennent l’Amérique, démons assoiffés de sang », a-t-il aussi écrit.

« Dégage de mon pays, juif. Retourne dans ton pays de juifs. Ne nous oblige pas à te mettre dehors. Lower Merion sera purifié de la vermine juive », dit un autre message. Lower Merion est le nom du quartier dans lequel se trouve l’université.

L’université de Haverfor, à Haverford, en Pennsylvanie, le 22 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

Dans d’autres messages, Ha menaçait le fils de la victime, et insultait son épouse.

L’acte d’accusation ne mentionne pas le nom de la victime.

Ha a répondu à l’une des publications de la victime sur X en partageant une photo de la boîte aux lettres de celle-ci, sur laquelle figuraient le numéro de sa maison et un emoji représentant des yeux, selon l’acte d’accusation.

En réponse, la victime et sa famille ont mis en place des mesures de sécurité, notamment en masquant son adresse dans les messages publics de Ha.

Ha aurait réagi en déclarant : « Les goyim se sont réveillés, Juif. Cours. Fuis. Pars. Flouter ton domicile sur Google Maps et installer une caméra de sécurité près de ta boîte aux lettres ne servira à rien. »

Dans d’autres messages, Ha a qualifié les Juifs de « démons suceurs de sang » et de « cafards », a exprimé son soutien à Adolf Hitler et à une autre Shoah, a annoncé qu’Israël allait cesser d’exister et que « les Juifs redeviendraient des chiens errants », avant d’ajouter : « La fin des Juifs américains est proche. »

En mai, Ha aurait publié à plusieurs reprises l’adresse du domicile de la victime, en lui disant de « faire attention ».

Les documents judiciaires ne font pas encore état d’un avocat pour Ha.

Wendy Raymond, présidente de l’université de Haverford, témoigne devant la commission de l’Éducation et de l’Emploi de la Chambre des représentants lors d’une audition consacrée à l’antisémitisme sur les campus américains, au Capitole à Washington, le 7 mai 2025. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

L’acte d’accusation ne précisait pas si Ha occupait un poste au sein de l’université, mais la présidente de Haverford, Wendy Raymond, a déclaré mardi dans un communiqué qu’il avait été arrêté et inculpé pour harcèlement et intimidation.

« Je suis profondément bouleversée par ces accusations, et je tiens à affirmer sans aucune équivoque que toute forme de harcèlement ou de discrimination fondée sur l’identité est inacceptable, contraire à nos valeurs, et n’a pas sa place à Haverford », a affirmé Raymond.

Raymond a fait savoir que Ha était en congé sabbatique et qu’il n’enseignait pas cette année. Il a par ailleurs été mis en congé administratif et s’est vu interdire l’accès au campus.

Des étudiants juifs ont déclaré, dans le cadre d’un procès intenté contre l’université l’année dernière, que Ha les avait attaqués dans des messages publiés en ligne depuis ses comptes publics.

Certaines des publications de Ha citées dans la plainte des étudiants disaient : « La seule façon de traiter avec les sionistes est d’arrêter de leur parler », « Quiconque dit ‘Et le Hamas, alors ?’ peut aller se faire f*** », et « Le sionisme est fondamentalement une idéologie raciste moderne, qui n’a pratiquement rien à voir avec le judaïsme en tant que religion ancienne ».

« L’État d’Israël doit être démantelé et la société dénazifiée. Embargo sur les armes, sanctions, boycott, attaquons le sionisme sur tous les fronts. Le sionisme, c’est le nazisme, c’est le fascisme. Les sionistes sont des racistes », a écrit Ha.

Ha enseignait la religion en tant que maître de conférences. Les responsables de l’université avaient été informés de ces publications en septembre 2024, mais n’avaient pris aucune mesure connue, est-il indiqué dans la plainte.

Haverford a conclu un accord à l’amiable avec le groupe juif en août, a fait savoir Raymond dans un communiqué publié à l’époque.

Les détails de cet accord n’ont pas été rendus publics.

Ha, qui était membre de Faculty for Justice in Palestine, avait co-rédigé en 2024 une chronique dans le journal étudiant de Haverford dans laquelle il défendait la « communauté juive anti-sioniste », qualifiant Israël de « projet génocidaire et colonialiste » et condamnant « les dommages réels que l’État d’Israël cause à l’ensemble du monde juif » ainsi que les « chasses aux sorcières sionistes ».

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