Un rapport dénonce des manuels scolaires jordaniens antisémites et justifiant le 7 octobre

L’étude révèle une contradiction flagrante entre des messages de tolérance religieuse promus dans certains cours, et des contenus haineux dans d’autres

Des enfants palestiniens devant l'école de l'Office de secours et de travaux pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) de l'ONU dans le camp de réfugiés de Baqaa, à proximité d'Amman, le 2 septembre 2018. (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD ABDO)

L’ONG israélienne IMPACT-se, spécialisée dans l’analyse des contenus éducatifs à l’aune des standards de l’UNESCO, a publié en mai un rapport alarmant sur les manuels scolaires jordaniens utilisés en 2023-2025.

L’étude, fondée sur l’analyse de 294 manuels officiels, dénonce une contradiction flagrante entre des messages de tolérance religieuse promus dans certains cours et des contenus antisémites, anti-Israël, homophobes et favorables au djihad violent dans d’autres.

Selon le rapport, un manuel d’éducation civique de Seconde justifie les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, qualifiant la destruction de localités israéliennes d’acte de « résistance légitime » contre « l’occupation ». Une rhétorique inacceptable, réagit IMPACT-se, qui rappelle qu’il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre des Juifs depuis la Shoah.

Des manuels d’éducation islamique contiennent des stéréotypes antisémites anciens, accusant les Juifs de « trahison naturelle » ou de « contrôle de l’économie » à Médine. La Shoah est aussi totalement absente des cours d’histoire, rapporte l’ONG. En outre, le djihad violent et le martyre sont glorifiés dans plusieurs livres. L’un enseigne que fuir le combat contre « les infidèles combattants » expose à la « colère divine », tandis qu’un autre célèbre la « mort qui fait enrager l’ennemi ».

Israël est systématiquement exclu des cartes et qualifié d’ »État d’occupation ». Le traité de paix de 1994 avec la Jordanie est à peine évoqué dans les livres, présenté comme une concession forcée. Des manuels dépeignent le sionisme comme une « idéologie raciste et coloniale » et recyclent des théories du complot, accusant Israël de l’incendie de la mosquée Al-Aqsa en 1969 – alors que le responsable était un extrémiste chrétien australien.

Si les manuels promeuvent l’harmonie islamo-chrétienne et l’égalité hommes-femmes dans certains chapitres, d’autres passages condamnent fermement l’homosexualité, qualifiée de « menace pour l’humanité ». Ces ajouts, absents des éditions précédentes, marquent une régression notable, selon IMPACT-se.

Pour Marcus Sheff, directeur général de l’organisation, ces manuels sont en total décalage avec le rôle de médiateur régional de la Jordanie et les valeurs de modération qu’elle revendique : « Voir le 7 octobre présenté comme légitime et l’antisémitisme banalisé est profondément inquiétant pour un partenaire de paix d’Israël. »

Le rapport complet est disponible sur le site de l’ONG.

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