Un rarissime vase de plus de 2 000 ans, lié au droit juif, exposé à l’occasion de l’anniversaire de la Knesset

L'artefact fait partie d'une exposition archéologique consacrée au pouvoir juif de l'Antiquité à l'ère parlementaire moderne en Israël

Une rarissime jarre en pierre vieux de 2 000 ans, récemment découvert en Galilée, est pour la première fois visible dans le cadre de l’exposition « De la Grande Assemblée à la Knesset », dans les locaux de la Knesset à Jérusalem, à l’occasion du 60e anniversaire des lieux, a annoncé lundi l’Autorité israélienne des antiquités par voie de communiqué.

Selon les spécialistes de la question, cette jarre en forme de tonneau au col largement ouvert est un « kalal », récipient très usité à l’époque romaine ancienne et mentionné par des sources juives. Les Juifs de l’époque avaient une préférence pour les vases en pierre, et non la poterie ordinaire, car ils n’étaient pas susceptibles d’abriter des impuretés rituelles, aux yeux de la loi juive.

La jarre — exceptionnellement grande, de près de 80 centimètres de haut pour 50 centimètres de large — a été découverte à Pundaka de Lavi, en Basse-Galilée, lors d’une fouille de l’Autorité israélienne des antiquités et du Keren Kayemeth LeIsrael–Jewish National Fund (KKL-JNF).

« Cette découverte est le signe d’un haut degré d’observance halakhique et de l’existence d’un mode de vie juif cohérent et bien établi et la preuve que la Galilée était effectivement un lieu de vie dynamique du temps de la Michna et du Talmud – et un lieu dans lequel le pouvoir du peuple juif s’est développé et a bien fonctionné », explique la Dre Einat Ambar-Armon, directrice du Centre Éducatif Communautaire de la Région Nord de l’Autorité israélienne des antiquités en évoquant les textes fondateurs du judaïsme rabbinique.

L’exposition entend expliquer les modèles de pouvoir communautaire juif de l’époque biblique à la Knesset que nous connaissons.

La Grande Assemblée, connue en hébreu sous le nom de Knesset HaGdola, était, selon la tradition juive, composée de 120 sages et prophètes, active après le retour du peuple sur la terre d’Israël suite à l’exil babylonien de la seconde moitié du VIe siècle avant notre ère.

On sait peu de choses sur la vie juive des siècles suivants, sauf que des événements majeurs y ont eu lieu, à commencer par la codification du canon biblique. La Knesset moderne tire son nom et son nombre de membres de cet illustre prédécesseur.

« Les découvertes archéologiques présentées dans le cadre de cette exposition donnent une idée du rôle des institutions dirigeantes juives au fil du temps et du lien entre l’histoire juive et la Knesset — la Chambre des représentants de l’État d’Israël », ajoutent les conservateurs de l’exposition de l’Autorité israélienne des antiquités, Adi Ziv-Esudri, Alegre Savariego, Navit Popovich-Geller et Deborah Ben-Ami, selon le communiqué.

Un très rare vase en pierre vieux de 2 000 ans, découvert en Galilée, est exposé pour la première fois dans le cadre de l’exposition « De la grande assemblée à la Knesset » à la Knesset de Jérusalem à l’occasion du 60e anniversaire des lieux, en février 2026. (Emil Aladjem/Autorité israélienne des antiquités)

Parmi les artefacts exposés, on trouvera deux fragments d’une inscription (l’original et sa réplique) découverts à Jérusalem à près d’un siècle d’intervalle. La partie inférieure, dont l’original se trouve au musée du Louvre à Paris, a été découverte par l’archéologue français Louis Félicien De Soucy au sud du Mont du Temple, est revêtue du mot « prison » ou « emprisonné » ; la partie supérieure, découverte dans les années 1960 par le fameux archéologue israélien Benjamin Mazar, porte les dernières lettres des mots « anciens », suggérant que l’inscription faisait référence aux pouvoirs légaux des membres du Sanhédrin, organe judiciaire et législatif actif à la période du Second Temple (586 avant notre ère à 70 de notre ère).

L’exposition présente par ailleurs des pièces et de la poterie de Galilée datant de la période suivant la destruction du Second Temple par les Romains, en 70 de notre ère, ainsi qu’une porte en basalte vieille de 1 800 ans ornée d’une menorah à sept branches provenant de Tibériade.

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