Un responsable de la FAO dit avoir perdu son poste pour ses critiques d’Israël à Gaza

Ben Davis affirme avoir été sanctionné pour des 'manifestations silencieuses' ; selon un média, une vidéo filmée par un diplomate israélien aurait précipité son éviction

Capture d’écran d’une vidéo de Ben Davis, directeur à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en 2026. (Crédit : The Italian Insider/utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

ROME, Italie – Un haut responsable de l’agence des Nations unies (ONU) chargée de l’agriculture a déclaré mercredi avoir perdu son poste pour avoir critiqué les politiques israéliennes à Gaza, alors que le directeur général de l’organisme condamnait les membres du personnel qui « jouent au jeu des droits de l’Homme ».

Ben Davis, directeur à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a déclaré à l’AFP qu’il avait été informé en juillet que son contrat ne serait pas renouvelé après 26 ans de service, au motif qu’il aurait enfreint les règles d’impartialité de l’organisation.

« Ils m’ont accusé d’avoir organisé ces moments de silence sur la situation de famine à Gaza », a-t-il déclaré, faisant référence aux manifestations silencieuses hebdomadaires organisées par certains employés de l’organisation basée à Rome.

Un article publié lundi par le site Italian Insider citait des sources au sein de la FAO selon lesquelles un diplomate de l’ambassade d’Israël à Rome aurait filmé la manifestation silencieuse hebdomadaire, ce qui aurait conduit à l’éviction de Davis.

Davis a également été critiqué pour un rapport sur lequel il avait travaillé, consacré à la précarité alimentaire à Gaza et au droit international humanitaire, publié en mai.

« On nous a demandé de le retirer », a-t-il déclaré. « Nous n’avions pas le droit de faire la moindre référence au droit humanitaire. »

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a adressé mardi un avertissement au personnel de l’organisation, déclarant que « nous ne vous autorisons pas à jouer ici au jeu des droits de l’Homme ».

Il s’exprimait au début d’une session filmée consacrée à la sylviculture.

« Bien sûr, les droits de l’Homme sont très importants, mais nous avons l’agence des droits de l’Homme à Genève », a-t-il ajouté. « Si vous voulez vous occuper de ces questions, allez à Genève. »

« C’est précisément ce type de comportement politique de la part de certains hauts responsables que je sanctionne. Le personnel doit respecter la constitution de la FAO et son statut. Je suis pourtant quelqu’un de très indulgent et je n’ai licencié que peu de personnes », a-t-il déclaré.

« J’en licencierai davantage de personnes si elles enfreignent la loi », a-t-il affirmé.

La FAO n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, prononce son discours lors de la cérémonie mondiale de la Journée mondiale de l’alimentation à Rome, le 16 octobre 2025. (Crédit : Gregorio Borgia/AP)

Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait que les propos du directeur général le concernaient, Davis a répondu « absolument ».

« Il m’a déjà réprimandé en public par le passé en m’accusant d’être trop politisé. »

Davis s’est également dit « préoccupé » par les propos du directeur général concernant de nouveaux licenciements.

Des centaines de personnes participaient à ces moments de silence lorsqu’ils mobilisaient le plus de monde ; elles ne sont plus aujourd’hui que 30 à 40 à y prendre part chaque semaine, a-t-il précisé.

La guerre de Gaza a débuté le 7 octobre 2023, avec le pogrom perpétré dans le sud d’Israël par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a fait plus de 1 200 morts, pour la plupart des civils.

Au cours de la guerre, Israël a à plusieurs reprises restreint, voire complètement interrompu, l’acheminement de l’aide à la population de Gaza, durement éprouvée par le conflit, provoquant ce que plusieurs organisations humanitaires ont qualifié de conditions de famine dans la bande de Gaza.

À la suite du cessez-le-feu d’octobre 2025, Israël a repris l’acheminement d’une aide humanitaire plus importante, autorisant chaque jour l’entrée de centaines de camions dans la bande de Gaza, conformément aux termes de l’accord.

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