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Un rôle plus important pour Tony Blair alors que le Conseil de paix peine à faire avancer son plan pour Gaza

L'ancien Premier ministre britannique assumera un rôle plus directif au sein de cette instance dirigée par les États-Unis, tout en prenant en charge des responsabilités liées à l'aide humanitaire

Sir Tony Blair, ancien Premier ministre du Royaume-Uni et membre du Conseil exécutif du Conseil de la Paix pour Gaza, s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Moyen-Orient à New York, le 28 avril 2026. (Crédit: Lev Radin/ZUMA Press Wire)

ABOU DHABI, Émirats arabes unis — L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair va assumer un rôle plus important au sein du Conseil de paix qui est chargé de superviser la gestion de l’après-guerre de Gaza, ont confié au Times of Israel, cette semaine, trois sources proches du dossier.

Blair n’avait pas été retenu pour endosser le costume d’envoyé spécial en chef de ce panel multinational, l’année dernière – quand les États-Unis avaient décidé de désigner Nickolay Mladenov, l’ancien envoyé des Nations unies, au poste de haut représentant du Conseil de paix pour Gaza suite aux pressions exercées par certains pays arabes, a dit un responsable américain, invoquant le malaise qui avait été suscité par le soutien actif qui avait été apporté par Blair à la guerre en Irak, qui avait débuté en 2003.

Mais Blair a noué de bonnes relations avec de nombreux acteurs régionaux et il s’est fortement impliqué tout au long de la guerre de Gaza – allant jusqu’à élaborer une proposition qui visait à établir une instance de transition, pour l’après-guerre, qui devait être chargée de gouverner l’enclave à la place du Hamas.

L’idée avait finalement été adoptée par l’administration Trump et elle a servi de précurseur au Conseil de paix que Washington a mis en place à la fin de l’année dernière.

L’élan créé par le lancement du Conseil de paix, au mois de septembre 2025, avait contribué à ouvrir la voie à un accord de cessez-le-feu, qui avait ouvert la porte à la libération des otages israéliens, dès le mois suivant, à un moment où Israël et le Hamas subissaient des pressions sans précédent de la part de la communauté internationale, qui les sommait de mettre un terme à leur guerre après plus de deux ans de conflit.

Mais depuis cette trêve initiale, les efforts qui ont visé à faire avancer les volets suivants du plan en 20 points que le président américain Donald Trump avait élaboré pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza — le Conseil de paix avait été créé pour promouvoir ce plan — sont largement restés au point mort.

Le plan Trump prévoit que le Hamas remettra ses armes et le contrôle de Gaza à un nouveau gouvernement formé par des technocrates palestiniens, tandis que des forces de sécurité internes et multinationales remplaceront progressivement Tsahal, sous l’égide du Conseil de paix.

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair (à gauche) assiste à la réunion inaugurale du Conseil de paix organisée par le président américain Donald Trump à l’Institut américain pour la paix à Washington, DC, le 19 février 2026. (Crédit: Saul Loeb/AFP)

Les négociations sur le désarmement du Hamas se prolongent depuis des mois sans véritable avancée – tandis qu’Israël a pris des mesures pour renforcer sa présence militaire à Gaza où la population, qui compte environ deux millions d’habitants, est confinée dans des conditions de vie déplorables dans une zone contrôlée par le Hamas, une zone qui représente environ un tiers du territoire.

Les États-Unis estiment que l’adhésion du Hamas à un programme de désarmement par étapes, dont chaque phase sera vérifiée par des arbitres internationaux et qui prévoit des concessions mutuelles de la part d’Israël, est indispensable pour débloquer d’importants financements internationaux et des projets de construction au sein de l’enclave côtière.

Mais les médiateurs au Moyen-Orient estiment qu’à l’approche des élections en Israël, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a très peu de chances de prendre les mesures qui seraient nécessaires pour alléger son contrôle sur la bande – et ce même si le Hamas venait à accepter en premier lieu la proposition de désarmement du Conseil de paix, une perspective qui semble en soi peu probable. L’adhésion d’Israël au plan impliquerait d’autoriser l’entrée d’instances alternatives de gouvernance et de sécurité à Gaza, où une grande partie de la coalition de Netanyahu souhaite établir des implantations.

Et c’est dans ce contexte que Blair commencera à jouer un rôle plus important.

Il siège déjà au Conseil exécutif du Conseil de paix, ainsi qu’au Conseil exécutif de Gaza du Conseil de paix, qui se concentre spécifiquement sur la bande de Gaza. Toutefois, aucune de ces deux instances n’a réellement fonctionné depuis leur présentation par la Maison Blanche au mois de janvier, selon les trois sources proches du dossier.

De nombreux membres du Conseil exécutif de Gaza ont pris part au travail de médiation entre le Hamas et Israël ces derniers mois, mais le groupe n’a pas fonctionné comme une entité cohérente, ont indiqué les sources.

L’une des nouvelles missions de Blair consistera à aider à gérer le Conseil de paix et ses différents organes. Mladenov continuera d’exercer ses fonctions de haut représentant pour Gaza avec son propre bureau, ont précisé les sources.

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair rencontrant le vice-président de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Cheikh, à Ramallah, le 23 novembre 2025. (Crédit : Hussein al-Cheikh/Facebook)

Blair assumera également un rôle accru en ce qui concerne l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, ont déclaré deux des sources.

Il collabore déjà régulièrement avec l’Autorité palestinienne sur un processus de réforme, afin que cette dernière puisse à terme prendre le contrôle de Gaza et mener des négociations de paix avec Israël, comme le prévoit le plan en 20 points.

Blair poursuivra ses contacts avec l’Autorité palestinienne au fur et à mesure que ses attributions au sein du Conseil de paix s’étendront, ont déclaré les trois sources.

L’Institute for Global Change de Blair a également organisé des sessions de formation pour le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), le groupe technocratique censé remplacer le Hamas à Gaza. Le NCAG est toutefois bloqué au Caire depuis des mois, les progrès du Conseil de paix étant au point mort.

L’institut continuera à servir de ressource pour le Conseil de paix, a noté l’une des sources.

Aucune annonce publique concernant l’élargissement des activités de Blair n’est prévue, et son bureau a refusé tout commentaire à ce sujet.

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