Un site anonyme offre 100 000 dollars pour l’exécution d’universitaires israéliens
Le site offre aussi une récompense de 2 000 dollars pour le placement des pancartes devant les maisons des personnes désignées et de 20 000 dollars pour l'incendie de leurs véhicules
Un site web anonyme et ouvertement anti-Israël a été découvert vendredi, proposant jusqu’à 100 000 dollars pour l’exécution de chercheurs israéliens de haut rang accusés d’être complices de la guerre menée par Israël à Gaza.
Le site en anglais, intitulé The Punishment For Justice Movement, semblait avoir été supprimé plus tard dans l’après-midi, quelques heures après avoir attiré l’attention des médias.
Il appelait à l’exécution d’une liste d’universitaires israéliens présentés comme des « criminels » et des « collaborateurs de l’armée d’occupation », ainsi que comme des « fournisseurs d’armes de destruction massive à l’armée israélienne » prétendument « impliqués dans le meurtre d’enfants palestiniens ».
Parmi les dizaines de personnes désignées sur le site comme « cibles spéciales » figuraient Shikma Bressler, figure de proue du mouvement de contestation anti-gouvernementale et physicienne à l’Institut Weizmann des sciences, ainsi que Danny Chamovitz, président de l’université Ben-Gourion.
Outre les primes promises pour leur exécution, la plateforme offrait 1 000 dollars pour l’installation de pancartes devant les domiciles des personnes visées et 20 000 dollars pour l’incendie de leurs véhicules.
Le site affirmait que tous les universitaires visés avaient reçu, ces derniers mois, des avertissements leur enjoignant de « cesser leurs activités criminelles » et que, faute de s’y être conformés, ils avaient été « désignés comme cibles légitimes du mouvement ».
Des centaines d’autres universitaires ou étudiants israéliens figuraient également sur la liste, pour lesquels une récompense de 50 000 dollars était promise en cas de mise à mort.
La page appelait par ailleurs « tous les groupes militaires non officiels, groupes armés et combattants à rejoindre le mouvement pour affronter ces criminels et bénéficier des récompenses offertes pour la punition de ces victimes et de ces meurtriers », dans le but prétendu « de défendre les droits humains et d’aider les enfants opprimés de Gaza ».
Plusieurs des personnes inscrites sur la liste résident hors d’Israël, notamment aux États-Unis.
Quelques heures après la parution des premiers articles dans la presse israélienne, le site est devenu inaccessible, apparemment supprimé, sans qu’il soit possible de déterminer par qui.
Chamovitz, qui préside l’université Ben-Gourion depuis 2019 et figure explicitement parmi les personnes visées par cet appel au meurtre, s’est dit « avant tout préoccupé par la montée d’un discours extrémiste qui encourage la violence ».
Il a ajouté faire confiance aux services de sécurité, en Israël comme à l’étranger, pour « savoir comment traiter cet incident ».
Dans un communiqué, le Comité des universités de recherche, des universités de recherche, organe relevant du Conseil de l’enseignement supérieur, a dénoncé une « escalade dangereuse et effroyable ».
Le forum a estimé que cet épisode « s’inscrit dans la vague d’antisémitisme et de haine envers Israël provenant de l’étranger, créant un mélange toxique et potentiellement meurtrier qui pourrait entraîner des pertes humaines, Dieu nous en préserve ».
Selon Ynet, premier média à révéler l’affaire, la page était hébergée dans un pays occidental, probablement les États-Unis, et recourait à des réseaux privés virtuels (VPN) ainsi qu’à des systèmes de chiffrement pour masquer son origine.
Une source proche du dossier citée par Ynet a qualifié l’affaire de « montée très grave du niveau de menace visant les citoyens israéliens ».
« L’appel explicite à commettre des violences physiques et la promesse de rémunération en font une menace réelle nécessitant une attention immédiate », a-t-elle averti.
Le Mossad et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ont rapidement ouvert une enquête, selon le même média. Les autorités soupçonnent la République islamique d’Iran d’être derrière cette initiative.
Les universités israéliennes ont, de leur côté, envoyé des messages d’alerte à leurs enseignants-chercheurs, leur recommandant d’être vigilants, d’éviter de publier des détails sur leurs déplacements à l’étranger et de signaler tout élément suspect, rapporte Ynet.