Gaza: Des frappes israéliennes auraient fait des dizaines de morts ; un soldat grièvement blessé

L'armée a diffusé des images montrant des terroristes du Hamas ouvrant le feu depuis l'hôpital Shifa, alors que les forces israéliennes s'enfoncent plus profondément dans Gaza-City

Des soldats de l'armée israélienne en opération à Gaza-City, sur une photo publiée le 24 septembre 2025 (Crédit : Armée israélienne)

L’agence de défense civile de Gaza, placée sous le contrôle du Hamas, a rapporté que les forces israéliennes avaient tué des dizaines de personnes au sein de l’enclave dans la journée de mercredi, au moment où Tsahal poursuivait son offensive à Gaza-City, d’où des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir.

De son côté, Tsahal a fait savoir qu’un soldat de l’unité de reconnaissance de la brigade Givati avait été grièvement blessé par balle lors de combats, dans le nord de la bande de Gaza. Il a été transporté à l’hôpital pour y être soigné et sa famille a été informée.

Israël a lancé une offensive aérienne et terrestre de grande envergure à Gaza-City avec pour objectif d’éradiquer le Hamas après près de deux ans de guerre déclenchée par le pogrom qui avait été commis dans le sud d’Israël par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023.

À la fin du mois d’août, les Nations unies ont estimé qu’environ un million de personnes vivaient à Gaza-City et dans ses environs. L’ONU a affirmé qu’il y avait une famine, une déclaration qu’Israël a rejetée comme étant partiale et méthodologiquement erronée.

L’armée israélienne affirme, de son côté, qu’environ 640 000 personnes ont depuis fui la ville. Elles se sont déplacées vers le sud, tandis que l’agence de défense civile, dans sa dernière mise à jour datant d’une semaine, a estimé ce nombre à environ 450 000.

Le nombre de Palestiniens quittant la région a augmenté ces derniers jours, alors que l’armée israélienne progresse vers le cœur de la ville à Gaza-City.

Des soldats de l’armée israélienne en opération à Gaza-City sur une photo diffusée le 24 septembre 2025 (Crédit : Tsahal)

Thaer Saqr, 39 ans, a déclaré mercredi à l’AFP qu’il avait quitté le quartier de Sheikh Radwan à Gaza, la veille, pour se diriger vers le sud avec son épouse, ses enfants et sa sœur.

« Les chars sur la route côtière… ont ouvert le feu sur nous, et ma sœur a été tuée », a-t-il affirmé.

Saqr a indiqué qu’il était retourné à l’hôpital Shifa de Gaza-City et qu’il n’en partirait pas, même s’ils « nous tuent tous ».

« Je lance un appel au monde entier : aidez-nous. Je dis à Israël : vous voulez que nous évacuions, mais comment pouvons-nous le faire alors que nous n’avons ni shekels, ni moyen de transport, ni endroit où aller ? », a-t-il interrogé.

L’agence de défense civile a déclaré que « des centaines de familles » dormaient à même le sol depuis des jours après avoir fui le nord de Gaza, incapables de trouver un abri temporaire.

Mercredi, l’armée israélienne a révélé que des hommes armés du Hamas avaient ouvert le feu depuis l’enceinte de l’hôpital Shifa il y a plusieurs jours, partageant des images de l’incident.

« Cette utilisation d’une structure civile, en particulier d’un hôpital en activité, constitue une preuve supplémentaire du mode opératoire cynique et systématique de l’organisation terroriste du Hamas, qui transforme les infrastructures civiles en quartiers généraux terroristes », a dit l’armée.

« Ce faisant, le Hamas met sciemment en danger la vie des patients, du personnel médical et des habitants innocents de la bande de Gaza », a-t-elle ajouté.

L’armée israélienne a mené deux raids contre l’hôpital Shifa depuis le début de la guerre, au cours desquels les soldats ont tué des centaines de terroristes, dont des hauts commandants du Hamas et du Jihad islamique. Ils ont arrêté des centaines de suspects, découvert des tunnels et saisi de nombreuses armes.

Malgré des preuves accablantes, le Hamas a nié avoir mené des opérations depuis Shifa et d’autres établissements de santé.

« Une vision pitoyable »

La défense civile du Hamas a expliqué que les forces israéliennes avaient tué 40 personnes lors d’attaques menées mercredi dans toute la bande de Gaza, dont 22 lors de trois frappes aériennes sur un entrepôt abritant des personnes déplacées près du marché Firas.

Le porte-parole de l’agence, Mahmud Bassal, a noté que six femmes et neuf enfants figuraient parmi les morts.

Tsahal a expliqué que la frappe a visé deux membres du Hamas et que ses forces avaient tenté de réduire les dommages causés aux civils dans le secteur.

Les images de l’AFP après l’attaque ont montré une scène de dévastation, avec des Palestiniens fouillant de grands tas de décombres et de métal déformé, tandis que deux hommes emportaient un corps enveloppé dans des couvertures en lambeaux.

De la fumée s’élève de la ville de Gaza après une frappe aérienne israélienne, le 24 septembre 2025. (Crédit : Fathi Ibrahim/Flash90)

Après l’attaque, des femmes en pleurs se sont agenouillées près de leurs proches, serrant dans leurs bras leurs corps sans vie enveloppés dans des linceuls blancs.

Au moins six corps gisaient sur le sol, dont deux de la taille d’enfants.

Mohammed Hajjaj, qui a perdu des membres de sa famille, a dit à l’AFP que des « bombardements intensifs » avaient frappé le bâtiment pendant que les gens dormaient.

« Nous sommes arrivés et avons trouvé des enfants et des femmes déchiquetés. C’était un spectacle pitoyable ».

« La mort était proche »

Israël a lancé son offensive terrestre soutenue par les États-Unis sur Gaza-City au début du mois de septembre dans le but de s’emparer du centre urbain et d’écraser le Hamas.

L’armée a demandé aux Palestiniens de se déplacer vers une « zone humanitaire » dans la région côtière d’al-Mawasi, au sud, où, selon elle, des aides, des soins médicaux et des infrastructures humanitaires seront fournis. Israël avait mené plusieurs frappes dans le périmètre pendant la guerre qui avaient pris pour cible le Hamas, tuant notamment le commandant en chef de l’organisation terroriste et cerveau du pogrom du 7 octobre, Mohammed Deif, l’année dernière.

Mahmud al-Dreimly, 44 ans, a indiqué qu’il était parti avec sa famille, la veille, pour vivre dans une tente dans le quartier d’Al-Rimal, à Gaza.

« J’ai vu des chars tirer en l’air et parfois sur des gens », a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant : « J’ai senti que la mort était proche ».

Dreimly a confié avoir vu des chars dans les quartiers de Tel al-Hawa et Al-Sabra, ainsi qu’à la périphérie d’Al-Rimal.

De la fumée s’élève au-dessus de la ville de Gaza à la suite d’une frappe aérienne israélienne, tandis que des Palestiniens déplacés fuient le nord de Gaza en passant par Wadi Gaza, le 24 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Le lancement de l’offensive terrestre est intervenu alors qu’une enquête de l’ONU accuse Israël de commettre un « génocide » dans la bande de Gaza, une affirmation que Jérusalem a dénoncée comme « déformée et fausse ».

Depuis le pogrom commis par le groupe terroriste, le 7 octobre, le ministère de la Santé de Gaza, placé sous la direction du Hamas, affirme que plus de 65 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats dans la bande de Gaza- même si ce bilan ne peut être vérifié et qu’il ne fait aucune distinction entre civils et hommes armés. Au mois d’août, de son côté, Israël a annoncé avoir tué plus de 22 000 terroristes au combat, en plus de 1 600 autres terroristes à l’intérieur d’Israël lors du pogrom du 7 octobre.

Israël a expliqué chercher à minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains, lançant des attaques depuis des zones civiles, notamment depuis des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Le bilan israélien de l’offensive terrestre contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 470 morts. Ce bilan comprend deux policiers et trois contractuels civils du ministère de la Défense.

Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.

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