Un soldat en permission suspendu pour avoir tiré sur des Palestiniens en Cisjordanie ; il invoque des jets de pierres
L’incident, survenu après des affrontements entre villageois et résidents d’implantation, fait l’objet d’une enquête
Un soldat qui n’était pas en service a été suspendu pour avoir ouvert le feu sur des Palestiniens suite à des jets de pierres dont il aurait été la cible samedi en Cisjordanie, a annoncé dimanche l’armée.
Tsahal a indiqué que des soldats avaient été dépêchés à plusieurs reprises samedi dans le village d’al-Mughayyir, à la suite de signalements d’affrontements entre des résidents d’implantation qui s’étaient introduits dans le village et des villageois palestiniens.
Ces affrontements ont donné lieu à des jets de pierres et à la mise en place de barricades de pierres sur les routes, selon l’armée, qui n’a pas précisé quelle partie était responsable de ces actions.
Les soldats « sont intervenus pour mettre fin à l’affrontement et lever les barrages routiers », a déclaré Tsahal, ajoutant qu’ils avaient également été la cible de jets de pierres au cours de l’incident.
Plus tard, l’armée a indiqué avoir reçu le signalement d’un soldat en permission qui a affirmé que des Palestiniens lui avaient lancé des pierres à la périphérie d’al-Mughayyir. Le soldat hors service a tiré sur les Palestiniens alors qu’aucun autre soldat ne se trouvait dans la zone, a précisé Tsahal, ajoutant ne pas avoir connaissance de blessés à la suite de ces tirs.
Le soldat a ensuite été interpellé par des agents de police et emmené pour être interrogé au sujet de ces coups de feu. L’armée a ajouté que le soldat avait été suspendu de ses fonctions jusqu’à ce que l’incident fasse l’objet d’une enquête.
לפני זמן קצר: במהלך חיכוך בין פלסטינים למתנחלים, עימותים בין מתיישבים ליד פקועה (מרחב ג'נין) במהלך האירוע, למקום הגיעו חיילים וירו ברגל של אחד הפלסטינים. לפני כן החיילים ירו באוויר. תיעוד הירי ברגל pic.twitter.com/m3G8I5yTuh
— Yossi Eli (@Yossi_eli) September 12, 2026
Lors d’un autre incident survenu samedi, Tsahal a indiqué enquêter sur un soldat qui avait tiré dans la jambe d’un Palestinien dans le nord de la Cisjordanie, au cours d’une altercation avec des résidents d’implantation, en violation apparente du protocole de l’armée.
L’homme blessé a été pris en charge par le Croissant-Rouge palestinien pour y être soigné. Son état de santé n’a pas été communiqué.
Des images ont montré que l’homme avait été touché alors qu’il ne jetait pas de pierres et ne représentait aucune menace apparente pour les soldats.
Des troupes ont été dépêchées à la périphérie du village palestinien de Faqoua, près de Jénine, à la suite de signalements faisant état d’une confrontation entre des Palestiniens et des résidents d’implantation.
Les résidents de l’avant-poste agricole de Zayit Bagilboa, récemment établi, avaient emmené leur bétail à paître sur des terres de la région.
L’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne (AP), WAFA, a déclaré que ces terres appartenaient à Faqoua, tandis que la radio de l’armée, Galei Tsahal, a indiqué qu’elles avaient été déclarées partie intégrante de l’avant-poste agricole lors de sa création au début de l’été.
Des images ont montré au moins trois résidents de l’avant-poste, dont l’un était armé, se tenant aux côtés des soldats au moment où l’homme a été touché par balle.
Les soldats ont continué à tirer des coups de semonce même alors que les Palestiniens emportaient le blessé.
En réponse à une question, l’armée a répondu qu’après que les Palestiniens auraient lancé des pierres sur les résidents de l’avant-poste au cours de l’incident, les soldats arrivés sur les lieux « ont tiré des coups de semonce et sur un Palestinien ».
« L’incident fait l’objet d’une enquête menée par les commandants, et ses conclusions seront transmises pour examen aux autorités compétentes », a ajouté Tsahal.
Ces derniers mois, les Palestiniens ont été victimes d’attaques et de harcèlement quasi quotidiens de la part de résidents d’implantation. L’affrontement de samedi s’est produit non seulement pendant Shabbat, mais aussi à l’occasion de Rosh HaShana, l’un des jours les plus sacrés de l’année.
Les avant-postes agricoles sont considérés comme illégaux au regard de la loi israélienne, car ils sont établis sans tous les permis nécessaires. Cependant, la plupart bénéficient, à des degrés divers, d’un soutien et d’un financement du gouvernement, et certains ont par la suite été officiellement reconnus.
L’organisation de gauche La Paix Maintenant, qui milite contre les implantations en Cisjordanie, a déclaré qu’environ 120 avant-postes agricoles avaient été créés au cours des trois dernières années et demie, depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel.
Certains de ces avant-postes agricoles sont devenus des foyers de violence, semant la terreur parmi les communautés palestiniennes voisines. Des militants d’extrême-droite se servent de ces communes agricoles pour étendre le contrôle d’Israël sur la Cisjordanie.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.