Un tableau d’un maître flamand spolié par les nazis restitué à ses héritiers
Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont pillé méthodiquement les œuvres d'art détenues par les juifs, qui ont été revendues, collectionnées par les hauts dignitaires ou destinées au mégaprojet de musée de Hitler
Un tableau peint par un maître hollandais du XVIIe siècle, spolié par les nazis à une famille juive française en 1942, a été restitué vendredi à ses héritiers lors d’une cérémonie organisée au ministère de la Culture.
La toile, intitulée « Portrait de femme en bleu » et réalisée par le peintre Cornelis Janssens van Ceulen (1593-1661), né à Londres mais d’origine flamande, avait été volée par les nazis au domicile de Gabrielle Philippson à Paris, quelques semaines après son décès.
Hermann Goering, l’un des plus hauts dignitaires du régime nazi, avait choisi ce tableau pour sa collection personnelle. Il a d’ailleurs été retrouvé juste après la guerre à Berchtesgaden, avec le reste de la collection personnelle de Goering.
Si les enfants de Gabrielle Philippson ont réussi à récupérer toute une série d’objets spoliés à leur famille juste après la guerre, dont un autre tableau qui allait de pair avec le « Portrait de femme en bleu », cette dernière œuvre est longtemps restée introuvable.
Le tableau a finalement été retrouvé en 2023, au musée Massey de Tarbes, qui l’avait acquis en 1985. La ville de Tarbes et la famille Philippson ont trouvé un accord pour permettre au tableau de demeurer au musée en échange d’une nouvelle acquisition au bénéfice de la famille, à la valeur actuelle de l’œuvre.
« La restitution de ce tableau rappelle que des œuvres spoliées se trouvent aujourd’hui dans les collections publiques, acquises sans que leur provenance ait été connue ou comprise », a estimé la ministre de la Culture Catherine Pégard, citée dans le dossier de presse.
Une loi-cadre du 22 juillet 2023 permet de faciliter la restitution des œuvres spoliées entrées dans les collections publiques, ce qui n’était auparavant pas automatique en vertu du principe d’inaliénabilité des œuvres d’art des musées.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont pillé méthodiquement les œuvres d’art détenues par les juifs, qui ont été revendues, collectionnées par les hauts dignitaires ou destinées au mégaprojet de musée « Führermuseum » de Hitler.
Environ 38 000 appartements dont les habitants juifs avaient fui ou avaient été arrêtés ont été pillés en France par les Allemands, a rappelé Catherine Pégard.