Un tribunal lève l’interdiction visant un militant israélien de gauche en Cisjordanie

Le juge désavoue la police et s’interroge sur l’arrestation du réserviste Doron Meinert, alors que des habitants des implantations présents dans la zone n’ont pas été inquiétés

L'entrée du tribunal de Lod. (Crédit : CC BY-SA Yarin50/Wikipedia)

Le tribunal de district central a accepté jeudi le recours d’un militant israélien de gauche arrêté à Khirbet al-Tawil, en Cisjordanie, au sud de Naplouse, parce qu’il était soupçonné d’avoir pénétré dans une zone militaire interdite.

Le colonel Doron Meinert, réserviste de Tsahal et militant de l’organisation de gauche « Looking the Occupation in the Eye », avait été arrêté mardi après s’être rendu près d’une citerne palestinienne dont des habitants des implantations se seraient emparés.

Des images filmées par Meinert montrent des soldats aux côtés d’habitants des implantations venus près de cette citerne, utilisée par les Palestiniens de la région et située en dehors du périmètre déclaré zone militaire interdite par Tsahal.

Malgré ces images, Tsahal a indiqué au Times of Israel ne pas avoir connaissance de la présence de soldats sur les lieux.

Meinert a expliqué mardi au Times of Israel que les soldats avaient appelé la police, qui lui avait affirmé qu’il se trouvait dans une zone militaire interdite. Il a été arrêté après avoir refusé de quitter les lieux.

Il a maintenu qu’il se trouvait en dehors du périmètre visé par l’arrêté. Les habitants des implantations qui se trouvaient, eux, à l’intérieur de la zone militaire interdite n’ont en revanche été ni évacués ni arrêtés.

Mercredi, un tribunal de première instance avait donné raison à la police et interdit à Meinert de se rendre à Khirbet al-Tawil pendant dix jours.

Saisi en appel jeudi, le tribunal de district a au contraire retenu l’argument de Meinert selon lequel il se trouvait en dehors du périmètre visé par l’arrêté.

Le juge s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles les habitants des implantations présents sur les lieux n’avaient pas été interpellés.

Il est rare qu’un juge rejette ainsi la position retenue par une juridiction inférieure. Le magistrat a en outre laissé entendre que la manière dont les forces de l’ordre avaient agi pouvait relever d’une discrimination.

« Il y a lieu de s’interroger sur la décision des autorités chargées de faire respecter la loi de ne placer en détention que l’appelant, qui n’avait pas quitté les lieux, alors qu’il apparaît clairement que de nombreux habitants des implantations étaient présents… et qu’aucun d’entre eux n’a été placé en détention ni arrêté », peut-on lire dans le jugement.

Les violences commises par des habitants des implantations en Cisjordanie ont connu une recrudescence spectaculaire. Les attaques sont désormais presque quotidiennes et restent largement impunies, les poursuites étant rares et les condamnations plus rares encore. L’incident de Khirbet al-Tawil s’est produit alors que des familles palestiniennes de la localité voisine de Qusra ont déclaré mercredi qu’elles ne pouvaient toujours pas quitter leur domicile, plus d’une semaine après que des habitants des implantations ont assiégé leurs maisons.

Selon des responsables des services de sécurité israéliens cités par Kan, 660 incidents graves qualifiés de « crimes nationalistes » commis par des Juifs ont été recensés en Cisjordanie au cours des six premiers mois de 2026, contre 405 pendant la même période en 2025, soit une hausse de 63 %.

Six Palestiniens ont été tués et 140 autres blessés dans des violences commises par des habitants des implantations au cours du premier semestre, contre aucun mort et 82 blessés pendant la même période en 2025. Les attaques visant les forces de sécurité israéliennes ont également augmenté de 50 %, avec 45 incidents recensés. Une centaine d’autres incidents ont été enregistrés en juillet, selon les chiffres de Kan.

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