Une année fatidique et bouleversante, le travail du ToI et un grand merci à notre communauté
À la veille du Nouvel An juif et de la commémoration du 7 octobre, le rédacteur en chef du ToI fait le point sur le passé et l'avenir, et discute des méthodes journalistiques du ToI
Alors que nous approchons des fêtes du Nouvel an juif et du premier anniversaire du 7 octobre, la pire catastrophe de l’histoire moderne d’Israël, nous avons à peine eu le temps de réfléchir, d’intérioriser l’ampleur du désastre et de pleurer nos disparus.
Un an après, le groupe terroriste palestinien du Hamas n’est plus que l’ombre de la force militaire de 24 bataillons qu’Israël avait permis de se former, mais il représente toujours une menace de guérilla. Son chef Yahya Sinwar continue apparemment à diriger les opérations depuis ses tunnels qui parsèment Gaza, et il détient toujours 101 otages, dont des dizaines sont déjà morts et les autres en danger de mort quotidien.
De son côté, Sinwar, s’il est toujours vivant, pourrait croire qu’il est près de réaliser son objectif ultime : transformer son invasion et ses massacres dans le sud d’Israël en un assaut sur plusieurs fronts visant à éradiquer notre pays.
Le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, le mandataire iranien bien plus puissant à notre frontière du nord, intensifie ses tirs de roquettes et désormais de missiles toujours plus loin sur le territoire israélien ; des dizaines de milliers d’Israéliens ont ainsi été contraints d’abandonner leur maison l’année dernière. Nous subissons également des attaques de missiles et de drones venant d’Irak, de Syrie et du Yémen. L’Iran, en continuant d’armer, de financer et d’inciter à la violence contre Israël, s’est rapproché en avril de son objectif de se doter d’armes nucléaires, espérant porter ainsi le coup fatal à notre nation.
Mais Israël, bien que dévasté par le 7 octobre et divisé sur la meilleure manière de rétablir la sécurité et de sauver les otages, se défend.
Contrairement à la complaisance et aux évaluations erronées qui ont permis au Hamas de franchir notre frontière sud, suite à quoi Tsahal a dû élaborer dans l’urgence ses plans de guerre contre le Hamas, avec d’importantes lacunes dans ses renseignements, l’appareil de sécurité semble avoir été extrêmement bien préparé à ce qui est devenu l’usage inévitable de la force contre le Hezbollah.
On pourrait se demander pourquoi l’opération spectaculaire de la semaine dernière, au cours de laquelle des milliers de bipeurs du Hezbollah ont explosé sur leurs détenteurs, a été menée 11 mois seulement après l’ouverture par Hassan Nasrallah d’un second front de guerre contre Israël – ou même si c’est seulement la découverte des bipeurs explosifs qui a déclenché la mise en œuvre de ce plan et la puissante riposte aérienne israélienne.
Mais en quelques jours, Tsahal a éliminé la quasi-totalité des chefs militaires de Nasrallah et la plupart des dirigeants de la force Radwan du Hezbollah, dont beaucoup ont été tués lors d’une réunion à Beyrouth, pour préparer, semble-t-il, l’invasion de la Galilée prévue de longue date par le Hezbollah. Une telle attaque, plutôt que de faire écho au massacre du Hamas du 7 octobre, aurait pu l’éclipser.
Dans un reportage de la chaîne israélienne N12 diffusé samedi soir, qui examinait de plus près les détails de l’explosion des bipeurs tout en respectant les contraintes de la censure militaire israélienne, une « source de la sécurité étrangère » anonyme a été citée disant que si Israël avait inconsciemment sous-estimé le Hamas, il préparait depuis des années des moyens stratégiques importants à utiliser à la fois contre le Hezbollah et contre son protecteur, l’Iran.
Eyal Hulata, qui, jusqu’à il y a deux ans, était conseiller à la Sécurité nationale d’Israël après une carrière de 23 ans passée au Mossad, dont une partie à la tête de sa branche technologique, a exprimé la même opinion lors d’une interview dans les studios de la chaine.
Israël dispose « encore de nombreuses capacités » non utilisées, a souligné Hulata. Il est crucial que la population israélienne en soit consciente, a-t-il dit, car sa confiance dans les services de sécurité, a-t-il reconnu, a été ébranlée par le pogrom du 7 octobre. Les personnes chargées d’assurer la sécurité d’Israël, a-t-il insisté, ont les moyens de rétablir la compétence et le droit fondamentaux des Israéliens à vivre, dormir et respirer en toute sécurité dans leur pays.
Pour la première fois depuis un an, les présidents des conseils locaux du nord d’Israël se sont autorisés un peu d’optimisme ces derniers jours. Ils ont félicité Tsahal pour son offensive contre le Hezbollah et ont osé espérer que leurs dizaines de milliers d’habitants déplacés pourront rentrer chez eux le plus tôt possible.
Qu’il en soit ainsi.
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Si vous me permettez, je voudrais parler du travail que nous accomplissons ici, au Times of Israel.
Nos rédacteurs et nos éditeurs ont redoublé d’efforts tout au long de l’année écoulée – et nous travaillions auparavant déjà très dur – pour maintenir un vaste lectorat mondial informé de manière précise et rapide, et pour l’aider à donner un sens à l’actualité.
Ces défis journalistiques fondamentaux sont de plus en plus complexes, en partie à cause de l’éternel brouillard de la guerre, mais aussi à cause du flot continu d’informations mensongères, de désinformations et de déclarations fallacieuses.
De mon point de vue, j’ai souvent eu l’impression, au cours de l’année écoulée, que de nombreux médias internationaux, disposant pourtant des meilleures ressources, ont manqué à leur obligation journalistique fondamentale de vérifier les faits et de faire preuve de rigueur intellectuelle et d’honnêteté dans leurs reportages. Aujourd’hui, un an plus tard, les principaux médias continuent de prêter foi aux affirmations du Hamas concernant les événements à Gaza, alors qu’il est manifestement évident, depuis le 7 octobre, que le Hamas – une organisation terroriste responsable de massacres de masse, dont l’intention avouée est de tuer des Juifs partout et de détruire Israël – se moque éperdument de la vérité.
Les plus importants journaux accordent régulièrement autant de crédit aux versions du Hamas sur le bilan des morts et des destructions à Gaza qu’aux versions officielles israéliennes, voire plus. Ils attribuent très souvent ces informations aux autorités sanitaires de Gaza, dissimulant ainsi le fait qu’elles viennent du Hamas. Il arrive même que les allégations du Hamas soient présentées sans attribution et que les gros titres les présentent comme des faits établis. Une approche tout aussi crédule a été adoptée récemment à l’égard du Hezbollah.
Le Times of Israel est loin d’être parfait, mais nous nous efforçons de rechercher la vérité et de ne pas prendre pour argent comptant les affirmations des organisations terroristes et de les rapporter.
Nous veillons également à rester vigilants face aux informations diffusées par la presse israélienne et à informer nos lecteurs lorsque nous savons ou avons des raisons impérieuses de croire qu’une nouvelle ou une information importante, largement diffusée en Israël et à l’étranger, est inexacte ou provient d’une source peu fiable.
Pour citer un exemple très récent, des informations largement diffusées en Israël au cours des deux derniers jours indiquaient que Tsahal avait détruit 50 % des missiles guidés de précision du Hezbollah et/ou 50 % de ses capacités en matière de roquettes. Ces informations ont été reprises par au moins une chaîne de télévision, heure après heure, mardi. Je ne doute pas que quelqu’un quelque part, en position ostensible de détenir l’information, ait formulé cette affirmation improbable à l’oreille d’un ou plusieurs journalistes, mais Tsahal, qui saurait en fait si quelqu’un l’a fait, ne l’a pas fait.
En outre, nous sommes tous confrontés à la capacité et à l’utilisation croissantes de l’intelligence artificielle (IA) pour générer ce qui est présenté en ligne comme du journalisme. Prenez, par exemple, cet énorme article sur Cristiana Bársony-Arcidiacono – l’insaisissable PDG d’une société appelée BAC Consulting, un acteur apparemment central dans l’extraordinaire saga des bipeurs du Hezbollah qui auraient été fabriqués par Israël – publié en ligne le lendemain de l’explosion des appareils au Liban.
Peut-être que son auteur, « Sven Marin possède réellement une connaissance encyclopédique de Bársony-Arcidiacono et qu’il a été capable de rédiger un article vaste et complet sur elle avec une rapidité stupéfiante. Mais « Marin » semble également se targuer d’une expertise dans toutes sortes d’autres domaines sans aucun rapport, des greffes de cheveux à l’assassin potentiel de Trump en passant par les scandales liés au football, et d’être capable d’écrire des quantités d’articles sur tous ces sujets avec une rapidité presque inhumaine. Son travail pourrait ne pas être fiable ; il se pourrait même que ce ne soit pas son travail du tout ; et il se pourrait même qu' »il » n’existe pas (et si je me trompe, je serais ravi d’en discuter avec Sven).
À ce stade, rien de tout cela n’est très difficile à détecter, mais à mesure que la technologie s’améliore, la difficulté de distinguer la proportion décroissante d’informations fiables des « articles » générés par l’IA, qui sont eux-mêmes fabriqués à partir d’un paysage médiatique Internet de plus en plus dominé par l’IA, ne fera que s’accroître.
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Depuis le 7 octobre, notre équipe travaille littéralement 24 heures sur 24, motivée par un sentiment de mission et d’obligation d’essayer de rapporter et d’expliquer cette période fatidique de l’histoire d’Israël.
Mes collègues font leur travail en dépit de toutes les pressions atypiques et incessantes de la vie en Israël cette dernière année – y compris, dans certains cas, la mort de proches, les obligations des réservistes et des enfants à l’armée, les liens avec les otages, et bien plus encore. Et s’il est incontestablement sain pour les gens de se déconnecter de l’actualité au moins une partie du temps, de prendre du recul, de respirer de l’air frais, les journalistes sont professionnellement tenus d’être, sinon branchés à tout moment, du moins de revenir à la vitesse de croisière assez rapidement.
Nos vidéos originales ToI permettent aux lecteurs et aux téléspectateurs du ToI de se familiariser avec les réalités en Israël, ont notamment permis d’intégrer des unités de réservistes à Gaza, de couvrir les réactions des citoyens au 7 octobre, de montrer l’évolution des manifestations liées à la prise d’otages, et bien d’autres choses encore.
Pour ceux d’entre vous qui lisent ces lignes et qui n’ont pas encore rejoint la Communauté du ToI, veuillez envisager de le faire ici. À ceux d’entre vous qui sont déjà membres de la communauté, nous adressons nos plus sincères remerciements.
Nous souhaitons à tous une année plus heureuse, plus sûre et remplie d’espoir.