Une attaque auto-immune pourrait être à l’origine du « COVID long »
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Une attaque auto-immune pourrait être à l’origine du « COVID long »

Dans une étude qui n'a pas encore été pair-reviewed, des chercheurs ont découvert, chez les patients, de hauts niveaux d'auto-anticorps ciblant les organes et les tissus

Image au microscope électronique d'une particule  SARS-CoV-2 du nouveau coronavirus chez un malade transmise par le Centre national des allergies et des maladies infectieuses américain (Crédit : NIAID/NIH via AP)
Image au microscope électronique d'une particule SARS-CoV-2 du nouveau coronavirus chez un malade transmise par le Centre national des allergies et des maladies infectieuses américain (Crédit : NIAID/NIH via AP)

Le coronavirus peut amener le corps à produire une réponse immunitaire durable qui attaque le corps au lieu du virus, ce qui pourrait expliquer pourquoi certains patients continuent à présenter une variété de symptômes longtemps après avoir été infectés, ont découvert des scientifiques.

Cette recherche n’a pas encore été publiée, ni relue par des pairs.

« Les malades de la COVID-19 produisent des auto-anticorps qui interfèrent finalement avec les réponses immunitaires contre le virus », a commenté Aaron Ring, immunobiologiste à l’université de Yale et co-auteur de l’étude, auprès du Guardian dans un reportage qui a été publié dimanche.

Un phénomène qui, en résultat, peut créer des dommages dans le corps – notamment au cerveau, aux vaisseaux sanguins et au foie, des organes qui se sont distingués en présentant des symptômes dans le cadre de ce qui est devenu connu sous l’appellation du « COVID long » et qui se caractérise souvent par une fatigue chronique, une maladie qui n’en finit pas et un essoufflement chez les personnes qui ont été infectées puis qui guérissent du coronavirus.

Ring a travaillé avec Akiko Iwasaki, professeur d’immunobiologie à Yale, pour contrôler les personnes atteintes par la COVID-19 présentant des degrés divers de sévérité de la maladie. Les chercheurs ont comparé les résultats avec ceux d’employés des hôpitaux et ils ont cherché des anticorps du système immunitaire qui travaillent en attaquant une – ou plusieurs – parmi presque 3 000 protéines.

Tandis que les anticorps normaux s’accrochent aux protéines du virus pour les empêcher de se propager, les auto-anticorps, pour leur part, s’attachent aux protéines qui se trouvent sur les cellules humaines ou qui ont été libérées par ces dernières, explique l’étude.

Aaron Ring, immunobiologiste à l’université de Yale. (Capture d’écran : YouTube)

L’étude, ont écrit les scientifiques, a établi que les patients atteints par la COVID-19 affichaient « une hausse spectaculaire de la réactivité des auto-anticorps » en comparaison avec les employés des hôpitaux qui n’avaient pas contracté la maladie.

Même si certains auto-anticorps étaient apparemment présents chez les patients avant qu’ils ne soient infectés par le virus, d’autres ne sont apparus et n’ont augmenté que lorsque la maladie s’est développée. Plus de 5 % des patients hospitalisés ont montré des auto-anticorps nuisibles. Et plus ces auto-anticorps ont été plus nombreux, plus graves ont été les symptômes de la COVID-19.

« Nous croyons très certainement que ces auto-anticorps sont nuisibles pour les malades atteints par la COVID-19, » a expliqué Ring, qui a ajouté que les effets préjudiciables pouvaient continuer même après la fin de l’infection elle-même.

« Parce que les anticorps peuvent persister pendant longtemps, on peut concevoir qu’ils contribuent au développement du COVID long », a-t-il continué.

« Les syndromes post-COVID peuvent peut-être être entraînés par des auto-anticorps qui perdurent bien après que le virus a été évacué du corps », a dit Ring au Guardian. « Et si tel est le cas, il y a des traitements immunosuppresseurs, comme ceux qui sont utilisés pour les maladies rhumatologiques, qui pourraient être efficaces ».

Le COVID long aurait affecté environ 10 % des patients de 18 à 49 ans qui ont été atteints par le coronavirus et jusqu’à 20 % des malades de plus de 70 ans, a noté le reportage.

Les scientifiques pensent qu’il y a plus d’un type d’anticorps qui est à l’origine de ce trouble chez les malades.

Les chercheurs s’intéressent également à la responsabilité des auto-anticorps dans les symptômes qui persistent à long-terme dans d’autres maladies, comme Ebola et le Chikungunya, et chez les patients atteints du cancer après une immunothérapie, a fait savoir le reportage.

Cette étude a été réalisée alors que les pays du monde entier – notamment le Royaume-Uni, les Etats-Unis et Israël – se préparent à des campagnes de vaccination massives contre le coronavirus ou les ont déjà lancées.

Depuis le début de la pandémie dans le monde, il y a eu 70 461 926 cas d’infection qui ont été rapportés à l’Organisation mondiale de la Santé, selon des chiffres publiés dimanche. 1 599 704 personnes ont succombé à la maladie.

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