Une délégation bahreïnite en visite en Israël
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Une délégation bahreïnite en visite en Israël

Les membres du groupe 'Voici Le Bahreïn' affirment avoir été envoyés par le roi Hamad bin Isa Al Khalifa 'avec un message de paix'

Une délégation bahreïnite en visite en Israël, le 9 décembre 2017 (Crédit : Capture d’écran Hadashot)
Une délégation bahreïnite en visite en Israël, le 9 décembre 2017 (Crédit : Capture d’écran Hadashot)

Une délégation de personnalités religieuses du royaume du Golfe de Bahreïn est arrivée cette semaine en Israël « afin d’envoyer un message de paix », dans un cas extrêmement rare de représentation d’un pays arabe sans relation diplomatique visitant l’Etat juif.

Ce voyage semblait indiquer un nouveau réchauffement des liens entre Israël et Bahreïn, qui, selon un rapport publié précédemment cette année, sont sur une voie de normalisation des relations diplomatiques.

La délégation est en Israël pour une visite de quatre jours destinée à envoyer un message de tolérance religieuse et de coexistence.

Composée de 24 membres du groupe « Voici Le Bahreïn », la délégation annonce sur son site web son engagement en faveur d’une vision de « liberté religieuse et de coexistence pacifique « où nous vivons tous ensemble en harmonie dans un esprit mutuel de respect et d’amour »

« Le roi nous a envoyés avec un message de paix au monde entier », a déclaré lors du voyage, un responsable religieux chiite à Hadashot qui a diffusé samedi un reportage sur le groupe.

Le clerc a déclaré que les chiites, qui constituent la majorité du pays dirigé par les sunnites, ne nourrissent pas d’adversité envers les membres d’autres religions.

« Les Chiites à Bahreïn et à l’extérieur ne ressentent pas de haine, ils ne transmettent pas de message de dégout ou de haine à l’égard de quelque religion ou courant religieux que ce soit », a-t-il dit.

Le Bahreïn a fait face aux protestations de sa communauté chiite après le déclenchement du printemps arabe dans la région en 2011. Avec l’aide de l’Arabie saoudite, qui a envoyé des troupes à la frontière séparant les deux pays, Le Bahreïn a réprimé les manifestations accusant la majorité Iranienne d’aider au déclenchement du printemps arabe.

Selon des informations publiées lundi dans les médias palestiniens, la délégation a été interdite dimanche d’accès à la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, située dans la Vieille Ville de Jérusalem.

L’organisateur de la visite n’a cependant pas confirmé ces informations. L’autorité islamique qui supervise le site a de son côté indiqué que si la délégation ne s’était pas rendue à la mosquée al-Aqsa, elle n’en avait pas été empêchée.

Le rabbin Abraham Cooper, un des responsables du centre Simon Wiesenthal de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, à l’origine de la visite, a expliqué dans une interview téléphonique à l’AFP que la délégation de Bahreïn était composée de 25 responsables religieux.

« Environ un tiers d’entre eux sont musulmans, il y a des chrétiens et deux bouddhistes, a-t-il dit. « Il ne s’agit pas d’une visite politique donc il n’y a pas eu de demande de rencontres politiques », a-t-il ajouté.

Les rabbins Marvin Hier et Abraham Cooper, du Centre Simon Wiesenthal, avec le roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al Khalifa, au Bahreïn, le 23 février 2017. (Crédit : autorisation)

Le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) qui appelle au boycott d’Israël pour protester contre l’occupation des Territoires palestiniens a « fermement » condamné cette coopération entre le « régime despotique de Bahreïn (et) le régime israélien d’occupation et d’apartheid. »

Comme Israël, Bahreïn entretient des relations extrêmement tendues avec l’Iran et le rapport de septembre, publié sur le site Middle East Eye, cite un responsable bahreïnite anonyme qui affirme que l’établissement de liens entre Jérusalem et Manama pourrait aider à contrer l’Iran.

Ce rapport a été publié quelques jours après qu’un éminent rabbin ayant rencontré le roi Hamad Ben Isa Al Khalifa du Bahreïn, a indiqué au Times of Israël que le roi a déclaré qu’il s’opposait au boycott d’Israël par les Etats arabes et qu’il avait l’intention de permettre aux citoyens de son royaume de visiter librement l’Etat juif.

Le Bahreïn, un groupe d’îles du golfe Persique qui compte 1,4 million d’habitants, n’a pas de relations diplomatiques officielles avec l’État d’Israël. Cependant, quelques touristes et d’hommes d’affaires israéliens sont connus pour s’être rendus dans ce pays ces dernières années.

D’autres documents de WikiLeaks prouvent que de hauts fonctionnaires des deux pays ont pris la parole ces dernières années, notamment lors d’une réunion qui a eu lieu à New York en 2007 entre la ministre des Affaires étrangères d’alors, Tzipi Livni, et le ministre des Affaires étrangères Khalid bin Ahmed Al Khalifa.

La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l’heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

En 2009, Al Khalifa a également signalé qu’il était prêt à rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour essayer de faire avancer le processus de paix, mais a finalement, il a décidé de ne pas aller plus avant sur ce plan.

Alors que Jérusalem et Manama n’ont jamais entretenu de relations diplomatiques, selon un câble diplomatique secret américain publié par Wikileaks, en 2005, le roi a indiqué à un responsable américain que son pays avait des contacts avec Israël « au niveau sécuritaire (c’est-à-dire avec le Mossad) ».

Le roi a également indiqué sa volonté « d’aller de l’avant dans d’autres régions, bien qu’il soit difficile pour Le Bahreïn d’être le premier».

En 2009, le prince héritier de Bahreïn, cheikh Salman bin Hamad al-Khalifa, a rédigé un éditorial pour le Washington Post, dans lequel il exhortait les pays arabes à communiquer davantage avec Israël dans l’intérêt du processus de paix.

En 2016, lorsque l’ancien président Shimon Peres est mort, le Bahreïn était le seul pays du Golfe à déplorer publiquement son décès.

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