Une employée néerlandaise, pour qui l’EI était un complot sioniste, peut porter plainte pour sanctions trop “sévères”
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Une employée néerlandaise, pour qui l’EI était un complot sioniste, peut porter plainte pour sanctions trop “sévères”

La Cour a statué que Yasmina Haifi, suspendu pour avoir tenus des propos jugés anti-Israël, avait été traitée injustement

Le feed Twitter de Yasmina Haifi, employée du ministère de la Justice.
Le feed Twitter de Yasmina Haifi, employée du ministère de la Justice.

AMSTERDAM – Une employée du ministère néerlandais de la Justice qui a été suspendue et menacée de licenciement après avoir déclaré que les « sionistes » avaient inventé le groupe terroriste État islamique (EI), peut porter plainte pour dommages et intérêts, a statué un juge.

Yasmina Haifi, ancienne spécialiste en cybersécurité, a été « trop sévèrement punie » pour ses propos, qui sont protégés par la liberté d’expression, selon une décision d’un magistrat à La Haye.

Cette décision a été rendue trois ans après la suspension de Haifi de son poste au Centre national de cybersécurité, pour avoir écrit sur Twitter que « l’EI n’a rien à voir avec l’islam. Cela fait partie du plan des sionistes qui tentent délibérément de salir le nom de l’islam. »

Elle a été ensuite réadmise à un autre poste du ministère, dans un emploi différent, et avertie qu’elle serait limogée si elle continuait à s’exprimer d’une manière jugée extrémiste.

Dans une plainte déposée contre le ministère pour ne pas avoir respecté ses droits en tant qu’employée, Haifi a expliqué que sa période probatoire lui a donné le sentiment d’être « bâillonnée », et qu’elle n’avait aucun projet d’avancement au ministère, selon NRC Handelsblad.

Le juge, statuant que Haifi pouvait porter l’affaire devant un tribunal du travail, a déclaré qu’une lettre de réprimande aurait suffi, selon NRC. La décision stipule également que Haifi, qui a supprimé sa publication sur Twitter peu après l’avoir rédigée, « a fait l’objet d’une publicité négative » à cause « des influenceurs, des médias et des chroniqueurs qui ont sauté sur l’occasion. »

L’an dernier, Haifi s’est plainte au College for Human Rights, une organisation gouvernementale, d’avoir été mise à l’écart pour des mesures disciplinaires en raison de ses origines musulmanes.

Une requête appelant à sa démission du ministère intitulée « Dites non à l’antisémitisme dans la politique néerlandaise » a récolté 1 322 signatures.

Haifi a rejeté ces accusations dans les médias, qui l’accusaient d’avoir tenus des propos antisémites. Elle a indiqué avoir simplement exprimé son opinion sur « les partisans d’une idéologie ».

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