Inculpation de la femme qui a bloqué l’entrée d’un abri anti-aérien à Bat Yam en pleine guerre contre l’Iran

La septuagénaire est la première accusée de refus d'accès à un abri en cas d'urgence ; 'Notre vie était en jeu', dit le voisin qu'elle a empêché d'entrer lors des tirs de missiles

Liliana Laniado, qui vit à Bat Yam, empêche un de ses voisins d'entrer dans l'abri anti-aérien lors d'une attaque de missiles iraniens, le 22 juin 2025. (Capture d'écran/X)

Les procureurs ont déposé dimanche l’acte d’accusation concernant une femme accusée d’avoir empêché des civils de se réfugier dans un abri anti-aérien de Bat Yam lors d’une attaque de missiles iraniens.

La police a déclaré que l’accusée, Liliana Laniado, âgée de 70 ans, était la première inculpée pour refus d’accès à un abri.

Le fait d’empêcher quelqu’un de se réfugier dans un abri, qu’il soit public ou situé dans un immeuble résidentiel, est passible d’un an de prison ou d’une amende.

Selon l’acte d’accusation, déposé par l’unité du procureur de la police de Tel Aviv, Laniado aurait empêché des voisins d’entrer dans l’abri de son immeuble alors que les sirènes retentissaient lors d’un tir de missiles, tôt le matin du 22 juin.

Dans des images de l’incident qui ont circulé pendant la guerre, on voit Laniado bloquer l’entrée de la pièce sécurisée et empêcher un jeune homme, son petit chien dans les bras, de s’y réfugier.

« Elle se tenait à l’entrée, disant qu’il n’y avait plus de place. Nous avons essayé de lui expliquer que nous n’avions pas d’abri dans notre immeuble, mais elle s’en fichait. Elle a bloqué l’entrée avec son corps et a refusé de bouger », a déclaré l’un des voisins à la chaîne N12.

« Elle a fini par fermer la porte en nous laissant dehors en plein tirs de missiles. Notre vie était en jeu », a-t-il poursuivi.


Plusieurs incidents de cet ordre ont été signalés en Israël lors de la guerre qui, 12 jours durant, a opposé Israël et l’Iran en juin dernier. Le 23 juin, la police a annoncé l’arrestation de trois habitants de Bat Yam soupçonnés d’avoir eux aussi empêché l’accès à un abri.

Un homme détenu par la police aurait agressé une femme, à laquelle il aurait cassé le nez, parce qu’elle voulait entrer dans l’abri public avec son chien et son chat. Un autre est soupçonné d’avoir empêché une femme et ses parents âgés d’entrer dans le refuge d’un immeuble parce qu’ils ne résidaient pas dans le complexe.

Les forces de l’ordre ont fait savoir à la chaîne N12 qu’elles menaient l’enquête sur d’autres cas impliquant des habitants du centre d’Israël soupçonnés d’avoir eu un comportement similaire lors de cette guerre.

« Notre but est de mettre fin à ces pratiques ignobles et de dissuader quiconque de mettre en jeu la vie d’autrui en cas d’urgence », a expliqué à la chaine N12 une source proche de la police. Rien ne justifie d’interdire à des civils de se mettre à l’abri en cas de danger immédiat.

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