Une femme tuée et une autre grièvement blessée dans une fusillade à Lod ; 5 arrestations
La police enquête sur un 'conflit entre clans' ; 2 personnes ont été abattues à Shfaram, portant à 135 le nombre d'homicides commis contre des Arabes depuis le début de l'année
Une femme a été tuée samedi dans le centre-ville de Lod, lors d’une fusillade qui a également blessé gravement une autre femme.
Les deux victimes, âgées d’une soixantaine d’années, ont été retrouvées inconscientes, ayant été atteintes par plusieurs balles.
Les secouristes ont prononcé le décès de l’une d’elles sur place et ils ont évacué l’autre, dans un état critique, vers le centre hospitalier Shamir, a indiqué le service de secours du Magen David Adom (MDA).
Le site d’information a également fait savoir que le défunt mari de la femme tuée dans la fusillade avait lui-même été abattu il y a quatre ans.
La police a déclaré avoir arrêté cinq habitants de Lod dans le cadre de ce dossier.
De plus, vendredi, deux hommes ont été abattus à Shfaram, alors que la criminalité continue de monter en flèche au sein de la communauté arabe israélienne.
La fusillade fait l’objet d’une enquête dans le contexte d’un « conflit violent entre clans dans la rue arabe », a rapporté Ynet, citant la police.
Les victimes ont été identifiées comme étant Noor Hariri, 45 ans, originaire d’Umm al-Fahm, et Rami Othman, 33 ans, originaire de Kaboul.
Les deux hommes auraient été abattus à l’intérieur d’une voiture. Les ambulanciers sont arrivés sur les lieux. Ils ne présentaient plus aucun signe de vie.
MDA a prononcé leur décès sur place.
La police a ouvert une enquête et recherche les suspects, ont indiqué les forces de l’ordre.
L’organisation à but non lucratif The Abraham Initiatives, qui recense les meurtres dans la société arabe, a indiqué que huit personnes avaient été tuées à Shfaram depuis le début de l’année.
L’organisation accuse le gouvernement et la police d’ignorer les crimes violents commis au sein de la communauté arabe israélienne.
« Si le gouvernement investissait des ressources, traitait et coopérait avec les autorités [locales], la criminalité dans la société arabe serait considérablement réduite. Au lieu de cela, le gouvernement choisit d’ignorer, d’inciter [à la violence] et de causer du tort. Nous ne devons pas permettre que cette situation perdure », a déclaré The Abraham Initiatives dans un communiqué.
Depuis le début de l’année, 135 Arabes israéliens ont été tués dans des homicides criminels violents.
Ces deux dernières années, le taux de meurtres a fortement augmenté au sein de cette communauté. Déjà élevé les années précédentes, le nombre de victimes arabes de meurtres a doublé en 2023, est resté à un niveau similaire en 2024, puis a continué sur sa lancée cette année.
Nombre de dirigeants de la communauté arabe israélienne attribuent la responsabilité de cette hausse à la police, qu’ils accusent d’être impuissante face aux organisations criminelles influentes ou de simplement ignorer les violences perpétrées, qui incluent les querelles familiales, les guerres de territoire entre mafias et la violence à l’égard des femmes.
Ils reprochent également aux forces de l’ordre leur attitude laxiste face au harcèlement des agitateurs d’extrême droite. Selon eux, cette attitude serait largement due à l’influence du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, un ultranationaliste accusé de politiser les forces de l’ordre.