Une illustratrice israélienne jette son dévolu sur des œufs d’autruche
Les nouvelles créations de l'artiste primée Hilla Havkin sont actuellement exposées à Bibliothèque d'illustrations du Musée d'Israël jusqu'en juillet 2022
L’illustratrice lauréate de livres pour enfants Hilla Havkin est connue pour son art fantaisiste figurant dans quelque 180 livres.
Sa palette ne se limite toutefois pas à la feuille de papier : Havkin emploie également des œufs d’autruche vides pour ses illustrations, entre autres objets inattendus.
« Je dessine sur toutes sortes de choses », a déclaré Havkin. « Tout ce que je vois alimente mon imagination. »
La collection magique d’illustrations d’œufs d’autruche d’Havkin est actuellement exposée dans « Which Came First, the Story or the Egg ? » à la Bibliothèque d’illustrations du Musée d’Israël.
L’exposition s’inscrit dans le cadre du programme de promotion de l’art de l’illustration de la bibliothèque, a déclaré la curatrice Orna Granot.
« Qu’est-ce que cela signifie que de raconter une histoire à travers l’art et l’image ? », s’est interrogée Granot.
« L’art et les mots se heurtent, se combinent et fonctionnent ensemble d’une manière différente et l’illustrateur peut contrôler cette combinaison, les faire travailler l’un contre l’autre, créant ainsi quelque chose d’avant-gardiste. »
Hilla Havkin est connue pour ses illustrations d’animaux – et d’humains – excentriques et charmantes, qu’elle a réalisées pour une longue liste d’écrivains, dont David Grossman, Hanoch Levin, Nurit Zarchi, Daniella Carmi, Datia Ben-Dor et Shlomit Cohen-Asif.
Les œufs, en revanche, sont un projet personnel, démarré par Havkin alors qu’elle rendait visite à un cousin au kibboutz Beeri, lequel avait dessiné sur un œuf d’autruche vide provenant de l’élevage d’autruches abandonné de la communauté.
« Il était assez moche, alors je l’ai ramené chez moi », raconte Havkin.
Elle a lavé l’œuvre peu sophistiquée de son cousin et a créé une surface propre, un protocole qu’elle applique désormais à chaque œuf d’autruche vierge. Puis elle a commencé à dessiner.
« C’est comme une page vide, je vois le dessin avant de commencer à travailler », a déclaré Havkin. « Il n’est relié à aucun des livres sur lesquels j’ai travaillé. Je pars de quelque chose qui se trouve dans mes tripes, mon cœur ou mon esprit. »
Havkin a fini par acheter tous les œufs d’autruche restants au kibboutz, et les illustre entre deux projets de livres. Chaque œuf lui prend environ un mois.
Les œufs d’autruche sont beaucoup plus conséquents que les œufs de poule, fait remarquer Granot. Havkin, aujourd’hui septuagénaire, a relevé le défi en y voyant un moyen de maintenir sa créativité en éveil.
Vingt-quatre de ses œufs illustrés sont présentés dans l’exposition, chacun avec son propre conte imaginaire sur les rois et les chauves-souris, les girafes et les insectes, les cerfs-volants et les montgolfières – partout où l’imagination de Havkin l’a menée.
« Quand j’imagine quelque chose, cela entraîne quelque chose d’autre », dit-elle. « Si je dessine une tour, je pense à ce qui pourrait se passer dans cette tour ».
Les œufs d’autruche peints tournent lentement dans des vitrines en verre placées dans les deux pièces de la Bibliothèque d’illustrations, révélant ainsi le processus imaginatif d’Havkin.
De nombreux livres illustrés d’Havkin sont également disponibles et peuvent être lus en flânant dans la bibliothèque, qui propose des poufs en forme d’œufs sur lesquels se prélasser.
L’exposition comprend également des dessins originaux de trois livres illustrés par Havkin, choisis par Granot pour soulever des questions sur les illustrations et le rôle qu’elles jouent dans la dynamique texte-art des contes pour enfants.
« L’illustration n’est pas seulement un second rôle, elle est toujours plus importante », a déclaré Granot, qui a appris à connaître intimement chacun des œufs d’Havkin et leur histoire en organisant l’exposition. « Il y a quelque chose d’emblématique chez les illustrateurs ; ils aiment les histoires et y sont sensibles en tant que public. Ils sont aussi les premiers à toucher l’histoire d’un auteur et à la sculpter pour les transformer en compréhension visuelle. »
De retour chez elle, il ne reste plus à Havkin qu’une dizaine d’œufs d’autruche à utiliser, mais elle a découvert une nouvelle toile dernièrement – la pita sèche.
« J’avais oublié une pita dans le micro-ondes et quand je l’ai sortie, je me suis dit qu’elle ressemblait à une vieille dame », raconte-t-elle, et elle a commencé à travailler la surface ridée du pain rond.
Vous en saurez plus sur ce processus dans le futur. Pour l’instant, les visiteurs peuvent voir les œufs illustrés de Havkin jusqu’en juin 2022 à la Bibliothèque d’illustrations.
Consultez le site de l’Illustration Library du Musée d’Israël pour connaître les heures d’ouverture, notamment de 10 h à 14 h le samedi ainsi qu’une heure du conte gratuite en anglais le jeudi à 17 h.
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