Une journaliste BBC, virée pour un tweet antisémite, blâme les « pro-israéliens »
Si elle admet que sa publication de 2014 était déplorable, elle affirme que sa chaine a cédé à des pressions d’individus déterminés à 'éliminer les Palestiniens de la vie publique'
Une journaliste de la BBC, licenciée par la chaine pour avoir tweeté que « Hitler avait raison », a publié mercredi un communiqué blâmant « l’opinion pro-israélienne » pour son licenciement, affirmant que la véritable motivation de la chaine était l’un de ses récents reportages sur une prétendue mise au ban des célébrités pro-palestiniennes.
Pendant la guerre de Gaza en 2014 – et trois ans avant d’être embauchée par la BBC –, Tala Halawa avait tweeté : « #Israël est plus #nazi que #Hitler ! Oh, #HitlerAvaitRaison. #IDF va en enfer. #PrierPourGaza. »
Dans son texte publié cette semaine, Halawa a reconnu que son message était « ignorant et offensant », mais qu’il avait été écrit par une « jeune femme palestinienne tweetant dans le feu de l’action ». Elle indique qu’elle avait alors assisté « à des morts horribles et injustes face au silence des médias internationaux », et qu’elle avait « utilisé à l’époque un hashtag sans réfléchir ».
Elle a ajouté que le tweet ne reflétait pas son point de vue et a présenté des « excuses sincères pour avoir publié sans réfléchir ».
Mais Halawa a poursuivi en insistant sur le fait que son message n’était pas un motif de licenciement et que son ancien employeur avait plutôt cédé « aux pressions de groupes d’intérêts externes pro-israéliens et de médias de droite déterminés à faire disparaitre les Palestiniens de la vie publique ».
Honest Reporting, groupe pro-israélien de veille des médias, avait signalé le tweet vieux de sept ans, ce qui a conduit la BBC à ouvrir une enquête interne qui a finalement conduit au licenciement de Halawa.
« Cette campagne de censure pro-israélienne est d’envergure industrielle et de portée internationale », a écrit Halawa.
« Ce licenciement immédiat par la BBC voulu par une foule pro-israélienne est d’autant plus absurde compte tenu de la véritable raison pour laquelle des groupes pro-israéliens se sont intéressés à moi : j’ai récemment réalisé un reportage vidéo au sujet de célébrités critiquées et mises au ban pour avoir soutenu l’autodétermination palestinienne », a-t-elle écrit.
« La tendance à l’intimidation et à la flagellation publique menée contre des journalistes de la région par des acteurs hostiles vise à définir les paramètres d’un journalisme acceptable qui conviendrait à Israël, et à maintenir un parti-pris institutionnel pro-israélien dans les médias internationaux », a-t-elle ajouté.
Halawa a également déclaré être une cible facile « à la fois en tant que Palestinienne et en tant que femme de couleur ».
Elle a juré de « continuer à croire et à se battre pour un journalisme honnête et courageux, quelles que soient ces tentatives insignifiantes d’annihilation ».
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