Une pétition signée par des artistes somme Israël de mettre fin à « l’horrible » guerre de Gaza
La déclaration soulignant les souffrances des Palestiniens est soutenue par des centaines d'artistes, ce qui témoigne d'un changement d'attitude ; Idan Amedi qualifie les signataires de 'déconnectés'
Environ mille musiciens, écrivains, acteurs et autres ont signé une pétition appelant Israël à mettre un terme à la guerre à Gaza, ce qui a suscité une vive réaction de la part de quelques dissidents appartenant à leur milieu, dans la journée de dimanche.
La pétition, intitulée « Arrêtez l’horreur à Gaza », accuse les responsables israéliens d’affamer délibérément les habitants de Gaza et de tuer des Palestiniens innocents – avec pour effet d’attiser un sentiment anti-guerre latent par le biais d’une rhétorique dure qui, jusqu’à présent, n’était pas du goût d’Israël.
« Contre nos valeurs et notre volonté, nous nous trouvons complices des actions horribles menées par notre gouvernement à Gaza : le meurtre d’enfants et de civils, des politiques de famine, des déplacements massifs et la destruction insensée de villes entières », ont écrit les signataires.
La pétition a exhorté les personnes impliquées dans la guerre à désobéir « aux ordres illégaux » et à « ne pas commettre de crimes de guerre », appelant à la fin de la guerre et au retour de tous les otages.
Parmi les signataires figurent les chanteurs Chava Alberstein et Gidi Gov, l’artiste de jazz Avishai Cohen, les écrivains David Grossman et Etgar Keret, le dramaturge Yehoshua Sobol, l’actrice Hanna Laszlo, l’animateur David Polonsky et le chorégraphe Ohad Naharin. La liste des signataires, qui a été diffusée mardi à 15h30 par la chaîne d’information N12, a compris 974 noms et 62 autres personnes souhaitant conserver l’anonymat. Avec de nombreuses personnes extérieures à la communauté artistique, dont des thérapeutes, un électricien, des enseignants et un architecte paysagiste.
Dans le sillage de la publication de la pétition, certains artistes se sont emportés contre les signataires, notamment le chanteur, acteur et soldat de réserve Idan Amedi, qui les a qualifiés de « déconnectés… de zéros », même s’il a supprimé de son post ce dernier terme par la suite.
« Une troupe de privilégiés qui continue à se faire l’écho de l’idiotie, de l’ignorance et des mensonges », a-t-il écrit sur Instagram.
« Le jour où nous voyons nos frères, en 2025, comme des Muselmanns sous terre, creusant leurs propres tombes », a-t-il ajouté, faisant référence aux images récemment diffusées qui ont montré un Evyatar David squelettique dans les geôles du Hamas et l’otage du Jihad islamique Rom Braslavski, pâle et amaigri. Muselmann était un terme utilisé par les prisonniers des camps de concentration nazis pour désigner ceux qui étaient sur le point de mourir de faim et d’épuisement.
« Allez dans les tunnels, combattez pendant une journée comme le font des dizaines de milliers de réservistes et signez ensuite la pétition », a écrit Amedi, qui a été grièvement blessé lors d’une explosion à Gaza qui a tué six autres soldats, au mois de janvier 2024. « Nous en avons assez de vous ».
L’actrice Moran Atias a indiqué sur internet que son sang avait bouilli lorsqu’elle avait été invitée à signer la lettre.
Elle a écrit : « Faire cela alors que des images de nos frères sont filmées avec le même cynisme cruel que les images de la Shoah, que nous avons déjà vécue ».
Une pétition similaire a été signée par 1 400 architectes, designers et artistes visuels.
« L’horreur à une échelle historique se déroule sous nos yeux », est-il écrit dans cette pétition. « Nous avons la responsabilité, en tant qu’êtres humains et en tant qu’Israéliens, de faire face aux horreurs qui se produisent en notre nom contre une population située à quelques kilomètres de nous, dans une réalité impossible et des souffrances terribles ».
Alors que de nombreux Israéliens réclament depuis longtemps la fin de la guerre, les demandes ont été largement motivées par le souci de protéger les otages et le bien-être des soldats, plutôt que de se concentrer sur les souffrances des habitants de Gaza.
Ces dernières semaines, l’inquiétude s’est accrue dans le monde entier, ainsi qu’en Israël, avec la multiplication des témoignages de famine dans la bande de Gaza et la lenteur avec laquelle l’aide parvient aux civils gazaouis.