Une photo du fils de Bennett sur un montage représentant les victimes de la répression
Une chaîne Telegram anti-régime montre David Bennett, l'appelant 'Kourosh Shirini' et le présentant comme tué à Téhéran ; les médias pro-régime saisissent l'occasion pour discréditer les déclarations sur les victimes
Les médias d’opposition iraniens ont utilisé un portrait de David Bennett, fils adolescent de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, dans un montage réunissant des photos des victimes tuées par la république islamique lors de la récente vague de manifestations dans le pays.
Dans un cas, une chaîne Telegram associée à l’opposition iranienne a diffusé une photo du jeune Bennett accompagnée de la légende suivante : « Il s’appelait Kourosh Shirini. Il n’avait pas encore 17 ans lorsqu’il a été tué par des brutes à Téhéran, dans la rue Pirouzi — il a été assassiné, sans aucun avertissement. »
Dans un autre cas, Bennett apparaît dans un montage réunissant les visages de personnes tuées par les forces du régime lors de la répression des manifestations.
Le portrait du jeune Bennett semble avoir été extrait d’une photo publiée en décembre sur le compte Instagram de son père, sur laquelle on les voit tous deux en randonnée dans le sud d’Israël.
Plusieurs médias pro-régime ont souligné la présence de David Bennett sur ces publications. Des photos qu’ils ont mentionnées comme preuve que les affirmations faites par les dissidents concernant le nombre de victimes étaient exagérées.
« Le grand mensonge de l’organisation [dissidente iranienne] MKO, concernant le massacre de la rue Pirouzi, est enfin révélé », pouvait on lire dans un dépêche de l’agence de presse Fars.
« Les médias affiliés au MKO ont diffusé une photo d’un enfant nommé Kourosh Shirini, affirmant qu’il avait été tué par balle pendant les émeutes dans la rue Pirouzi, à Téhéran. Nous savons désormais que cette photo est en fait celle du fils de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, et qu’elle a été publiée dans le but de tromper et d’inciter la population à la violence. »
Bennett n’a encore fait aucun commentaire sur cette information.
La coupure d’Internet imposée par le gouvernement iranien après le début des manifestations a rendu difficile la vérification du nombre et de l’identité des victimes. Le Conseil national de sécurité iranien a fait état, la semaine dernière, de 3 117 personnes tuées. Le site Iran International, affilié à l’opposition, a pour sa part estimé le nombre de morts à plus de 36 000.
L’Iran a de surcroît, et pour la première fois, reconnu que des enfants figuraient parmi les personnes arrêtées lors des opérations de répression, a annoncé le New York Times. Le vice-président de la commission parlementaire iranienne chargée de l’éducation, Farshad Ebrahimpour, a ainsi admis qu’un « certain nombre » d’élèves de moins de 18 ans avaient été arrêtés. Les organisations de défense des droits humains estiment quant à elles qu’au moins 300 enfants et adolescents sont toujours en détention.
Des manifestations nationales contre la hausse du coût de la vie ont éclaté en Iran le 28 décembre, avant de prendre de l’ampleur et de se transformer en un mouvement antigouvernemental, qui a atteint son apogée les 8 et 9 janvier. Les manifestations ont depuis été étouffées par la violente répression du régime.