Une résolution BDS adoptée par l’Université du Maryland durant Yom Kippour

Les groupes juifs dénoncent un calendrier 'inacceptable' s'agissant de la date du vote de cette résolution symbolique anti-Israël ; le vote était initialement prévu pour Rosh HaShana avant d'être reporté

Photo d'illustration : Une pancarte d'étudiants manifestants pro-Palestiniens et anti-Israël, à l'université du Maryland, en mai 2024. (Crédit : Capture d'écran YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

JTA — L’association des étudiants (SGA) de l’université du Maryland (UMD) a adopté une résolution de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) le jour de Yom Kippour, entraînant les condamnations des responsables juifs sur le campus.

La résolution, adoptée mercredi soir par 29 voix contre une, appelle l’université et sa fondation caritative à mettre en œuvre des politiques de boycott de l’État juif à l’encontre des entreprises et des politiques universitaires qui, selon elle, « soutiennent ou tirent profit du régime d’apartheid et d’occupation d’Israël ».

Cette résolution est symbolique et les responsables du campus ont déclaré qu’elle n’aurait aucune influence sur les investissements de l’université.

Le vote a été critiqué par le directeur exécutif de la branche Hillel de l’UMD, qui a déclaré qu’il excluait les étudiants juifs du processus en étant organisé lors du jour le plus saint du calendrier juif.

« Organiser un vote qui vise à diaboliser le foyer des Juifs un jour où les étudiants juifs ne peuvent pas y participer est excluant, partial et tout simplement inacceptable », a écrit le rabbin Ari Israel dans un post publié sur Instagram par Campus for All, une page Hillel qui lutte contre l’antisémitisme sévissant de plus en plus sur les campus.

Le vote était initialement prévu pour Rosh HaShana mais il a ensuite été reporté à Yom Kippour, selon le journal étudiant de l’université, The Diamondback. En réponse, 18 organisations étudiantes juives, dont UMD Hillel, ont annoncé leur intention de boycotter toutes les futures réunions de la SGA sur cette question.

Selon The Diamondback, Abel Amene, un étudiant de dernière année, a défendu la date choisie pour le vote pendant la réunion.

« Je sais que certains sionistes et que certains Juifs exceptionnalistes ont affirmé que ce n’était pas le bon jour, aujourd’hui, pour soumettre cette résolution au vote », a dit Amene. « Mais je vous pose cette question simple : si le génocide a lieu pendant une fête juive… devons-nous attendre demain ou après-demain pour faire le peu que nous pouvons pour y mettre un terme ? »

Une veillée pour Gaza organisée par le groupe Students for Justice in Palestine le long du McKeldin Mall, au cœur du campus de l’université du Maryland, à l’occasion de l’anniversaire du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël à College Park, dans le Maryland, le 7 octobre 2024. (Crédit : CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP).

Les résolutions de type BDS avaient échoué en 2017, 2019 (le vote était prévu pendant Pessah) et 2024 au sein de l’établissement. L’initiative, prise dans la journée de jeudi, a été menée à bien après que les étudiants du Maryland se sont prononcés en faveur du boycott lors d’un référendum qui avait été organisé à l’échelle de l’ensemble du campus, en avril dernier.

Le vote a également eu lieu à la veille du deuxième anniversaire du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023 – une attaque sanglante qui avait déclenché la guerre à Gaza et qui avait donné le coup d’envoi à la vague de manifestations anti-israéliennes sur les campus américains.

L’an dernier, un juge fédéral avait ordonné à l’UMD d’autoriser un groupe d’étudiants pro-palestiniens à organiser un rassemblement sur le campus à l’occasion du premier anniversaire du massacre, après que l’université eut révoqué l’autorisation qui avait été précédemment accordée à l’organisation.

L’UMD compte la quatrième plus importante population étudiante juive aux États-Unis – avec près de 6 000 de ses 30 000 étudiants de premier cycle qui s’identifient comme Juifs, selon Hillel International.

Einav Tsach, étudiante à l’UMD et coprésidente du cabinet étudiant de Hillel International, a également condamné le vote. Tsach a accusé la SGA de l’université de l’avoir programmé dans le but de « diviser notre communauté universitaire et d’exclure les étudiants juifs d’un vote biaisé et erroné ».

Des vagues de résolutions BDS ont agité les campus universitaires avant et pendant la guerre entre Israël et le Hamas, mais elles n’ont pas toujours été adoptées.

Le mois dernier, le gouvernement étudiant de l’université du Connecticut a voté contre une tentative qui visait à organiser un référendum sur le mouvement BDS au sein de l’établissement d’enseignement supérieur.

Dans une déclaration au Diamondback, la semaine dernière, l’université a souligné que la résolution du SGA de l’UMD n’aurait aucune incidence sur sa politique ou sur ses pratiques.

La présidente de l’UMD, Darryll Pines, a également fait savoir au journal que, si l’université soutenait le droit des étudiants à débattre du sujet, elle souhaitait s’assurer que le processus soit « ouvert, équitable et qu’il permette un dialogue entre tous nos étudiants, dans toute leur diversité ».

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