Une Turco-Israélienne prise à partie par des islamistes anti-Israël dans un centre commercial d’Istanbul

Claudia Medina Halfon a notamment été traitée de 'terroriste' et de 'tueuse d’enfants' avant d'être accompagnée par le service de sécurité du centre commercial

Des manifestants brandissant des drapeaux turcs et palestiniens lors d'une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien, dans le contexte de la guerre qui oppose actuellement Israël au groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, sur le pont de Galata, à Istanbul, le 1ᵉʳ janvier 2026. (Crédit : Yasin Akgul/AFP)

Claudia Medina Halfon, une femme d’affaires israélienne née en Turquie, a été prise à partie dimanche par une foule d’activistes anti-Israël dans un centre commercial d’Istanbul, après que sa localisation eut été diffusée sur un réseau social.

Les manifestants l’ont traitée de « terroriste » et de « tueuse d’enfants » et ont exigé qu’elle quitte le pays, comme le montre une vidéo de l’incident.

« Tout le monde, regardez par ici, il y a une terroriste à Istanbul en ce moment même », lui crie l’un des militants dans le centre commercial.

Une autre personne crie : « Nous ne voulons pas de sionistes dans notre pays. »

D’autres continuent de la traiter de « terroriste » et de « tueuse d’enfants ».

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un groupe important de personnes s’approchant de Halfon, dont beaucoup tiennent leur téléphone portable pour filmer la confrontation. D’autres semblent tenter de lui barrer le passage dans le centre commercial.

Des agents de sécurité du centre commercial sont intervenus et l’ont escortée hors des lieux, tandis que d’autres membres du personnel empêchaient les manifestants de la suivre dans un escalator et tentaient de désamorcer la situation.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a condamné l’incident lundi, le qualifiant de « honteux et inacceptable ». « La Turquie déroule le tapis rouge aux terroristes du Hamas. Aujourd’hui, une citoyenne israélo-turque est harcelée et prise à partie dans un centre commercial d’Istanbul », a écrit le ministère sur le réseau social X, en partageant une vidéo de l’altercation provenant d’un compte turc.

« Lorsqu’un gouvernement offre un refuge aux terroristes, il ne faut pas s’étonner que leur haine trouve un écho dans ses rues », a-t-il ajouté.

Selon la chaîne N12, Halfon, qui travaille dans le secteur du tourisme, a fait l’objet de critiques sur les réseaux sociaux turcs, où elle est accusée d’amener des soldats de l’armée israélienne en vacances dans le pays.

N12 a également rapporté que la police et des équipes de secouristes avaient été appelées sur les lieux et que le centre commercial avait ensuite été évacué.

Avant l’altercation, un militant avait publié une vidéo appelant la population à se rassembler au centre commercial IstinyePark pour protester contre la présence de Halfon.

Les relations entre Israël et la Turquie sont particulièrement tendues depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.

Les relations d’Israël avec la Turquie, autrefois un allié proche en matière de sécurité, se sont considérablement détériorées après l’arrivée au pouvoir d’Erdoğan, et se sont en grande partie effondrées depuis le début de la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza. Erdoğan a comparé le Premier ministre Benjamin Netanyahu au dictateur nazi Adolf Hitler, tandis que ce dernier a qualifié son homologue turc de « dictateur antisémite » et l’a condamné pour avoir « commis un génocide contre les Kurdes » tout en soutenant le groupe terroriste du Hamas.

L’altercation de dimanche fait suite à d’autres incidents impliquant des citoyens israéliens en Turquie.

En février, une Israélienne a été arrêtée, accusée d’avoir profané le drapeau turc et d’avoir insulté Erdogan et la Palestine, selon la presse israélienne.

Dans une autre affaire survenue le même mois, une personne possédant la double nationalité turco-israélienne a été arrêtée alors qu’elle rendait visite à ses parents à Istanbul, pour avoir servi au sein de Tsahal. Elle a été placée en résidence surveillée pendant plusieurs jours jusqu’à ce que des pressions diplomatiques obtiennent sa libération et son retour en Israël.

Cette femme a été interpellée en vertu d’une loi turque interdisant de servir dans une armée étrangère, selon N12.

Israël réfute avec véhémence avoir commis des crimes de guerre ou un « génocide » à Gaza et affirme chercher à minimiser les pertes civiles. Le pays souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme boucliers humains et mène ses combats depuis des zones civiles, notamment des habitations, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

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