Université de Tours : un cours de droit en ligne perturbé par « une logorrhée raciste et antisémite »
Pendant deux heures, des intrus se réclamant d’un « e-blocus » ont déversé leur haine devant quelque 200 étudiants, en projetant notamment l’image de Samuel Paty. L’université a saisi la justice
Un cours de droit en distanciel a été perturbé jeudi par des individus ayant proféré des propos « extrêmement choquants » à caractère antisémite, raciste et violent, a dénoncé vendredi l’université de Tours, qui a signalé les faits à la justice.
Environ 200 étudiants suivaient ce cours de droit constitutionnel, organisé à distance en raison du blocage de l’université depuis lundi. Parti mi-septembre de la région parisienne le mouvement dit « lycéen » s’est depuis étendu à d’autres régions de France et affecte désormais non pas seulement les lycées mais également les universités.
Des personnes non identifiées, s’autoproclamant « e-bloqueurs », l’ont perturbé pendant deux heures avec « une logorrhée raciste et antisémite » et des références explicites à Samuel Paty, selon une responsable de l’établissement.
Le professeur a tenté de couper les micros, mais les intrus sont parvenus à les réactiver.
D’après le témoignage d’une étudiante, Éléonore, recueilli par Valeurs actuelles, les « e-bloqueurs » ont également proféré des menaces de viol et insulté l’enseignant ainsi que les étudiants. « Je suis complètement sous le choc, et tous les élèves de ma classe sont très choqués », a-t-elle confié.
« Le professeur a commencé son cours normalement, puis, au bout d’un quart d’heure environ, des personnes ont pris la parole pour l’empêcher de continuer, en disant qu’ils faisaient un e-blocus », raconte-t-elle. « Ils ont déblatéré des messages de haine, des appels au viol, des choses hyper violentes. »
Des messages sont aussi apparus à l’écran : « JE VIOLE LES ARABE ET LES JUIF JE SUIS LE FRERE DE ALLAH » (sic) et « ON VIOLE LES N*GRE » (sic). Les intrus ont par ailleurs appelé à « faire la même chose qu’à Samuel », tout en projetant une image de Samuel Paty, le professeur d’histoire-géographie assassiné par un terroriste islamiste en octobre 2020.
Selon Valeurs actuelles, l’un des participants, masqué derrière un pseudonyme et la caméra coupée, aurait lancé à des étudiantes, en les interpellant par leur prénom : « […] quand vous allez revenir en cours, on va tous vous violer, bande de petites p*utes. Les n*gres, on les viole aussi, comme ça vous êtes au courant, les petits n*gres. On viole tout le monde. »
Il aurait aussi pris à partie l’enseignant : « Pierre, on va te violer », avant de s’adresser au reste de la classe : « Vous écoutez un gros clochard, un gros pédophile de prof, bande de petites p*tes, c’est un pédophile. »
Dans un communiqué, l’université de Tours a dénoncé des propos « extrêmement choquants à caractère raciste, antisémite et d’appel à la violence », les qualifiant d’ « inacceptables » et n’ayant « pas leur place au sein de l’université ».
Son président, Philippe Roingeard, déclare que « ces faits sont d’une extrême gravité ». Il a réaffirmé que « l’université doit rester un lieu où tout le monde peut étudier, enseigner et travailler dans un cadre respectueux et sécurisé ». « Nous mettrons tout en œuvre pour que les responsabilités soient établies et pour éviter que de tels agissements puissent se reproduire », a-t-il ajouté.
L’identification des auteurs est « en cours », selon l’université, qui a effectué un signalement auprès de la procureure de la République de Tours. Contactée par l’AFP, la magistrate n’avait pas répondu dans l’immédiat sur l’ouverture éventuelle d’une enquête pénale.