USA : revirement sur une clause liant l’octroi de fonds à un non-boycott d’Israël
Quelques heures après sa publication, le département d'Etat retire la clause liant l'octroi de fonds aux États au maintien de relations commerciales avec les entreprises israéliennes
WASHINGTON — Lundi, l’administration du président américain Donald Trump est rapidement revenue sur une clause obligeant les États à maintenir des liens commerciaux avec Israël et les entreprises israéliennes pour avoir accès aux fonds d’urgence fédéraux. La clause a été publiée sur Internet, puis supprimée quelques heures plus tard.
Le département de la Sécurité intérieure a retiré sa déclaration exigeant des États qu’ils certifient qu’ils maintiennents « leurs relations commerciales spécifiquement avec des entreprises israéliennes » pour pouvoir bénéficier des fonds.
Reuters a rapporté dans la matinée de lundi que cette mesure concernait au moins 1,9 milliard de dollars, des fonds dont dépendent les États pour financer, notamment, les équipements de recherche et de sauvetage, les salaires des responsables des urgences et les systèmes d’alimentation électrique de secours, ainsi qu’en témoignent les 11 avis de subvention examinés par l’agence de presse.
Ce retrait marque un revirement pour l’administration Trump, qui avait jusqu’à présent cherché à sanctionner les institutions ne partageant pas son point de vue sur Israël ou sur l’antisémitisme.
Cette mesure concernant les fonds d’urgence fédéraux visait le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, dont l’objectif est d’exercer une pression économique sur Israël afin qu’il mette fin à son contrôle sur la Cisjordanie et sur Gaza. Les partisans de cette campagne se sont fait davantage entendre en 2023, après les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre dans le sud d’Israël, qui ont déclenché la guerre en cours à Gaza.
« Les subventions de la FEMA (l’Agence fédérale de gestion des catastrophes naturelles) restent régies par la législation et la politique en vigueur, et ne sont pas soumises à des tests politiques », a indiqué lundi après-midi la porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, dans un communiqué.
Le DHS supervise l’Agence fédérale de gestion des catastrophes naturelles (FEMA). Dans des avis de subvention publiés vendredi, la FEMA a annoncé que les États devaient respecter ses « conditions générales » pour pouvoir bénéficier d’un financement destiné à la prévention des catastrophes.
Ces conditions exigeaient des États qu’ils ne soutiennent pas ce que l’agence qualifiait de « boycott discriminatoire interdit », un terme défini comme le refus de traiter avec « des entreprises faisant des affaires en Israël ou avec Israël », des termes qu’on ne retrouve pas dans les nouvelles conditions, publiées ultérieurement lundi.