Valls appelle à voter pour la droite dans 3 régions pour contrer le FN
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Valls appelle à voter pour la droite dans 3 régions pour contrer le FN

"Dans ces moments-là, il ne faut pas s'accrocher, il faut être digne, à la hauteur de l'enjeu : conforter la République", a déclaré le Premier ministre français

Manuel Valls (photo credit: CC BY 3.0, by ComputerHotline, Wikimedia Commons)
Manuel Valls (photo credit: CC BY 3.0, by ComputerHotline, Wikimedia Commons)

Le Premier ministre socialiste français, Manuel Valls, a appelé lundi soir à voter pour la droite dans trois régions clés où l’extrême droite est arrivée en tête, pour tenter de faire barrage au Front national au deuxième tour des élections régionales.

« Quand on aime son pays, on n’hésite pas et on va droit au but », a déclaré le Premier ministre sur la chaîne TF1 lors de sa première intervention publique depuis les résultats du premier tour dimanche, marqué par une spectaculaire percée du Front national.

M. Valls a appelé à voter pour les listes de droite dimanche prochain dans le sud-est (Provence-Alpes-Côte d’Azur) où Marion Maréchal-Le Pen a totalisé plus de 40 % des voix, le nord (Nord-Pas-de-Calais-Picardie) où la présidente du FN Marine Le Pen a également obtenu plus de 40 % des suffrages et dans l’est (Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine) marqué par le succès du stratège du FN Florian Philippot.

Grand perdant du premier tour de ce scrutin, le parti socialiste a décidé de retirer ses candidats « dans les régions à risque Front national où la gauche ne devance pas la droite » pour « faire barrage républicain » à l’extrême droite.

A l’unisson, la presse française dresse un constat proche. « L’enjeu se résume à une question : qui sera capable d’arrêter Marine Le Pen ? », s’interroge l’influent journal Le Monde (centre-gauche).

« Le FN aux portes du pouvoir », titre le quotidien populaire Le Parisien. « Impensable jusqu’ici, l’idée d’une prise de pouvoir prend corps pour ce parti qui gagne cinq points à chaque élection », estime Libération (gauche).

« Le Front national s’installe avec fracas au coeur de notre paysage politique. Pour la gauche comme pour la droite, c’est un échec cinglant », résume le quotidien conservateur Le Figaro.

Partie de 11,4 % aux régionales de 2010, la formation d’extrême droite a inexorablement progressé à chaque scrutin local, national ou européen depuis cinq ans.

Il recrute désormais dans toutes les classes de la société, s’appuyant sur un discours europhobe et anti-immigrés et un rejet de la classe politique classique, dans un pays où le chômage endémique affecte près de 3,6 millions de personnes.

A droite, l’ancien président Nicolas Sarkozy, chef des Républicains (LR), a rejeté « toute fusion et tout retrait » dans les régions susceptibles de basculer au FN. Son parti a avalisé lundi cette stratégie, récusée en revanche par ses alliés centristes.

Dans la perspective de la présidentielle, le succès de l’extrême droite est un coup dur pour Sarkozy, qui comptait tirer profit d’une victoire des Républicains aux régionales pour la primaire à droite prévue fin 2016.

Hors de la classe politique, un appel à « voter massivement » contre le FN a également émané lundi des représentants de la communauté juive française.

Communiqué de presse – 7 décembre 2015Nous appelons à faire barrage au Front NationalNous appelons à voter…

Posted by CRIF on Monday, 7 December 2015

#UnisContreLeFN Le 6 et 13 Décembre 2015. Soyons Unis! Votons pour la république ! Votons contre le Front National…

Posted by Union des Etudiants Juifs de France [ UEJF ] on Thursday, 3 December 2015

L’extrême droite, en tête dans six régions sur treize au premier tour des élections régionales françaises, espère rafler la présidence de plusieurs d’entre elles dimanche prochain. Tour d’horizon des points chauds avant le second tour du 13 décembre.

NORD, PROVENCE, ALSACE : TROIS CIBLES CLÉS POUR LE FN

Le FN a réalisé ses meilleurs scores avec ses principaux ténors, en lice dans le nord (Nord Pas-de-Calais Picardie), le sud-est (Provence Alpes Côte d’Azur) et l’est de la France (Alsace Champagne-Ardennes Lorraine).

Dans le nord, Marine Le Pen, sa présidente, affrontera en duel le candidat de l’opposition de droite, Xavier Bertrand, un ancien ministre de Nicolas Sarkozy qu’elle a largement devancé au premier tour (40,64 % contre 24,96 %).

Son adversaire espère rallier à lui les voix de la gauche, après le retrait du candidat socialiste Pierre de Saintignon (18,12 %) et l’élimination des écologistes et des communistes qui ont appelé à « faire obstacle » au FN.

Même configuration dans le sud-est pour Marion Maréchal-Le Pen : nièce de Marine, elle a aussi franchi le cap des 40 % au premier tour, loin devant son rival de droite, le maire de Nice Christian Estrosi (26,48 %).

Elle aborde le second tour avec un atout : la difficulté potentielle de son adversaire à rallier les voix de gauche (23 % en cumulé) après avoir longtemps tenu un discours très dur, dénonçant par exemple dénonçant une « cinquième colonne » islamiste en France.

Avec 36 % dimanche dans l’est, Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen et artisan de la stratégie de « dédiabolisation » du FN, dont il est l’un des vice-présidents, peut espérer la victoire au profit d’une triangulaire le 13 décembre.

Largement battu, le candidat socialiste dans la région refuse pour l’instant l’injonction de son parti à se retirer au profit de la droite.

D’AUTRES REGIONS A SUSPENSE POUR L’EXTREME DROITE

L’issue du second tour s’annonce incertaine pour trois autres triangulaires dans des régions où l’extrême droite est largement en tête, et une quatrième où elle talonne la droite.

En Bourgogne-Franche Comté (centre-est), le FN devance de sept et huit points droite et socialistes. Il peut bénéficier du maintien de ses deux adversaires pour emporter la mise.

En Midi/Languedoc (sud), le Parti socialiste espère conserver la région grâce à une forte réserve de voix à gauche, malgré un retard de sept points sur le candidat d »extrême droite, Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, et le maintien de la droite.

Une situation quasi similaire prévaut en Centre-Val de Loire (centre).

La Normandie (nord-ouest) est la région la plus indécise, avec la droite, le FN et les socialistes dans un mouchoir de poche au premier tour.

COMBAT SERRE DROITE/GAUCHE A PARIS ET LYON

Distancé par la droite au premier tour, le PS entretient l’espoir de garder la région parisienne (Ile-de-France), qu’il contrôle depuis 17 ans, en rassemblant au second tour une gauche éparpillée aux réserves de voix plus fortes que prévu.

En Rhône Alpes Auvergne (centre-est), dont Lyon est la capitale, la droite est largement en tête mais a moins de réserves que les socialistes.

Dans les deux cas, le FN est en position de jouer les arbitres du second tour.

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