Vance : L’accord avec l’Iran est un « coup de maître pour le peuple américain », que cela plaise ou non à Israël

L'objectif principal des États-Unis est d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, assure le vice-président ; Donald Trump affirme être 'dans la dernière ligne droite' des négociations de paix et insiste sur le fait que Benjamin Netanyahu ne lui a pas désobéi en réagissant aux nouvelles attaques iraniennes

Le vice-président américain JD Vance s'adressant aux journalistes à son arrivée à la base militaire d'Andrews, dans le Maryland, le 28 mai 2026. (Crédit : Matt Rourke/Pool/AFP)

Mardi, le vice-président américain, JD Vance, a déclaré que l’accord de paix en cours de négociation entre Washington et Téhéran constituait un « coup de maître pour le peuple américain », que cela plaise ou non à Israël.

Ces propos interviennent alors que le président américain Donald Trump a estimé qu’un accord serait conclu d’ici deux ou trois jours, et a démenti que le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui ait tenu tête en ripostant aux nouvelles attaques de missiles lancées par l’Iran contre Israël dimanche soir.

Dans une interview accordée à Fox News, Vance a indiqué que les États-Unis et Israël « ont de nombreux intérêts communs, mais qu’il existe également des situations où nos intérêts divergent ».

« Je pense que le président a été très clair sur ce point : si Israël a évidemment ses propres objectifs, l’objectif principal des États-Unis en Iran est de s’assurer que ce pays ne dispose pas de l’arme nucléaire », a déclaré Vance.

Il a affirmé que depuis le retour au pouvoir de Trump, la Maison Blanche avait « créé l’espace » nécessaire à un accord sur le nucléaire qui serait meilleur à celui conclu en 2015 – connu sous l’acronyme JCPOA – par le président américain de l’époque, Barack Obama.

« Au cours de la dernière année et demie, nous avons créé l’espace nécessaire pour que le président estime – et je pense qu’il a raison – que nous pouvons parvenir à un règlement à long terme concernant l’accord sur le nucléaire iranien », a-t-il déclaré.


« Israël peut apprécier cela, ou ne pas l’apprécier », a ajouté Vance.

« Mais, fondamentalement, nous pensons que c’est dans le meilleur intérêt des États-Unis d’Amérique. »

Interrogé sur la question de savoir si les Iraniens « essaient de manipuler » les négociateurs américains, Vance a répondu : « Tout le monde essaie toujours de manipuler tout le monde. »

Selon Vance, l’accord en cours d’élaboration par Trump était meilleur que celui d’Obama, car le JCPOA, dont Trump s’était retiré en 2018 après un lobbying intense de la part de Netanyahu, ne comportait pas de « régime d’inspection adéquat pour garantir que les Iraniens ne puissent jamais fabriquer d’armes nucléaires ».

« C’est l’une des grandes différences entre ce qui s’est passé à l’époque et ce à quoi le président des États-Unis parviendrait, en supposant que nous parvenions finalement à conclure un accord », a-t-il affirmé.

« Nous adopterons l’attitude suivante : ‘Accomplir la mission du président, mais vérifier, à long terme, que les Iraniens respectent leur part du marché’ », a-t-il ajouté.

« C’est un défi de taille, mais le président nous a mis en bonne position pour le relever. »

Selon Vance, les Iraniens « ne veulent pas que cette guerre se poursuive ; ce n’est pas dans leur intérêt, et je pense qu’ils viennent à la table des négociations et qu’ils proposent certaines choses ».

Des diplomates iraniens et des représentants des puissances du P5+1 réunis pour discuter de l’accord sur le nucléaire de 2015 – connu sous l’acronyme JCPOA -, à Vienne, en Autriche, le 25 avril 2017. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

« Nous allons bien sûr vérifier cela, mais si nous parvenons à cet accord, ce sera une victoire éclatante pour le peuple américain », a-t-il déclaré.

Trump : Nous sommes dans les « derniers soubresauts » de l’accord

Les propos de Vance font suite aux échanges de tirs entre Israël et l’Iran, dimanche soir et lundi, les premiers depuis deux mois, qui ont interrompu les négociations en vue d’un accord de paix. Les deux parties ont depuis annoncé qu’elles cesseraient le feu.

Dimanche soir, l’Iran a ouvert le bal en tirant une salve de missiles sur le nord d’Israël, après que ce dernier a pris pour cible le groupe terroriste chiite du Hezbollah à Beyrouth.

Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Trump avait publiquement appelé Israël à ne pas riposter à l’attaque iranienne et Netanyahu aurait annulé, lundi, une frappe de grande envergure en Iran, après que le président américain l’eut averti qu’Israël serait seul dans cette bataille.

Interrogé lors d’une conversation rapportée par la BBC sur la question de savoir si Netanyahu lui avait désobéi en attaquant l’Iran, Trump a répondu : « Non, non. Ce n’est pas ce qui s’est passé. »

Selon le président américain, les missiles iraniens « avaient déjà été lancés » et les soldats israéliens « étaient déjà en route » lorsque Trump s’est entretenu avec Netanyahu, tard dimanche soir.

« Si je lui dis de faire quelque chose, il le fait », a déclaré Trump, selon la BBC.

Le président américain Donald Trump montant à bord de l’Air Force One avant son départ de l’aéroport international John F. Kennedy, à New York, le 9 juin 2026. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

« Tout ce que j’ai dit, c’est qu’il fallait faire preuve de bon sens, que nous étions sur le point de signer un accord très solide, un très bon accord. »

De retour du match de la finale de la NBA qui s’est déroulé lundi soir à New York et où il s’est fait par ailleurs hué, Trump a également déclaré aux journalistes : « Nous sommes dans la dernière ligne droite de ce qui sera un très, très bon accord. »

Il a estimé que la conclusion de cet accord prendrait « deux ou trois jours ».

Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements conjoints sur l’Iran dans le but de déstabiliser le régime de la République islamique et de détruire ses programmes de missiles balistiques et nucléaires.

L’Iran a riposté par des frappes de missiles et de drones dans toute la région et en imposant un blocus du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ un cinquième des livraisons mondiales de pétrole en temps de paix.

Les combats se sont poursuivis jusqu’au 8 avril, date à laquelle un cessez-le-feu est entré en vigueur. Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, menés sous l’égide du Pakistan en vue de mettre fin à la guerre, ont depuis achoppé sur le programme nucléaire iranien et le contrôle du détroit d’Ormuz après la guerre, entre autres questions.

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