Vanderbilt enquête sur un de ses professeurs, auteur d’un problème de maths accusant Israël d’occupation

« De la rivière à la mer, la Palestine (...) faisait environ 100 km de large en 1946 », dit le problème donné aux étudiants; selon l'Université de Nashville ; cette question a été supprimée

Des militants pro-palestiniens et anti-Israël organisent une manifestation- campement à l'université Vanderbilt, le 3 mai 2024, à Nashville, Tennessee. (Photo AP/George Walker IV)

JTA — L’université Vanderbilt a ouvert une enquête sur un de ses professeurs de mathématiques qui aurait donné un exercice accusant Israël d’occuper un territoire palestinien, ce qui lui a valu la critique du groupe militant StopAntisemitism.

Maître de conférences au département de mathématiques de l’université, Tekin Karadağ s’est attiré la colère de cet organisme de surveillance de l’antisémitisme sur les réseaux sociaux qui a eu connaissance d’une des slides présentées en cours, agrémentée d’un slogan de protestation anti-israélien et d’un commentaire laissant entendre que l’actuel Israël appartenait en fait à un État palestinien.

« Supposons que la Palestine est un État de forme rectangulaire. Il y a la mer Méditerranée à l’ouest et le fleuve Jourdain à l’est », pouvait-on lire sur la slide. « De la rivière à la mer, la Palestine (…) faisait près de 100 km de largeur en 1946. Or, le territoire diminue de 250 km²/an, en raison de l’occupation israélienne. À quelle vitesse cette largeur diminue-t-elle aujourd’hui ? »

Ressortissant turc ayant obtenu son doctorat à l’Université du Texas A&M en 2021, Karadǎg, avait mis cette question dans la catégorie « Exemples liés aux questions d’actualité » de l’un de ses cours de calcul, explique StopAntisemitism qui, sur X, a accusé le professeur « d’imposer ses biais anti-israéliens et antisémites à ses élèves ».

Dans un communiqué qu’elle a fait suivre à la Jewish Telegraphic Agency, Vanderbilt assure que le problème en question a été retiré des cours et qu’une enquête a été ouverte sur Karadağ.

« L’université a reçu des plaintes selon lesquelles un membre du corps professoral aurait eu des comportements inappropriés au niveau des cours et exercices proposés pendant les cours », ajoute l’établissement. « Le problème en question a été retiré, et une enquête a été officiellement ouverte conformément aux règlements de l’université. »


Ces dernières années, le débat autour du conflit israélo-palestinien s’est tendu sur les campus universitaires américains, parfois du fait même du corps professoral, désormais placé sous surveillance voire sanctionné lorsque les universités estiment qu’ils outrepassent les limites de la liberté académique.

Selon un récent rapport du groupe de travail antisémitisme de l’université Columbia, les étudiants ont souvent été exposés à des prises de positions pro-palestiniennes dans des cours pourtant sans aucun rapport avec les questions du Moyen-Orient — comme par exemple les cours de danse ou de mathématiques.

Ce n’est pas la première fois que Vanderbilt, à Nashville, dans le Tennessee, fait preuve de diligence face à des propos pro-palestiniens et anti-israéliens sur son campus. En mars 2024 déjà, l’université, qui compte près de 1 100 étudiants juifs de premier cycle, a été l’une des premières à expulser des étudiants ayant participé à des manifestations pro-palestiniennes. Cette année, la « note » de l’école en matière de gestion de l’antisémitisme, attribuée par l’Anti-Defamation League, est passée de « C » à « A ».

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