Violences présumées sur les militants de la flottille à Gaza: Enquête ouverte en France
Le gouvernement a demandé le lancement d'investigations pour 'crimes de guerre' ; deux des plus de 30 militants français à bord de la flottille seraient toujours hospitalisés ; Israël nie les accusations d'abus
La France a ouvert une enquête sur des allégations de « crime de guerre » et de « tortures » concernant le traitement qui a été réservé par Israël aux citoyens français ayant participé à la récente flottille pour Gaza, a fait savoir le parquet vendredi.
Cette enquête a été ouverte à la demande du gouvernement, a précisé le Parquet national antiterroriste (PNAT), après que des militants ont accusé les autorités israéliennes de les avoir maltraités durant leur détention, le mois dernier.
Israël a interpellé les plus de 430 militants originaires de différents pays qui se trouvaient à bord des bateaux arraisonnés dans les eaux internationales le 18 mai, alors qu’ils tentaient une nouvelle fois de briser le blocus maritime israélien imposé sur le territoire.
Le ministre de la Sécurité intérieure d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé, tant en Israël qu’à l’étranger, après avoir publié une vidéo dans laquelle il se moquait des militants de la flottille, les mains liées et agenouillés.
La France fait partie des nombreux pays qui ont interdit l’entrée sur leur territoire à Itamar Ben Gvir à la suite de cet incident.
Plusieurs militants français ont décrit le calvaire violent et humiliant qu’ils ont vécu à leur retour en France le 22 mai. Ils ont déclaré aux journalistes que deux des plus de 30 citoyens français qui se trouvaient à bord de la flottille étaient toujours hospitalisés en Turquie.
L’une des personnes rapatriées a raconté qu’un soldat l’avait molestée et giflée dans un conteneur plongé dans l’obscurité, et qu’elle avait été terrifiée à l’idée d’être violée.
Une autre a rapporté que les militants détenus avaient été contraints de se mettre dans ce qu’elle a qualifié de « position douloureuse » : à genoux, le front contre le sol, durant plusieurs heures, au son de l’hymne national israélien diffusé en boucle.
L’administration pénitentiaire israélienne (IPS) a déjà rejeté les accusations d’abus formulées par les militants de la flottille. Elle a assuré que tous les détenus avaient été gardés « conformément à la loi, dans le plein respect de leurs droits fondamentaux », et qu’ils avaient reçu les soins médicaux nécessaires, prodigués par des professionnels.
Interrogée par l’AFP sur ces allégations de violences physiques et psychologiques, de harcèlement sexuel, d’agressions et de viols, l’administration pénitentiaire israélienne (IPS) a répondu que ces accusations étaient « dépourvues de tout fondement factuel ».