Washington : De « réels progrès » ont été réalisés dans la démilitarisation de Gaza

Washington juge la reconstruction difficile, mais dit avancer vers une Gaza sans Hamas et la sécurité d’Israël ; Kushner et le CICR commémorent le retour des 20 otages

Des policiers armés du Hamas patrouillant, dans Gaza-City, le 11 octobre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

La démilitarisation de la bande de Gaza a enregistré de « réels progrès », ont affirmé mardi les États-Unis, à l’occasion du premier anniversaire du sommet de paix de Charm el-Cheikh, qui avait marqué le lancement de l’accord de libération des otages et de cessez-le-feu à Gaza.

Depuis l’entrée en vigueur de la trêve négociée par l’administration du président américain Donald Trump, « une série de réalisations remarquables a jeté les bases d’une nouvelle Gaza », selon un communiqué américain qui cite notamment « un cessez-le-feu durable, le retour de tous les otages, vivants ou morts, la mise en place du Conseil de Paix et d’une administration technocratique palestinienne chargée de gouverner Gaza, ainsi qu’un plan de reconstruction dont le coût a été entièrement chiffré ».

Le département d’État américain a également affirmé que le détournement de l’aide humanitaire par le Hamas avait « diminué ».

« Mais nous faisons de réels progrès vers une bande de Gaza démilitarisée, où les Palestiniens pourront vivre libérés du joug du Hamas, tandis que les Israéliens pourront bénéficier d’une sécurité véritable et durable. »

Par ailleurs, Jared Kushner, haut représentant américain, et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont commémoré le premier anniversaire de la libération des 20 derniers otages encore en vie détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas, évoquant l’émotion de leurs retrouvailles avec leurs familles ainsi que les efforts diplomatiques qui avaient permis leur libération.

« Il y a un an aujourd’hui, les 20 otages israéliens encore en vie sont enfin rentrés chez eux après deux années de souffrances inimaginables à Gaza », a écrit Kushner sur X, décrivant le fait d’avoir assisté à leur retour comme « l’un des moments les plus marquants de ma vie ».

Des Palestiniens inspectent l’épave d’une voiture détruite lors d’une frappe israélienne dans le quartier de Tuffah, à Gaza-City, le 13 octobre 2026. (Crédit : Omar AL-QATTAA/AFP)

Kushner a remercié Trump pour son leadership et sa détermination, ainsi que le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables d’Israël, du Qatar, d’Égypte et de Turquie qui ont contribué à la conclusion de l’accord d’octobre 2025.

Julien Lerisson, chef de la délégation du CICR en Israël, a déclaré au Times of Israel que la libération des otages illustrait le pouvoir de la diplomatie pour sauver des vies.

« Les voir retrouver leurs proches, qui avaient attendu ce moment chaque jour dans l’angoisse, est une image qui restera gravée dans ma mémoire », a déclaré Lerisson.

Il a rappelé que, tout au long de leur captivité, le CICR avait réclamé à plusieurs reprises la libération inconditionnelle de tous les otages.

Il a toutefois précisé que cette opération n’aurait pas été possible « sans l’accord entre les parties et les efforts considérables des médiateurs ».

Des amis et des proches célèbrent le retour de l’otage libéré Omri Miran à son domicile du kibboutz Kramim, le 17 octobre 2025. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

« Les accords politiques permettent de sauver des vies », a affirmé Lerisson. « Rien ne peut se substituer à la volonté politique de protéger la vie humaine. »

Un an après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a indiqué que 1 488 personnes avaient été tuées et 5 281 blessées par les frappes et les tirs de l’armée israélienne dans la bande de Gaza depuis le 11 octobre 2025.

Ce bilan ne distingue pas les terroristes des civils.

Tsahal n’a publié aucun chiffre concernant les frappes menées ou les terroristes tués dans la bande de Gaza depuis le début de la trêve.

Dans un autre développement, le Hamas a confirmé qu’un de ses membres, responsable de la mort du sergent-chef Barel Hadaria Shmueli, garde-frontière israélien tué lors d’une émeute à la frontière avec Gaza en août 2021, avait lui-même été éliminé au cours de combats dans la bande de Gaza, deux ans plus tôt.

Le 21 août 2021, des Palestiniens de la bande de Gaza ont organisé une importante manifestation le long de la frontière, près de l’ancien poste-frontière de Karni. Au cours du rassemblement, des dizaines d’émeutiers se sont rués vers la barrière frontalière, atteignant une ouverture pratiquée dans le mur de béton qui servait de poste de tir aux tireurs d’élite israéliens.

Muhammad Maher Abu Jasser, membre du Hamas, s’est approché de cette ouverture, y a introduit son pistolet et a tiré trois coups de feu. L’une des balles a atteint Shmueli à la tête et l’a grièvement blessé. Il est décédé des suites de ses blessures quelques jours plus tard.

Lors du cessez-le-feu de janvier 2025, les médias palestiniens ont indiqué que le corps d’Abu Jasser avait été retrouvé à l’issue de combats entre le groupe terroriste et Tsahal à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza.

Lundi, le Hamas a publié une vidéo rendant hommage à Abu Jasser, précisant qu’il avait été tué le 6 décembre 2024. Dans cette vidéo, Abu Jasser reconnaissait être l’auteur du meurtre de Shmueli en 2021.

L’armée israélienne et le Shin Bet, l’agence de sécurité intérieure israélienne, n’ont pas commenté ces informations.

Dans le même temps, l’armée a annoncé mardi que cinq terroristes avaient été neutralisés lors de frappes israéliennes dans la bande de Gaza au cours des jours précédents.

Tsahal a indiqué qu’une frappe menée dimanche à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, avait tué trois membres du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, alors qu’ils étaient réunis pour préparer des attaques contre les troupes israéliennes.

Selon Tsahal, il s’agissait de Muhammad Abu Hajjaj, spécialiste du génie, Yousef Abu Razak, commandant adjoint d’une escouade, et Abdelhamid Jadallah, spécialiste des roquettes.

Une autre frappe, menée lundi dans le sud de la bande de Gaza, a éliminé Salah a-Din Iyad Abd al-Hamid et Izz a-Din Iyad Diab Barhoum, que l’armée a identifiés comme deux membres de l’unité d’élite Nukhba de la brigade de Rafah du Hamas.

Tsahal a affirmé que ces cinq terroristes menaient des attaques contre les troupes israéliennes et les civils, et tentaient de reconstituer les capacités opérationnelles des deux groupes terroristes, « en violation systématique du cessez-le-feu ».

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 74 377 personnes au total ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre.

Tsahal estime que le bilan global communiqué par le Hamas est globalement exact. Selon les responsables militaires israéliens, deux à trois civils ont été tués pour chaque terroriste éliminé.

L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 24 000 membres de groupes terroristes dans la bande de Gaza pendant la guerre, ainsi que 1 600 autres terroristes sur le territoire israélien lors de l’invasion et du pogrom du 7-Octobre.

Tsahal justifie les frappes menées pendant le cessez-le-feu par la nécessité de prévenir des attaques que les terroristes avaient prévu de mener contre les troupes israéliennes déployées dans la bande de Gaza.

Les États-Unis ont demandé à Israël de limiter ses ripostes aux seules menaces imminentes, alors qu’ils s’efforcent de faire progresser leur plan de désarmement du Hamas. Jérusalem a toutefois largement ignoré ces appels.

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