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Washington sanctionne une société israélienne pour son logiciel Predator

Le Trésor a condamné Intellexa Consortium pour le logiciel qui permet l'extraction non autorisée de données, une technologie ciblant des journalistes et des fonctionnaires

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Extrait de l'entretien de Forbes de Tal Dilian, fondateur d'Intellexa Consortium, sanctionné par les États-Unis, en 2019. (Crédit : Capture d'écran YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Extrait de l'entretien de Forbes de Tal Dilian, fondateur d'Intellexa Consortium, sanctionné par les États-Unis, en 2019. (Crédit : Capture d'écran YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Les autorités américaines ont annoncé mardi des sanctions à l’encontre de deux personnes et d’une société commerciale de logiciels espions basée en Grèce, dirigée par un ancien officier de l’armée israélienne, qui a développé, exploité et distribué une technologie utilisée pour cibler des représentants du gouvernement américain, des journalistes et des experts politiques.

Les sanctions visent Intellexa Consortium, qui, selon les États-Unis, a vendu et distribué des logiciels espions commerciaux et des outils de surveillance pour des campagnes de surveillance ciblée et de masse. D’autres entités associées à Intellexa – dont Cytrox AD, basée en Macédoine du Nord, Cytrox Holdings ZRT, basée en Hongrie, et Thalestris Limited, basée en Irlande – ont été sanctionnées pour avoir participé au développement et à la distribution d’un ensemble d’outils connu sous le nom de Predator.

Predator permet à un utilisateur d’infiltrer des appareils électroniques par le biais d’attaques « sans-clic » qui ne requièrent aucune interaction de la part de l’utilisateur pour que le logiciel espion infecte l’appareil. Ce logiciel espion, qui a été utilisé dans des dizaines de pays, a permis l’extraction non autorisée de données, la géolocalisation et l’accès à des informations personnelles sur des appareils compromis.

Les responsables de l’administration Biden ont déclaré que c’était la première fois que le département du Trésor sanctionnait des personnes ou des entités pour l’utilisation abusive d’un logiciel espion.

« Le logiciel espion Predator a été déployé par des acteurs étrangers dans le but de surveiller secrètement des représentants du gouvernement américain, des journalistes et des experts politiques », a affirmé le Trésor.

« Les mesures prises aujourd’hui représentent une avancée tangible dans la lutte contre l’utilisation abusive d’outils de surveillance commerciaux, qui présentent un risque croissant pour la sécurité des États-Unis et de leurs citoyens », a déclaré Brian Nelson, sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier.

Le département du Trésor, à Washington, le 18 janvier 2023. (Crédit : Jon Elswick/AP)

« Les États-Unis s’attachent à établir des garde-fous clairs pour le développement et l’utilisation responsables de ces technologies, tout en assurant la protection des droits de l’Homme et des libertés civiles des individus dans le monde entier », a souligné Nelson.

Intellexa a été créée en 2019 par Tal Jonathan Dilian, ancien officier de Tsahal.

Dilian et sa partenaire Sara Aleksandra Fayssal Hamou, une spécialiste de la délocalisation d’entreprises qui a fourni des services de gestion à Intellexa, ont également été sanctionnés en tant que personnes physiques.

Dilian était auparavant associé au groupe NSO, créateur du célèbre logiciel espion Pegasus, qui a valu à Israël des démêlés diplomatiques délicats au cours des dernières années. NSO Group a été accusé de vendre ses logiciels espions à des pays peu respectueux des droits de l’Homme, comme l’Arabie saoudite, le Mexique, le Pakistan, la Hongrie, l’Azerbaïdjan et bien d’autres encore.

Forbes a précédemment rapporté que Dilian avait racheté Cytrox en 2019 pour faire d’Intellexa un « guichet unique » pour les services et produits de piratage et de surveillance électronique.

Selon des documents marketing, Intellexa offrait à ses clients la possibilité de pirater à la fois les systèmes d’exploitation Android et iOS d’Apple.

Le cabinet Security Lab d’Amnesty International a publié en octobre un rapport indiquant que Predator avait été utilisé pour cibler, sans nécessairement les infecter, des appareils connectés à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et à la présidente de Taïwan, Tsai Ing-Wen, ainsi qu’au représentant républicain Michael McCaul (Texas) et au sénateur républicain John Hoeven (Dakota du Nord).

En décembre 2021, les limiers numériques du Citizen Lab de l’université de Toronto ont découvert un logiciel espion Predator sur l’iPhone d’un éminent dissident égyptien en exil. Dans le cadre d’une enquête menée conjointement avec Facebook, Citizen Lab a découvert que Cytrox avait des clients dans des pays tels que l’Arménie, la Grèce, l’Indonésie, Madagascar, Oman, l’Arabie saoudite et la Serbie.

Un logo sur une succursale de la société israélienne NSO Group, près de Sapir, dans le sud d’Israël, le 24 août 2021. (Crédit : Sebastian Scheiner/AP)

En juillet dernier, Washington a inscrit sur sa liste noire les unités d’Intellexa enregistrées en Grèce et en Irlande. Elles ont été placées sur la liste des entités du ministère du Commerce, qui interdit strictement aux Américains de commercer avec ces entreprises.

Haaretz avait rapporté en juin 2023 que l’entreprise publique de défense Israel Aerospace Industries avait été l’un des premiers investisseurs dans Cytrox, mais qu’elle avait vendu ses parts à Intellexa au début de l’année 2019.

Les nouvelles sanctions surviennent après que l’administration Biden a dévoilé le mois dernier une nouvelle politique qui lui permettra d’imposer des restrictions en matière de visa aux personnes étrangères impliquées dans l’utilisation abusive de logiciels espions commerciaux.

Cinq entreprises ont également été sanctionnées, selon la notification de mardi, pour des activités telles que l’exportation d’outils de surveillance d’Intellexa vers des régimes autoritaires et le fait de travailler en tant que développeur du logiciel espion Predator.

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