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Un documentaire confirme l’antisémitisme de Roger Waters

L'ex-leader de Pink Floyd s'est - entre autres - moqué d'une victime de la Shoah et a humilié son entourage juif, selon le documentaire de l'ONG Campaign Against Antisemitism

Le cinéaste Emilio Schenker arborant un drapeau israélien lors d'un concert de Roger Waters à l'O2 Arena de Londres, au Royaume-Uni, le 7 juin 2023. (Crédit : Capture d'écran de la vidéo Twitter ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Le cinéaste Emilio Schenker arborant un drapeau israélien lors d'un concert de Roger Waters à l'O2 Arena de Londres, au Royaume-Uni, le 7 juin 2023. (Crédit : Capture d'écran de la vidéo Twitter ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

L’ancien leader des Pink Floyd, Roger Waters, aurait voulu écrire des insultes antisémites sur un cochon gonflable qui était utilisé comme accessoire de scène, aurait raillé une victime de la Shoah et humilié des membres juifs de son entourage, selon un nouveau documentaire.

Ce film de 37 minutes, intitulé « The Dark Side of Roger Waters », [La face obscure de Roger Waters], est sorti mercredi à l’initiative de l’organisation britannique Campaign Against Antisemitism [Campagne contre l’antisémitisme].

Dans ce film, les réalisateurs interrogent d’anciens membres du groupe et des collaborateurs de Waters et révèlent un courriel antisémite envoyé par le musicien, confirmant ainsi les accusations d’antisémitisme portées de longue date à l’encontre de la rock star. Waters est un fervent défenseur des Palestiniens et il nie toutes les allégations d’antisémitisme.

Dans un e-mail révélé dans le film, Waters demande à son équipe d’ajouter des tropes antisémites à un accessoire de scène lors de sa tournée de 2010.

« Hey les gars, qui va s’occuper du cochon ? », écrit Rogers dans l’e-mail de 2010, en référence à un gros cochon gonflable qui survole le public lors de ses concerts. Waters explique comment il « imagine » le cochon couvert de slogans tels que « dirty kyke » (sale youpin), un mot raciste et profondément offensant qui fait référence au peuple juif.

Il suggère également d’y apposer des signes de dollars et des slogans tels que « follow the money » [suivez l’argent], « scum » [racaille], un croissant et une étoile ainsi que des étoiles de David, entre autres slogans et symboles, comme on peut le voir dans le film.

En 2013, lors d’un concert en Belgique, Waters a été critiqué pour avoir fait flotter au-dessus de son public un cochon décoré d’une étoile de David et de symboles de régimes dictatoriaux.

Waters avait également suggéré de « bombarder » le public de confettis en forme de croix gammée, d’étoile de David et de signes de dollar, selon le film.

Les réalisateurs ont rencontré Norbert Stachel, ancien saxophoniste de Waters, et Bob Ezrin, producteur de musique renommé qui a travaillé avec Pink Floyd sur son album phare de 1979, « The Wall ».

Stachel et Ezrin, tous deux Juifs, ont affirmé que Waters avait tenu des propos désobligeants ou méprisants à l’égard des Juifs.

Dans l’un des incidents allégués, Stachel rapporte qu’en 2002, Waters s’est moqué de sa grand-mère, assassinée pendant la Shoah.

Au cours d’une conversation, Stachel a dit à Waters que tous les membres de la famille de son père avaient été tués pendant le génocide, ce à quoi Waters a répondu : « Je peux t’aider à retrouver les membres de ta famille qui sont morts il y a longtemps. Je peux t’aider à rencontrer ta grand-mère décédée. »

Selon Stachel, Waters lui aurait dit : « J’imite très bien les paysannes polonaises. »

« C’était un genre de slapstick, une manière insultante d’imiter la façon de parler d’une personne sans éducation, de classe inférieure et peut-être pas très intelligente », a expliqué Stachel. « Ce qui m’a frappé, c’est qu’après avoir fait cela, il a continué en disant : ‘Voilà, tu as rencontré ta grand-mère, qu’est-ce que tu en penses ?' »

Stachel a également raconté comment Waters avait été agacé par des plats végétariens lors d’un repas au cours d’une tournée au Liban en 2002, et les avait qualifiés de « bouffe de Juif ».

« Qu’est-ce que c’est que cette bouffe de Juif ? Enlevez la bouffe de Juif », aurait dit Waters, toujours selon Stachel.

« Et j’étais assis là, ‘Oh, bon sang’, vous savez, bouche bée une fois de plus et un peu paniqué », a confié Stachel.

Roger Waters sur scène, à Berlin, en mai 2023. (Crédit : Capture d’écran Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Un collègue aurait conseillé à Stachel de ne pas réagir aux remarques anti-juives s’il voulait conserver son emploi.

Au cours d’une dispute entre Waters et un ami, Stachel dit avoir entendu Waters contester le fait que les Juifs constituaient un groupe racial et qu’il les avait décrits comme des « Européens qui se laissent pousser la barbe ».

« Ils pratiquent la religion du judaïsme, mais ils ne sont pas différents de moi, il n’y a pas de différence dans leurs origines, leur histoire, leur culture ou quoi que ce soit d’autre », aurait déclaré Waters selon Stachel.

Selon Ezrin, Waters lui a un jour chanté une chanson improvisée sur Bryan Morrison, son agent de l’époque, qui se terminait par la phrase « Morri is a fucking Jew » [Morri est un putain de Juif].

Le documentaire a été réalisé par le journaliste John Ware, reporter pour l’émission Panorama de la BBC. Ware a également enquêté sur l’antisémitisme au sein du Parti travailliste britannique sous le mandat de Jeremy Corbyn, qui a été écarté à la suite d’un énorme scandale concernant des allégations d’antisémitisme généralisé au sein du parti.

Roger Waters pose pour les photographes avec, à l’arrière, son cochon volant et la centrale électrique de Battersea pour promouvoir sa participation à la manifestation « Libérez Assange », à Londres, le 21 février 2020. (Crédit : AP Photo/Matt Dunham)

Selon Gideon Falter, directeur général de Campaign Against Antisemitism, « Roger Waters a utilisé à plusieurs reprises son énorme tribune pour faire du tort aux Juifs, tout en affirmant qu’il n’était pas antisémite ».

« Nous étions convaincus qu’il existait des preuves du contraire, et avec la sortie de ‘The Dark Side of Roger Waters’ ces preuves sont désormais rendues publiques. »

« Difficile de concevoir qu’une rockstar puisse brandir le mot ‘N’ pendant ses concerts, et pourtant, c’est exactement ce que Roger Waters a demandé à son équipe de faire avec le mot ‘K’. Non seulement cela, mais il semble avoir pris le temps d’humilier et de harceler son personnel juif », a ajouté Falter. « Quand on regarde ce film, on ne peut s’empêcher de se demander quel genre d’individu peut exploiter son pouvoir à cette fin. Roger Waters est-il antisémite ? Les gens peuvent maintenant se faire leur propre opinion. »

Roger Waters a été accusé à plusieurs reprises d’antisémitisme par des groupes et des autorités communautaires juifs aux États-Unis, en Europe et en Israël.

Il a reproché à certains artistes d’inclure l’État juif dans leurs tournées, a accusé le « lobby juif » d’avoir la mainmise sur l’industrie musicale, a comparé Israël à l’Allemagne nazie et s’est produit sur scène dans un costume ressemblant à celui des nazis.

En juin, le département d’État américain a accusé Waters de « distorsion de la Shoah » et d’avoir une « longue expérience de l’utilisation de tropes antisémites pour dénigrer le peuple juif ».

Waters doit se produire au London Palladium, une grande salle de spectacle, les 8 et 9 octobre. À l’heure de publication de l’article, ni la salle, ni Waters n’avaient encore réagi au documentaire.

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