Witkoff aux proches d’otages : l’objectif, c’est la fin de la guerre

L'envoyé de l'administration Trump a déclaré aux familles d'otages : 'Nous savons qui est en vie, et quelqu'un sera tenu pour responsable s'ils n'en ressortent pas vivants'

L'envoyé spécial américain Steve Witkoff rencontrant les familles des otages, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 2 août 2025. (Crédit : Forum des familles des otages et disparus)

Steve Witkoff, envoyé de l’administration Trump pour le Moyen-Orient, a été accueilli par des applaudissements sur la Place des Otages, samedi, et a déclaré aux proches des captifs présents que « le plan actuel n’est pas d’étendre la guerre, mais de la terminer », selon un communiqué du Forum des familles des otages et disparus qui a cité ses propos en hébreu.

« Une majorité d’Israéliens veulent que les otages rentrent à la maison, et une majorité de la population de Gaza veut le retour des otages car elle aspire à la réhabilitation de la bande de Gaza », a-t-il déclaré dans un communiqué publié en hébreu.

Aucun de ces commentaires n’apparaît dans la déclaration en anglais du forum concernant une réunion de trois heures.

En anglais, Witkoff aurait déclaré aux familles des otages : « Nous ramènerons vos enfants à la maison et nous tiendrons le Hamas responsable de tout acte répréhensible. Nous ferons ce qui est juste pour le peuple de Gaza. »

« Nous devons maintenant les ramener tous à la maison. Nous sommes très proches de la fin de la guerre », a-t-il déclaré dans le communiqué.

« Nous avons un plan pour mettre fin à la guerre et ramener tout le monde à la maison. »

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff, sur la Place des Otages à Tel Aviv, le 2 août 2025. (Crédit : Paulina Patimer/Forum des familles des otages et disparus)

« Nous savons qui est en vie, et quelqu’un sera tenu pour responsable s’ils n’en ressortent pas vivants. Les États-Unis soutiennent cette déclaration », a ajouté Witkoff.

Il a également déclaré que la libération des otages était la « priorité absolue » et la « mission sacrée » de l’administration du président américain Donald Trump.

« C’est la chose la plus importante que Trump m’ait demandé de faire, et je m’y emploierai jusqu’à mon dernier souffle », a déclaré Witkoff, qui a également supervisé les négociations américaines avec la Russie concernant la guerre en Ukraine, ainsi qu’avec l’Iran concernant son programme nucléaire.

Dans un enregistrement de la réunion publié par la chaîne N12, on pouvait entendre Witkoff dire aux familles que Washington n’était plus intéressé par un accord de cessez-le-feu qui ne libérerait qu’une partie des otages, mais qu’il cherchait plutôt un accord global. Le Forum des familles des otages et disparus fustige depuis longtemps ces accords, estimant qu’ils prolongent inutilement les souffrances de leurs proches.

« Pas d’accords partiels » a déclaré Witkoff.

« Cela ne fonctionne pas. Et nous avons tout essayé. »

« Je comprends votre frustration. Vous voulez que vos enfants rentrent à la maison, et qui ne le voudrait pas ? », a déclaré Witkoff, ajoutant que Trump « se soucie autant de vos enfants que de n’importe quel otage américain qui se trouverait là-bas ».

Malgré ce qu’il a qualifié de « situation extrêmement compliquée », Witkoff a déclaré qu’il pensait « que nous allons finalement réussir ici… pour de nombreuses raisons, dont certaines que je ne peux pas évoquer pour l’instant ».

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff, sur la Place des Otages à Tel Aviv, le 2 août 2025. (Crédit : Paulina Patimer/Forum des familles des otages et disparus)

La chaîne N12 l’a cité en ces termes : « Les négociations avec le Hamas sont très frustrantes. Nous pensons que les négociations doivent déboucher sur un accord global ou pas d’accord du tout. »

Ces propos ont été tenus après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait déclaré ne pas exclure la recommandation de ses partenaires ultranationalistes de coalition, opposés à un accord de cessez-le-feu et à la libération des otages, de raser Gaza-City et de prendre le contrôle total de la bande de Gaza.

Witkoff aurait également déclaré aux familles des otages qu’une partie de la fin de la guerre en cours nécessitait la démilitarisation du groupe terroriste palestinien du Hamas et que ce dernier avait déclaré être prêt à se démilitariser.

« Au-delà de cela, certains pays arabes exigent que le Hamas désarme », aurait-il déclaré.

Le Hamas a ensuite publié une déclaration dans laquelle il jure de ne pas désarmer « tant que l’occupation existera » et dans laquelle il fustige Witkoff pour les efforts de l’administration Trump visant à augmenter l’aide humanitaire entrant à Gaza.

Witkoff aurait également déclaré à la chaîne N12 que les familles avaient été informées d’une pénurie alimentaire à Gaza, mais pas de famine. « Une fois que nous aurons réfuté cette affirmation, nous pourrons poursuivre les négociations. »

« Des Juifs réduits à l’état de squelettes pour des raisons de survie politique »

Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi après-midi sur la Place des Otages à Tel Aviv, où les familles des otages détenus à Gaza ont installé un camp de protestation entouré de barbelés au milieu de la place, après la diffusion d’images d’Evyatar David et de Rom Braslavski.

« Sur fond d’images horribles et de signalements alarmants sur l’état des otages, les familles des otages vont crier leur douleur ce matin au cœur de Tel Aviv : une clôture barbelée va être érigée sur la Place des Otages, les familles seront emprisonnées à l’intérieur et crieront le désespoir de leurs proches qui meurent en captivité », a expliqué le forum dans un communiqué.

« Nous appelons le gouvernement israélien et l’administration américaine : regardez nos proches – et nous – dans les yeux. Le danger qui pèse sur leur vie est tangible et immédiat. Le risque de perdre ceux qui sont déjà morts augmente », a-t-il poursuivi.

« Le moment est venu de conclure un accord global et de mettre fin à la guerre. Plus d’atermoiements. Plus question de les abandonner. Mettez fin à ce cauchemar, sortez-les hors des tunnels et ramenez-les chez eux. »

Les manifestations anti-gouvernement hebdomadaires et les rassemblements de soutien aux otages, qui ont lieu le samedi soir, devraient être plus modérés cette semaine, car le jeûne juif de Tisha BeAv commencera au coucher du soleil, samedi soir. Certaines manifestations auront toutefois lieu dans des villes et villages à travers Israël, notamment des rassemblements contre la guerre dans des villes mixtes, organisés par le groupe de coexistence juif-arabe Standing Together.

Les familles d’Israéliens retenus en otages dans la bande de Gaza depuis octobre 2023 manifestant, sur la place des Otages, à Tel Aviv lors de la visite de l’émissaire américain Steve Witkoff, le 2 août 2025. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Ces derniers jours, nous avons vu les vidéos difficiles de Rom et d’Evyatar en captivité », a déclaré Einav Zangauker, la mère de l’otage Matan Zangauker, lors d’une manifestation à Tel Aviv.

« Nos enfants vivent une Shoah. »

« Les Juifs sont réduits à l’état de squelettes à cause de la survie politique », a déclaré Zangauker, qui accuse depuis longtemps Netanyahu de prolonger la guerre pour apaiser ses partenaires de coalition. « Si nous ne libérons pas tout le monde maintenant, ils ne survivront pas longtemps. »

Anat Angrest, la mère du soldat captif Matan Angrest, a déclaré que la crise actuelle était un « échec total » pour Netanyahu, qui avait promis une « victoire totale » sur le Hamas dans le cadre de la guerre en cours.

« Je suis ici parce que mon fils vit une seconde Shoah. Je suis la personnification de l’échec du Premier ministre. J’ai évité d’utiliser le mot Shoah jusqu’à présent, car je suis la fille d’un survivant de la Shoah », a-t-elle déclaré.

« Mon père vit une deuxième Shoah à travers son petit-fils. Nous voyons des vidéos de la Shoah en couleur. La Shoah de 2025 se poursuit et s’étend grâce au gouvernement israélien », a-t-elle ajouté.

Sur la place, elle a raconté avoir dit à Gal Hirsch, responsable du gouvernement pour les otages, que son fils n’avait « plus que la peau sur les os ». Il lui aurait répondu que de tels propos relevaient de la « propagande du Hamas ».

Dans une réponse publiée sur le réseau social X, il a accusé les médias d’avoir déformé ses propos. Selon lui, dans un message personnel adressé à un proche d’un otage, il aurait déclaré que les vidéos diffusées par les groupes terroristes montrant les otages « font partie de la campagne de famine menée par le Hamas », et non que la souffrance des captifs elle-même était de la propagande.

Anat Angrest, dont le fils Matan est retenu en otage à Gaza, s’exprimant sur la Place des Otages, le 2 août 2025. (Crédit : Paulina Patimer/Forum des familles des otages et disparus)

Alors que les images de Gazaouis affamés et les signalements faisant état d’une famine imminente se multiplient depuis plusieurs jours et semaines, suscitant une condamnation internationale généralisée, Netanyahu et l’armée israélienne ont vigoureusement rejeté les allégations selon lesquelles Israël mènerait une campagne de famine intentionnelle dans la bande de Gaza.

Israël a également rejeté l’affirmation selon laquelle la famine serait généralisée et a pris de nouvelles mesures, notamment la suspension des combats, dix heures par jour, dans de vastes zones de la bande de Gaza, afin de faciliter la distribution de l’aide dans l’enclave.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 459 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.

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