Yair Golan dit qu’il ne financera pas les implantations s’il est au pouvoir
'Les résidents d'implantations sont des citoyens israéliens,' a répondu le chef de l'opposition
Yair Golan, le chef des Démocrates, un parti de gauche, a expliqué lundi qu’il couperait les financements des implantations israéliennes, en Cisjordanie, si sa formation devait intégrer un futur gouvernement.
Ces propos, qui ont été tenus au micro de la radio militaire, ont été condamnés par son allié, Yair Lapid, le leader de l’opposition, qui lui a conseillé de les retirer – ce qu’il a partiellement fait.
« Si nous arrivons au pouvoir, nous ne transférerons pas d’argent aux implantations ; le moment est venu de définir un nouvel ensemble de priorités en Israël », a affirmé Golan en évoquant sa faction lors de l’entretien accordé à la station de radio.
Le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, qui est en charge de la question des implantations, s’en est pris à Golan dans un message posté sur le réseau social X. Il a affirmé que pour ce dernier, les habitants de Cisjordanie « ne sont pas des citoyens qui travaillent. Et sans aucune raison, ils se sont enrôlés au sein de Tsahal et il sont morts à un pourcentage disproportionné en comparaison avec certaines autres parties de la population ».
Dans son post, Smotrich a ainsi fait référence à la guerre de Gaza – un conflit qui s’est conclu par un cessez-le-feu au mois d’octobre dernier. La tradition du service militaire est généralement forte au sein du mouvement pro-implantation – avec une intégration importante des membres de cette communauté dans les unités de combat.
Lapid a fait remarquer que Golan « doit retirer ses propos : les résidents d’implantations sont des citoyens israéliens ».
Toutefois, le député Gilad Kariv du parti Avoda, qui siège dans l’opposition, a apporté son soutien à Golan et il a paru critiquer Lapid, affirmant que si le leader des Démocrates « dit la vérité », il y avait « des politiciens qui se soucient davantage de ce qui est convenable de dire actuellement et qui présentent une simple vérité comme une idée radicale ».
La coalition actuelle a transféré la somme d’un milliard de shekels aux implantations, a affirmé Kariv, « de l’argent donné au détriment des services culturels pour chaque citoyen israélien, au détriment de l’augmentation des investissements dans le Néguev et dans la Galilée, au détriment de la réduction des disparités au sein de la société israélienne ».
Alors que les médias l’interrogeaient sur les propos qu’il avait tenus au micro de la radio militaire, Golan a précisé qu’il avait fait référence aux avant-postes illégaux et aux activités d’implantations non-autorisées.
« Les blocs d’implantations font partie d’Israël », a-t-il dit à l’issue d’une réunion de faction à la Knesset. « Ils le resteront parce qu’il n’y a pas d’autre possibilité. Nous renforcerons les implantations le long de la frontière mais il n’y aura pas d’activité illégale ».
La communauté internationale — à l’exception notable des États-Unis sous la présidence de Donald Trump — considère que les implantations israéliennes en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international. Israël, qui avait fait la conquête du territoire lors de la guerre des Six Jours en 1967, conteste ce positionnement, invoquant ses liens historiques avec la région et la nécessité impérative de la conserver pour des raisons de sécurité.
Au mois de décembre, les Nations unies ont indiqué que l’expansion des implantations israéliennes en Cisjordanie avait atteint son plus haut niveau depuis au moins 2017.
Les prochaines élections israéliennes sont prévues au mois d’octobre 2026.