Yémen : plus de 300 000 personnes déplacées par les combats dans l’ouest du pays (ONU)
Le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, après quatre ans d'accalmie, entraîné par le conflit au Moyen-Orient
Plus de 300 000 personnes ont été déplacées au Yémen en raison de l’intensification des affrontements dans l’ouest du pays, la grande majorité des déplacements ayant été enregistrés ces deux derniers mois, a annoncé l’ONU dimanche.
Dans un communiqué, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) appelle « toutes les parties (impliquées dans ce) conflit à protéger les civils et les travailleurs humanitaires et à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave, en particulier dans les zones difficiles d’accès de Taëz ».
« Après des années de conflit, les familles au Yémen sont de nouveau forcées de fuir, souvent avec pour seuls biens les vêtements qu’elles portent », a déclaré Abdusattor Esoev, chef de mission de l’OIM au Yémen.
« Elles ont un besoin urgent d’abris, de nourriture, d’eau potable et de soins de santé. Sans davantage de financement, des milliers de familles risquent de se retrouver sans l’aide dont elles ont désespérément besoin », a-t-il ajouté.
Le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, après quatre ans d’accalmie, entraîné par le conflit au Moyen-Orient.
Les hostilités se sont intensifiées en septembre après une offensive des Houthis pro-iraniens dans l’ouest du pays, qui leur a permis de renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, reliant l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.
Depuis, l’Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite, bombarde régulièrement les positions des Houthis, qui ripostent en multipliant les attaques sur le sol saoudien.
Les combats ont provoqué une envolée des prix des produits de base. Dans la ville de Taëz, dans l’ouest, le coût des biens essentiels a été multiplié par trois à cinq, en raison des combats qui entravent l’approvisionnement depuis les zones voisines, selon l’OIM.
Cinq équipes médicales mobiles de l’OIM interviennent dans quatre gouvernorats (Marib, Lahj, Aden et Taëz).
Alors que les besoins humanitaires augmentent, l’OIM estime à 45 millions de dollars (40 millions d’euros) le financement nécessaire au cours des six prochains mois pour fournir une assistance vitale, notamment en matière d’hébergement, d’aide financière d’urgence, de soins de santé, d’accès à l’eau potable, d’assainissement et de protection des populations déplacées.