Zara retire un costume d’Halloween qui ressemblait aux uniformes des camps de concentration

Le costume, 'inspiré' de Beetlejuice, a suscité des critiques en ligne ; les incidents répétés de la marque montrent la nécessité d’enseigner la Shoah, selon la Claims Conference

Un costume Beetlejuice pour enfants, auparavant proposé sur le site de Zara, qui a été comparé à la tenue des détenus des camps de concentration nazis. (Crédit : Zara)

JTA – L’enseigne de mode espagnole Zara a retiré mercredi de son site internet un costume d’Halloween pour enfants, après des réactions sur les réseaux sociaux soulignant la ressemblance entre la tenue à rayures grises et bleues et les vêtements portés par les détenus des camps de concentration nazis.

Zara décrivait l’ensemble comme « un costume pour enfants à rayures verticales avec surpiqûres décoratives, une fleur au revers et un effet vieilli. Comprend un cardigan et un short. Gris/Bleu. »

La fiche a toutefois continué d’apparaître dans les résultats de recherche de Google, qui en affichait encore une version indexée après son retrait du site de Zara.

Le costume ressemble à celui que porte le personnage principal incarné par Michael Keaton dans la comédie d’horreur de Beetlejuice (1988) et dans sa suite, Beetlejuice Beetlejuice (2024).

Des internautes ont néanmoins estimé que les rayures verticales et les motifs brillants entrecroisés, que certains médias ont décrits comme de « fausses cicatrices cousues », rappelaient les uniformes des camps de concentration et les barbelés visibles sur de nombreuses photos de la Seconde Guerre mondiale.

Vendu 59,90 dollars aux États-Unis, selon une autre version indexée de la fiche, le costume a suscité des critiques en ligne en Europe dès mardi. La controverse a pris de l’ampleur mercredi lorsque le journaliste israélien Dov Gil-Har, le militant Hen Mazzig et d’autres ont partagé des images du costume sur X.

La fiche n’était plus accessible mercredi après-midi, sans que l’on sache précisément à quel moment Zara l’avait retirée. Aucune raison n’a été donnée pour justifier ce retrait, et Zara n’a fait aucune déclaration publique concernant cette controverse ni répondu à la demande de commentaires de la Jewish Telegraphic Agency (JTA).

Une cliente de Zara, à Jérusalem, le 28 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Un internaute a écrit sur Instagram, « @zara par combien de niveaux de validation est-ce passé ? Qui travaille pour vous ? ». Un utilisateur de Facebook a déclaré que « c’est censé être un costume de marié. Ça ressemble effectivement un peu à un uniforme d’Auschwitz. Avec toute la montée de l’antisémitisme, je ne suis pas surpris ». Un autre utilisateur d’Instagram a demandé : « Qu’est-ce que c’était censé être, d’après eux ? »

Zara a déjà été confrontée par le passé à des controverses similaires concernant des vêtements évoquant l’imagerie nazie ou celle de la Shoah. En 2007, la marque avait retiré un sac à main de ses magasins lorsqu’un client y avait découvert une croix gammée brodée ; Inditex, la société mère de Zara, a déclaré que ce symbole ne figurait pas sur le modèle que Zara avait approuvé.

En 2014, Zara avait présenté ses excuses pour avoir vendu un haut à rayures bleues et blanches orné, sur la poitrine, d’un insigne en forme d’étoile jaune à six branches. Le site web de Zara Israël le présentait comme un « t-shirt rayé de shérif », et le mot « shérif » apparaissait en petites lettres découpées dans l’étoile. La ressemblance avec les uniformes des camps de concentration et avec les étoiles jaunes que les Juifs étaient contraints de porter sous le régime nazi a conduit Zara à retirer ces t-shirts de la vente et à détruire les stocks restants.

Sollicitée pour un commentaire, la Conférence sur les revendications matérielles juives contre l’Allemagne (Claims Conference), qui représente les survivants de la Shoah dans les négociations d’indemnisation, a déclaré que la répétition de tels incidents soulignait la nécessité de renforcer l’enseignement de la Shoah.

« Ce n’est pas la première fois que cela se produit et cela montre une fois de plus à quel point le manque criant de connaissances sur la Shoah est répandu », a écrit Gideon Taylor, président de la Claims Conference, dans un e-mail adressé à la JTA.

« La simple possibilité qu’un survivant de la Shoah ouvre sa porte et découvre des enfants vêtus comme des déportés devrait suffire à nous faire comprendre qu’il reste encore beaucoup à faire. Cela devrait rappeler à chacun combien l’enseignement de la Shoah est essentiel. »

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